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Incursion au pays des indigènes

«Aimerais-tu voir à quoi ressemble une tarentule? C'est un signe de chance. Et... (Photo: Nathaëlle Morissette, La Presse)

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Photo: Nathaëlle Morissette, La Presse

«Aimerais-tu voir à quoi ressemble une tarentule? C'est un signe de chance. Et il ne faut surtout pas avoir peur, les animaux attaquent seulement s'ils se sentent menacés...»

Le ton était donné. C'est sur ces paroles «rassurantes» que j'entame mon séjour dans la communauté indigène d'Union Venecia, située au bord du célèbre fleuve Napo, à trois heures de route au sud de Quito, la capitale.

 

Avec cette incursion au pays de l'indigène, je veux découvrir l'Équateur en dehors des circuits touristiques officiels. La nourriture, le mode de vie, la langue, la culture: voilà ce que je souhaite apprendre en partageant des moments de leur vie quotidienne.

Avec un large sourire, ses cheveux noirs noués vers l'arrière, sa chemise à carreaux et son collier arborant une dent de jaguar, Domingo Andy, mon hôte, m'accueille en me tendant une solide poignée de main.

À mon arrivée, un repas copieux m'attendait: tilapia servi dans des feuilles de bananier, riz et platano verde (sorte de banane cuite, qui accompagne souvent les plats). Nous mangeons, en compagnie de son épouse Ines Chongo, en pleine nature sous un toit de palme alors que je pose mille et une questions. La nourriture est excellente. J'hésite toutefois à tremper mes lèvres dans mon verre d'eau à la cannelle, une boisson que les indigènes boivent quotidiennement. «Ne bois que de l'eau embouteillée», m'a ordonné mon médecin avant mon départ. Pour éviter de vexer le couple, je fais mine de goûter au liquide.

Pendant le repas, Domingo et Ines se parlent en quechua, leur langue maternelle. Je m'amuse à tenter de comprendre leur conversation. Lorsqu'ils s'adressent à moi par contre, ils utilisent l'espagnol.

Le couple s'est ouvert au tourisme communautaire dans les années 80, lorsqu'il a réalisé qu'il y avait peu de guides expérimentés pour amener les visiteurs dans la forêt amazonienne - accessible à une trentaine de minutes de leur communauté. Ils connaissent si bien la forêt qu'ils pourraient s'y promener les yeux fermés. Ils ont donc peu à peu aménagé leur propriété pour accueillir les visiteurs.

Aujourd'hui, ils peuvent héberger une vingtaine de personnes dans des chambres simples avec un lit muni d'un filet, essentiel pour se protéger des moustiques. Les douches et les toilettes sont situées dans un bâtiment juste à côté. Un conseil: portez toujours vos «babouches» car il se peut que vous aperceviez quelques fourmis ou d'autres insectes pendant que vous prenez votre douche...

En plus des expéditions en forêt, les aventuriers qui se rendent à Union Venecia peuvent s'intégrer au quotidien de la communauté. J'ai «essayé» de confectionner des colliers à partir de petits grains colorés trouvés dans la forêt amazonienne. Je me suis sentie bien maladroite en voyant les doigts agiles d'Ines qui entremêlaient plusieurs fils à la fois avec une rapidité surprenante. Après une heure - moment pendant lequel ma patience a été rudement mise à l'épreuve -, j'ai finalement réussi à faire... un bracelet. J'aurais pu aller cueillir des fruits ou aider à la construction d'un bâtiment, mais j'ai préféré jouer avec la vingtaine de petits-enfants du couple qui habitent à proximité. Au moins huit de leurs neuf enfants ont construit leur maison autour de celle de Domingo et Ines. De quoi avoir un séjour fort occupé... Les enfants n'ont cessé de me poser des questions sur mon pays, mon âge, mon métier. La petite Sissa, âgée de 5 ans, m'a même demandé si j'étais une princesse. «Non. Pourquoi?» «Parce que les princesses ont toujours la peau blanche!», a-t-elle répondu d'un ton sérieux.

