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Carthagène, le coffre aux trésors de la Colombie

Les couleurs: c'est ce qui frappe à Carthagène,... (Photo: Philippe Mercure, La Presse)

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Les couleurs: c'est ce qui frappe à Carthagène, une ville fortifiée qui figure immanquablement sur la liste des plus belles cités coloniales espagnoles.

Photo: Philippe Mercure, La Presse

Les deux hommes ont balancé leur casquette sur la pile de fruits qu'ils devraient probablement être en train de vendre ou de transporter quelque part. Mais au diable le travail.

Il est 16 h à Carthagène, et la chaleur de l'après-midi n'a pas encore été coupée par la brise qui descend toujours de la mer en début de soirée.

Installés en pleine rue au grand dam des automobilistes, sur une planche posée en équilibre sur leurs genoux et avec des bouchons de bière en guise de pions, les deux hommes jouent aux dames.

La scène semble avoir été montée pour vous dire de prendre la vie du bon côté. Et elle est plantée dans le décor de l'une des plus belles cités coloniales espagnoles, qui a entre autres servi de source d'inspiration à l'auteur colombien Gabriel Garcia Marquez.

En cette fin d'après-midi, les rayons obliques du soleil frappent les façades des bâtiments pour en faire éclater toutes les couleurs. Et ici, celui qui tient la boutique de peinture ne lésine pas sur le choix.

Il y a les teintes pêche et crème du dôme de la cathédrale ; les arches jaunes et roses de la Plaza de los Coches ; les façades orange ou bleues des maisons coloniales aux balcons surchargés de fleurs.

Dans la muraille qui ceinture la vieille ville, les meurtrières qui accueillaient autrefois des canons sont pratiquement toutes occupées par des couples. Ils ont tout juste assez d'espace pour s'y blottir et regarder le soleil plonger dans la mer. Des touristes flânent entre les terrasses, magasinant tranquillement leur prochain souper. Des garçons assis sur des caisses de lait boivent de la bière en regardant passer les filles.

Quant à moi, je finis encore par me perdre dans ce dédale de rues étroites qu'il faut arpenter sans carte et sans projet précis, seulement pour le plaisir de flâner dans une ville inscrite au Patrimoine mondial de l'UNESCO.

Ça fait à peine quatre jours que je suis à Carthagène et pourtant j'ai l'impression d'être ici depuis un mois. Le rythme indolent, le soleil, le charme de l'endroit et de ses habitants, tout ça semble s'être imprégné en moi sans que je ne m'en sois trop rendu compte.

«Yep, je sais exactement de quoi tu parles», dit Boris en souriant. Boris est né à Montréal de parents d'origine colombienne. Il y a quelques années, son père est revenu à Carthagène pour ouvrir des hôtels. Boris est venu le visiter avec l'intention de lui donner un coup de pouce pendant quelques semaines; ça fait deux ans et demi et il n'est toujours pas reparti.

Je suis entré en contact avec Boris par le truchement d'amis communs de Montréal. Voilà quatre jours qu'il m'aide à découvrir cette ville indéniablement touristique, mais qui est pourtant loin d'être un musée figé. Que ce soit par les radios qui balancent leurs rythmes latins, les marchands qui envahissent les rues ou les églises qui débordent de fidèles, la vie, la vraie, transpire de partout à Carthagène.

Pour quelques dollars, on s'est rempli la panse d'arepas - de petites galettes de maïs frites - dans de minuscules bouibouis, en jouant du coude autour du grand bol de sauce piquante dans lequel tout le monde se sert.

On a aussi essayé les restos chic question d'attaquer une cuisine locale où le vivaneau (red snapper) est la grande vedette. Chez Olano, on vous sert le fameux poisson recouvert de pâtes, elles-mêmes recouvertes d'une sauce aux fruits de mer... elle-même recouverte de fromage gratiné. Ailleurs, on l'a goûté dans une sauce de lait de coco et de basilic totalement inoubliable.

J'ai exploré le Castillo San Felipe de Bajaras, un immense château fort fait de calcaire et de pierre de corail érigé par les Espagnols pour défendre la ville des pirates. Il compte 3000 mètres de tunnels secrets, dans lesquels on peut encore s'aventurer par endroits.

Boris m'a même fait sortir de ma zone de confort en me traînant au marché Bazurto, hors des murs de la vieille ville. Un océan de petits stands protégés du soleil par un fatras de bouts de tôle, de toiles tendues et de morceaux de carton. Montagnes de fruits, poissons qui grouillent, viande au soleil, chaussures, babioles, alouette : il y a de tout, ici, incluant de la chaleur, du bruit en masse et des odeurs qui prennent à la gorge. Allez-y avec quelqu'un qui connaît l'endroit.

Le soir, quand la chaleur s'atténue, c'est le temps de descendre une bière dans un bar de salsa, ou un estaminet bondé de backpackers à Getsemani, un coin de la vieille ville.Je voudrais voir la mer

Le pied est à peine posé sur la plage de Boca Grande que Pedro vient vous serrer la main. Un chapeau typique? Un collier de perles? Une tranche d'ananas? Pedro est là pour satisfaire vos moindres besoins. Même qu'en termes purement économiques, on pourrait dire que l'offre surpasse légèrement la demande.

