Malgré ses vagues de calibre international, le Sénégal demeure une destination surf peu connue. Or, depuis quelques années, le petit pays d’Afrique de l’Ouest attire des surfeurs venus des quatre coins du monde, charmés par l’authenticité de la région et la qualité de ses vagues. Dakar est-il sur le point de devenir la prochaine capitale du surf ?

Andréane Williams Andréane Williams
Collaboration spéciale

« C’est bien, tu as tourné ! Tu as été capable d’éviter le mouton ! », lance Mamadou, mon moniteur de surf, en riant, tandis que je rame vers lui, allongée sur ma planche. À quelques mètres de nous, les deux adolescents qui s’affairent à donner un bain à un mouton dans l’océan, une pratique courante au Sénégal, nous jettent un regard amusé.

Le Sénégal est une destination surf pour le moins inattendue. Authentique, abordable, sécuritaire et situé à seulement cinq heures de vol de l’Europe, le petit pays a pourtant tout ce qu’il faut pour devenir l’une des meilleures destinations de surf du monde.

Quatre principaux sites

La particularité de la capitale sénégalaise est sa situation géographique. Située au point le plus à l’ouest de l’Afrique, sur la presqu’île du Cap-Vert, Dakar bénéficie d’une houle constante venue à la fois du nord et du sud. La ville compte quatre principaux sites de surf : Yoff, Ngor, Almadies et Ouakam.

« On est sur une péninsule, donc on peut surfer sur la houle du nord et du sud. On a toujours un point de repli. Il y a aussi différents types de sites : avec du sable, des rochers et des vagues qui déferlent à gauche, à droite ou au milieu. »

Marta Imarisio, Italienne de 38 ans fondatrice de l’école de surf Malika Surf Camp, à Dakar

« Peu importe si tu es un débutant ou un professionnel, à Dakar, tu peux toujours trouver une vague à ton niveau », ajoute-t-elle.

Sur la plage de Yoff, dans le nord de la ville, plusieurs dizaines d’enfants sénégalais jouent dans l’eau ou au soccer, tandis que les adultes arpentent la côte en faisant leur jogging. À quelques mètres de l’océan, des vendeurs de poisson réchauffent quant à eux leurs grils, à l’ombre de parasols colorés.

Il n’est pas encore midi, mais on distingue déjà, au loin, quelques silhouettes de surfeurs qui se font ballotter par les vagues. Ce jour-là, la houle est calme et les vagues sont petites, parfaites pour les débutants.

PHOTO ANDRÉANE WILLIAMS, COLLABORATION SPÉCIALE

Alexandra Aubry, Mélissa A. Smith et Natasha Gosselin entament leur première leçon de surf sur la plage de Yoff.

« C’est épuisant ! », lance Natasha Gosselin, une Québécoise de 21 ans en stage d’été au Sénégal qui essaie le surf pour la première fois.

« Le moniteur est super bon, et il parle français », ajoute sa collègue Alexandra Aubry.

Attirer les touristes et les surfeurs du monde entier, c’est précisément ce qu’espère Oumar Seye, vice-président de la Fédération sénégalaise de surf, entraîneur de l’équipe nationale du pays et légende vivante du surf sénégalais. Le colosse de 42 ans est le premier Sénégalais à avoir signé un contrat de surf professionnel. De retour à Dakar depuis 2013, après avoir surfé partout dans le monde pendant une vingtaine d’années, il s’est juré de faire du Sénégal une destination incontournable pour son sport.

« On a de bonnes vagues. C’est un pays qui est stable. Il fait chaud 10 mois par année. Vous voulez manger des fruits, des fruits de mer, vous êtes bio, vous êtes végétarien ? Vous pouvez vivre au Sénégal. On a des cliniques internationales… Il y a tout au Sénégal et il y a de bonnes vagues », lance Oumar Seye.

En plus des touristes, le Sénégal, avec son équipe nationale, est en train de se tailler une place sur le circuit international. En mars dernier, le pays a accueilli un tournoi de Championnat du monde, une première en Afrique de l’Ouest depuis la création de la World Surf League, en 1976.

« Mon rêve, c’est de placer le Sénégal le plus haut possible dans le surf. Il n’y a plus rien à faire en Europe et dans les autres pays. L’Afrique, c’est l’avenir », affirme Oumar.