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Cuba pourrait-elle supporter un afflux d'Américains?

La levée des restrictions sur les voyages à Cuba annoncée lundi par la... (Photo: Reuters)

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Photo: Reuters

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Will Weissert
Associated Press
La Havane

La levée des restrictions sur les voyages à Cuba annoncée lundi par la Maison-Blanche pourrait déclencher un flot de touristes américains sur l'île communiste longtemps interdite pour beaucoup. Reste à savoir si le régime castriste et ses infrastructures insuffisantes ou défaillantes pourront accueillir ces visiteurs habitués à un niveau de confort «à l'américaine».

Car Cuba ne dispose que de peu de chambres d'hôtels -environ 46 000- et beaucoup sont déjà régulièrement occupées par les touristes européens et canadiens. Selon des experts, l'arrivée en masse d'Américains pourrait logiquement entraîner une hausse des prix d'hébergement, une augmentation des liaisons aériennes et maritimes potentiellement impossible à gérer pour les autorités cubaines, et forcer le gouvernement castriste à durcir les conditions d'obtention de visas pour réguler l'afflux.Cuba a commencé à encourager le tourisme international après la chute de l'Union soviétique au début des années 1990, et attire aujourd'hui des visiteurs venus principalement du Canada, de France, de Grande-Bretagne, d'Italie et d'Espagne. Les séjours d'étrangers ont augmenté de 9,3% l'année dernière pour atteindre 2,35 millions, générant une recette de 2,7 milliards de dollars, soit une hausse de 11% par rapport à 2007, selon les chiffres du gouvernement.

L'afflux d'Américains en plus de ces visiteurs déjà réguliers pourrait entraîner une crise du logement touristique. Sur les 46 000 chambres d'hôtels disponibles, environ 17 300 sont concentrées à Varadero, station balnéaire située à environ 140km à l'est de La Havane. Le gouvernement a prévu la construction de 30 nouveaux hôtels sur l'ensemble de l'île. Certains sont déjà achevés mais, dans le même temps, certains bâtiments anciens ont été fermés pour rénovation, laissant au total le nombre de chambres disponibles inchangé depuis 2006.

De plus, même dans les hôtels cubains dits de luxe, les critères d'accueil semblent souvent loin des normes auxquelles prétendent les touristes américains à l'étranger. Si obtenir un rouleau de papier toilette supplémentaire à l'hôtel, des frites ou une bière en bouteille au restaurant apparaissent comme des détails pour les Occidentaux, il en va souvent différemment à Cuba. Sans parler d'une cafetière à disposition dans la chambre, ou d'un accès à l'internet.

«Il y a peut-être cinq hôtels qu'on peut considérer comme suffisamment décents pour les Américains et leurs critères, mais s'ils sont déjà occupés à 60-70% pendant la haute saison, où vont aller ces nouveaux visiteurs?», souligne John Kavulich, conseiller au U.S-Cuba Trade and Economic Council à New York.

De nombreux touristes étrangers évitent déjà l'hôtel en louant des chambres chez l'habitant. Mais le gouvernement cubain n'autorise ces particuliers qu'à louer deux chambres par habitation, et beaucoup de spécialistes se montrent sceptiques sur les chances de voir le régime castriste assouplir ces règles, même en cas d'arrivée massive d'Américains. «Une augmentation de la demande n'aura aucun effet si le gouvernement ne change rien», explique Concha Perez, qui propose deux chambres dans sa maison située dans le quartier de la Place de la Révolution à La Havane.

Pour les citoyens américains, se rendre à Cuba n'est pas illégal, mais y dépenser de l'argent si, à moins de dérogations telles que celle dont bénéficient notamment les journalistes. En 2007, dernière année où les chiffres sont disponibles, environ 45 000 Américains se sont rendus sur l'île, mais la Société américaine des agences de voyages estimait la même année que près de 1,8 million de visiteurs pourraient faire le voyage au cours des trois années suivant une éventuelle levée des restrictions.

Ironiquement, le régime castriste pourrait donc renforcer les restrictions sur les visas pour contrôler cet afflux. «Le gouvernement cubain pourrait dire "ce n'est pas parce que votre population peut venir que nous devons laisser entrer tout le monde"», souligne John Kavulich. «Les gens oublient que les Etats-Unis ne sont pas les seuls à avoir leur mot à dire.»




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