(San José) Fort de son vaccin, c’est pleinement rassuré que le jeune Américain Carson McCarns a décidé de voyager au Costa Rica, où des centaines de touristes comme lui font repartir le tourisme, l’un des moteurs économiques de ce petit pays d’Amérique centrale confronté actuellement à une flambée de la COVID-19.

David GOLDBERG Agence France-Presse

Après la chute libre de l’année 2020, « la hausse de la vaccination aux États-Unis a augmenté le nombre de touristes arrivant au Costa Rica », indique à l’AFP le ministre costaricien du Tourisme Gustavo Segura.

Comme avant la crise sanitaire, les États-Unis continuent d’être le plus gros pourvoyeur de touristes et les statistiques sont regardées à la loupe : en février et mars, ils ont été environ 30 % par rapport au contingent de touristes américains durant la même période en 2019, en avril c’était 60 %.

Et « pour les 15 premiers jours de mai, on a enregistré finalement plus d’arrivées, avec 11 % de plus », se félicite le ministre. Le tourisme européen, lui, reste à la traîne.

Carson McCarns, natif du Connecticut et habitant de l’État de Washington, a fait le voyage pour les plages du Costa Rica avec trois amis. Arrivés le 21 mai, ils repartiront le 6 juin.

Activités de plein air

« Je suis venu en confiance car je me suis fait vacciner. En plus, je sais que l’on peut faire (ici) beaucoup d’activités en plein air. Je ne suis pas un scientifique, mais je crois que le Costa Rica est un pays sûr parce que l’on peut y faire ce genre de tourisme, loin de grandes villes, sans être dans des lieux fermés », explique le jeune homme de 23 ans au soleil de la plage de Jaco, à une centaine de kilomètres au sud-ouest de la capitale, San José.

Christine Cooper, une touriste de 22 ans venue de Miami, profite aussi des plages de la côte pacifique du Costa Rica.

« Je suis vaccinée, donc je n’avais pas peur d’attraper le coronavirus », explique-t-elle. « J’ai beaucoup d’amis qui sont venus récemment au Costa Rica sans avoir de problèmes, et cela m’a rassurée », ajoute la jeune touriste américaine qui veut aussi aller voir le volcan La Fortuna de San Carlos, dans le nord du pays.

« Au vu des statistiques, je peux dire qu’il y a une relation directe et évidente entre la vaccination massive dans les pays d’origine qui sont nos marchés et le processus de reprise économique » au Costa Rica, analyse le ministre du Tourisme.

En outre, assure-t-il, « le taux relativement bas de touristes contaminés au Costa Rica-moins de 0,5 %, selon les tests PCR au départ du pays » constitue un « attrait » supplémentaire. Il est vrai que la majorité des foyers de la maladie sont situés dans le centre du pays, peu fréquenté par les touristes.

Avec 2200 cas dépistés chaque jour depuis deux semaines, soit 526 pour 100 000 habitants, le Costa Rica est en 6e position dans le monde pour le taux de contagion. Des restrictions de circulation sont appliquées pour contenir la flambée de l’épidémie mais, contrairement à l’année dernière, elles n’affectent pas le commerce et le secteur touristique.

C’est que la note a été salée : en 2020, un quart des petites et moyennes entreprises ont été fermées et l’État costaricien a déboursé 1,5 million de dollars pour les soutenir. « Cela a augmenté de 3 % le déficit budgétaire. Aujourd’hui (l’État) n’a plus les moyens et il n’y pas d’autre choix que de laisser fonctionner le commerce », explique l’économiste Victor Garro.

Éviter les fermetures massives « permet aux gens de gagner de l’argent, et cela c’est important pour faire baisser ce taux de 18,7 % de chômage hérité de l’année dernière. On table actuellement sur un taux de chômage à la fin de cette année à 15 ou 14 %, avec une croissance économique de 6 % », fait valoir Daniel Suchar, un autre économiste.

Le Costa Rica a besoin de stabiliser son économie et son budget pour rassurer le FMI auquel le pays demande le versement d’un prêt de 1,75 milliard de dollars remboursable sur dix ans.