Mes trois jours à Union Venecia m'ont fait réaliser à quel point la famille représente une valeur importante pour ces gens. Ils vivent les uns à proximité des autres, s'entraident, travaillent et cuisinent tous ensemble.

C'est d'ailleurs à un au revoir collectif que j'ai eu droit à mon départ. Ils étaient une vingtaine à m'envoyer la main lorsque la camionnette conduite par mon chauffeur a quitté la petite communauté.

 

Les habitants de la communauté Union Venecia accueillent... (Photo: Nathaëlle Morissette, La Presse) - image 2.0

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Les habitants de la communauté Union Venecia accueillent depuis plusieurs années des touristes curieux d'en connaître davantage sur la culture indigène.

Photo: Nathaëlle Morissette, La Presse

Dans la famille d'Alfonso Morales

Le village quechua de Chilcapamba, située à environ deux heures au nord-est de Quito, au pied des volcans Cotacachi et Imbabura, tente également d'attirer les visiteurs.

«En général, les gens s'intéressent à l'Équateur seulement pour les îles Galápagos. Et les touristes qui viennent au pays mettent rarement les pieds dans les villages indigènes», dit Alfonso Morales. Ce représentant de la communauté Chilcapamba travaille depuis dix ans à faire renverser cette tendance.

Pourtant, en débarquant sur place, j'ai du mal à croire que des visiteurs peuvent séjourner dans ce village tranquille où la plupart des maisons sont extrêmement petites. La maison d'Alfonso est plus grande que les autres et construite sur le long; sa façade compte plusieurs portes d'entrée qui donnent accès... à des chambres destinées aux visiteurs.

Quand les touristes ont commencé à affluer au lac Cuicocha, situé non loin du village et du volcan éteint Cotacachi, Alfonso a constaté qu'il n'y avait pas d'infrastructure hôtelière. Les touristes arrivaient et repartaient la même journée sans s'attarder dans la région.

Du mobilier en bois, des murs de briques et des couvertures colorées font de ces chambres des endroits chaleureux et accueillants. Pour le moment, le village peut recevoir environ 22 personnes. «L'objectif n'est pas d'attirer des autobus de touristes, dit-il. Nous voulons accueillir des voyageurs responsables, qui ont à coeur le respect de notre environnement et qui s'intéressent à notre mode de vie.»

Chez lui, par exemple, on peut le regarder préparer la nourriture avec son épouse, Francisca, et bien sûr discuter avec le couple et ses trois enfants qui s'amusent autour de la table. Les amateurs d'artisanat peuvent se rendre dans l'atelier d'Antonio Morales, frère d'Alfonso, pour l'observer pendant qu'il fabrique avec de la laine ses tapis colorés. Ou encore, observer les habitants qui extraient la fibre naturelle d'une plante - appelée Penca - qui sera ensuite utilisée pour confectionner des sandales.

Les soirées se passent souvent autour de la table de la cuisine chez Alfonso où l'on discute de tout et de rien en prenant un dernier verre. Et on s'endort paisiblement en entendant comme seul bruit, le chant des grillons.

Renseignements sur le tourisme communautaire

> www.expeditionsmonde.com

> www.chilcapamba.org (communauté Chilcapamba)

> sachamanozica@yahoo.com (Pour joindre Domingo Andy, communauté Union Venecia)

Pour aller à Chilcapamba

> De Quito, prendre un autobus en direction d'Otavalo (trajet: deux heures); prendre ensuite un autobus en direction de Quiroga (trajet: 20 minutes); et finalement prendre un taxi vers la communauté Chilcapamba (trajet: 5 minutes)

> Une nuit à Chilcapamba, comprenant les repas du soir et du matin, coûte environ 20$US par personne.

Pour aller à Union Venecia

> Prendre l'autobus de Quito en direction de Tena ; de là un autobus vous mènera à Union Venecia en quelques minutes.

> Une nuit dans la communauté coûte environ 5$US. Pour les excursions en forêt

(comprenant le transport, la nourriture et l'hébergement), il faut débourser 35$US.




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