Les architectes de YH2, à Montréal, ont reçu un jour un coup de fil surprenant : on leur offrait de construire un hôtel au pied de l’Himalaya, en Inde. Ils se sont dit : mais pourquoi pas ? Après des années de travail, voici le résultat en images.

Sophie Ouimet Sophie Ouimet
La Presse

Un projet de longue haleine

PHOTO MAXIME BROUILLET, FOURNIE PAR LES ARCHITECTES

L’hôtel est la propriété d’une famille indienne résidant à Montréal.

Entre ce premier contact et la construction du projet, plusieurs années se sont écoulées, relate Loukas Yiacouvakis, partenaire de Marie-Claude Hamelin dans la firme YH2. Les clients, la famille Mehra qui vit à Montréal, avaient acquis un terrain dans l’Himalaya et ils voulaient travailler dans cette région, précise l’architecte.

De la fraîcheur

PHOTO MAXIME BROUILLET, FOURNIE PAR LES ARCHITECTES

Le site de l’hôtel est bordé par le Gange.

L’hôtel, qui est exploité par la chaîne Taj, est situé à quelque 250 km de Delhi. « En Inde, il fait très chaud. L’enjeu, c’était de réussir à avoir de la fraîcheur à courte distance », résume Loukas Yiacouvakis. La localisation stratégique du complexe, au pied des montagnes de l’Himalaya indien, lui permet d’obtenir ce climat plus tempéré ; il est aussi situé dans les sources du Gange, dont les eaux très pures sont également d’une belle fraîcheur à cet endroit.

« Hors du monde »

PHOTO MAXIME BROUILLET, FOURNIE PAR LES ARCHITECTES

À l’abri du bruit des voitures, le site offre une oasis de calme et de nature.

La route est beaucoup plus haute que l’hôtel, puisqu’elle serpente sur les crêtes des montagnes, explique Loukas Yiacouvakis. « Quand on est sur le site, on n’entend donc pas de voitures du tout. On ne voit que le Gange et la nature. On est comme hors du monde, et c’est assez magique. »

La poursuite d’une architecture oubliée

PHOTO MAXIME BROUILLET, FOURNIE PAR LES ARCHITECTES

La firme québécoise s’est inspirée de la culture architecturale de montagne, architecture traditionnelle de l’Himalaya, pour réaliser ce projet.

Construit sur un site tout en terrasses, l’hôtel réinterprète une architecture traditionnelle ancienne, élaborée dans l’Himalaya. « Ça nous a fait découvrir toute une culture architecturale de montagne, qu’on ne connaissait pas du tout, qui a été développée au cours des millénaires, souligne Loukas Yiacouvakis. Les villas s’inspirent des villages traditionnels, donc une architecture très simple de plateaux. » Quant au bâtiment principal, il dérive des Darbargadh, soit les palais des maharajahs.

Pour relaxer… ou célébrer

PHOTO MAXIME BROUILLET, FOURNIE PAR LES ARCHITECTES

Le complexe compte 79 chambres et villas.

Le complexe hôtelier est immense : il compte 79 chambres et villas, un spa, des pavillons de yoga, une piscine, des restaurants, le tout organisé en terrasses qui descendent en chemin sinueux jusqu’au fleuve sacré du Gange. C’est aussi un lieu fait pour accueillir de grandes célébrations, précise l’architecte : « Pour les Indiens, c’est très important, les fêtes. Les grandes terrasses servent justement à faire des mariages et tout ça. » Sauf en temps de COVID-19, bien entendu…

Un centre de bien-être

PHOTO MAXIME BROUILLET, FOURNIE PAR LES ARCHITECTES

Le résultat est pas mal zen, de l’avis même de son créateur, qui y est resté environ une semaine. « Les gens qui allaient au spa, ils étaient très heureux. Moi, je ne fais pas de yoga et je trouvais ça merveilleux quand même ! », conclut-il en riant.