Quand on pense au Pérou, on pense généralement aux Incas, à Machu Picchu, aux lamas. Il existe toutefois un autre Pérou, un Pérou de pics blancs acérés, de gorges étroites, un Pérou spectaculaire. C’est la cordillère Blanche, dans le nord du pays, un Pérou prisé des alpinistes et des trekkeurs.

Marie Tison Marie Tison
La Presse

Le camp de base de tout ce beau monde, c’est surtout Huaraz. La ville, dit-on, a déjà été jolie, pittoresque. Hélas, un tragique tremblement de terre a tout rasé en 1970, faisant environ 70 000 morts dans la région. On a reconstruit la ville, mais dans l’urgence, sans porter une grande attention à l’esthétique. On a entrepris de rebâtir la cathédrale, mais le travail est loin d’être terminé. En attendant, on peut admirer ses monumentales portes de cuivre.

Le principal attrait de la ville, c’est son site, au pied de grands pics enneigés. Le trekkeur et l’alpiniste n’ont qu’une envie : aller les voir d’un peu plus près. Ça tombe bien, on trouve plusieurs bonnes agences de trekking et d’alpinisme à Huaraz (bien qu’il soit évidemment préférable d’organiser son expédition avant de partir du Canada). Il y a également quelques boutiques d’équipement de plein air pour acheter ou louer l’élément essentiel qu’on a oublié à la maison.

Huaraz compte aussi de bons restaurants, de quoi se sustenter avant le départ pour la montagne.

Enfin, il y a de sympathiques excursions à faire tout juste à l’extérieur de Huaraz pour commencer le travail d’acclimatation.

Ce n’est pas une bonne idée de se lancer immédiatement dans un trek susceptible d’atteindre 4750 m d’altitude : le mal des montagnes peut être sournois.

Le seul remède qui fonctionne vraiment, c’est le temps : monter graduellement, prendre des journées de repos. Déjà, le fait de passer quelques jours à Huaraz, à environ 3050 m d’altitude, donne un bon coup de pouce.

Les alpinistes et trekkeurs aiment aussi faire une petite excursion à la Laguna Churup, à 4450 m d’altitude. Le sentier est particulièrement joli. On y trouve quelques passages un peu raides, mais heureusement, on peut s’aider d’une corde fixe. Le site de la Laguna Churup est spectaculaire. Un lac aux eaux émeraude niché au bas des glaciers y contribue certainement.

Les treks pour en profiter pleinement

Mais pour vraiment apprécier la cordillère Blanche, il faut se lancer dans un des treks qui font la renommée de la région, comme ceux d’Ishinca, de Santa Cruz ou le tour de l’Alpamayo. La saison idéale, c’est l’hiver austral : juin, juillet et août. Il fait froid en altitude, mais le soleil est abondant.

Le trek de Santa Cruz est une courte randonnée de trois à quatre jours, donc idéale pour ceux qui ont peu de temps, mais qui veulent quand même admirer des panoramas hors du commun.

À l’approche de Cashapampa, l’un des points de départ du trek, le paysage est déjà prometteur. Derrière un contrefort se dresse une pyramide entièrement blanche, le mont Santa Cruz. Le contrefort semble une barrière impénétrable. On constate toutefois une fente étroite, comme si un colosse avait asséné un grand coup d’épée : c’est l’étroite vallée de la rivière Santa Cruz, la porte d’entrée vers les grands sommets de l’intérieur.

La première journée de trek se déroule dans ce défilé. À mi-journée, la chaleur est intense. La vallée s’ouvre peu à peu, laissant voir des géants comme le Quitaraju, à 6036 m, ou l’Artesonraju, à 6025 m. Ce dernier peut sembler vaguement familier. Ce n’est pas surprenant : la Paramount se serait inspirée de l’Artesonraju pour son fameux logo, qu’on voit au début de chacun de ses films.

Ça vaut la peine de faire un petit détour pour aller passer une nuit au camp de base de l’Alpamayo, une montagne de 5947 m. Plusieurs géants blancs forment un demi-cercle autour d’une petite vallée verdoyante. L’Alpamayo, notamment, surplombe le camp. Mais pour sa face la plus esthétique, il faut effectuer tout le tour du massif, ce qui demande une semaine supplémentaire. Tant qu’à être dans la région, pourquoi pas ?

Alpinisme et esacalade de glace

Il est préférable d’avoir des notions d’alpinisme et d’engager un bon guide pour se lancer à l’assaut des sommets de la cordillère Blanche. Certains sont plus accessibles, comme l’Ishinca, un sommet de 5530 m d’altitude. Le camp de base est à un jour de marche de la route, le camp de base avancé nécessite une journée supplémentaire, puis c’est la journée du sommet. Il faut toutefois savoir se servir d’un piolet et de crampons et savoir évoluer, encordé, sur un glacier où se dissimulent des crevasses.

L’Alpamayo est plus technique et demande une bonne maîtrise des techniques d’escalade de glace, en plus de nécessiter une forme physique à toute épreuve. Il s’agit toutefois d’un classique du monde de l’alpinisme : on considère l’Alpamayo comme l’une des plus belles montagnes du monde.