Parce qu'une fois Pedro écarté, il y a les autres. Un massage? Des lunettes de soleil? Un flotteur en forme de dinosaure rose? Bah. Peut-être demain, l'ami. Quant à ce crabe qui grouille les pattes, je suis d'accord: il est frais. Mais bien honnêtement, je ne sais pas trop ce que j'en ferais. Une photo polaroïd de moi avec cette fille en bikini? Pas de doute, elle a un joli sourire. Mais on se connaît depuis si peu de temps...

Boca Grande est une longue bande de terre qui s'avance dans l'océan et qu'on peut rejoindre à pied de la vieille ville de Carthagène. L'endroit est truffé d'hôtels, de tours à condos et de gens qui veulent devenir vos amis. S'ils peuvent être insistants, ces vendeurs ne sont jamais agressifs. Dénicher les meilleures excuses pour refuser leurs offres peut même devenir un jeu plutôt amusant.

Reste que si vous voulez voir la mer lors de votre séjour à Carthagène - et il serait bien dommage de ne pas le faire - vaut mieux filer vers l'archipel du Rosaire (Islas del Rosario). À 35 kilomètres des côtes, il compte 27 îles, dont 24 privées (certaines sont à peine assez grandes pour y loger une maison).

Il est possible de passer la nuit sur certaines d'entre elles. Sinon, pour une vingtaine de dollars, plusieurs compagnies vous offriront une excursion d'une journée. L'offre typique comprend le voyage en bateau, un dîner (genre poisson grillé avec riz de coco, salade et boisson gazeuse) et la possibilité de passer une journée au paradis.

Certains guides de voyage vous parleront de longues plages de sable blanc ; sachez que ce n'est pas la spécialité de l'endroit. Les îles sont situées au coeur d'un parc national dont le principal attrait est son récif de corail, ce qui n'encourage pas la formation de plages.

En lieu et place : des escaliers taillés directement dans la pierre de corail qui conduisent à des eaux turquoises et cristallines. Pour quelques dollars supplémentaires, on vous prête masque et tuba et on vous amène dans un univers de coraux et de poissons multicolores. Au retour, payez-vous un rhum & coke, savourez le soleil et pensez à vos amis en train de déneiger leur voiture.

Repères

> Comment y aller

Il n'existe aucun vol direct entre le Québec et Carthagène. Il est possible d'atteindre la capitale de la Colombie, Bogota, via Toronto avec Air Canada ou via une ville des États-Unis avec un transporteur américain. De là, le transporteur local Avianca offre plusieurs vols par jour vers Carthagène.

L'autre option est de profiter des billets bon marché vers la Floride, puis de se rendre à Carthagène. Avianca vole de Miami à Carthagène, tandis que Spirit Airlines offre un vol direct à partir de Fort Lauderdale.

Pour un départ à la mi-mai avec retour deux semaines plus tard, le billet le moins cher trouvé avec une recherche sur l'internet effectuée à la mi-avril s'élevait à 828 $, via New York et Bogota.

> La sécurité

Laissez vos craintes à la maison. Si la Colombie a déjà été le pays le plus dangereux de la planète, la sécurité s'est considérablement améliorée depuis l'arrivée du président Alvaro Uribe, qui livre une dure lutte aux narcotrafiquants.

Dans la vieille ville de Carthagène, les touristes sont légion et la sécurité est maximale. Je m'y suis senti parfaitement à l'aise de me balader seul, caméra au cou, le jour comme le soir. Il est toutefois recommandé de faire preuve de plus de précautions dans le quartier Getsemani, un coin de la vieille ville moins touristique et moins fortuné, ou lorsqu'on s'aventure hors des murailles. Certaines zones de la ville sont à éviter, mais grâce à la présence des fortifications, il est impossible de s'y retrouver contre son gré.

Les Colombiens en général sont gentils, tolérants et très accueillants envers les touristes.

> Les prix

Carthagène est le genre d'endroit où on peut voyager à très petit budget ou se payer du luxe en brûlant des pesos à un rythme intensif - tout dépend de la façon de voyager. Une chambre individuelle dans un petit hôtel ou une auberge de jeunesse peut vous coûter seulement une quinzaine de dollars (visez le quartier Getsemani pour les aubaines). À l'autre extrême, une nuit dans une suite « romantique » du Sofitel Santa Clara, incluant le déjeuner et la bouteille de champagne, vous coûtera 875 $.

Entre les deux, il y toute la gamme de confort et de prix.

Dans les petits restaurants peu fréquentés des touristes, vous pouvez engouffrer une cuisse de poulet ou un filet de poisson servi avec du riz, une salade et une limonade ou un jus de canne à sucre pour moins de 3 $.

Dans un restaurant plus chic, un bon souper de poisson pour deux avec entrées et bouteille de vin m'a coûté 70 $.




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