(Banjul) Les professionnels du tourisme en Gambie ont lancé dimanche un appel urgent à leur gouvernement et aux donateurs pour qu’ils les aident en raison de l’impact destructeur de la COVID-19 sur leur activité, essentielle pour ce pays pauvre.

Agence France-Presse

L’économie de la Gambie, l’un des plus petits pays d’Afrique, est lourdement tributaire du tourisme international, principale source de revenus à côté de l’agriculture et de l’argent envoyé par les Gambiens vivant à l’étranger.

Le pays prisé des étrangers pour son soleil et ses plages sur l’Atlantique est frappé par les effets de la pandémie en pleine saison touristique.

La Gambie, particulièrement vulnérable aux chocs extérieurs, venait déjà d’encaisser fin 2019 la faillite du voyagiste britannique Thomas Cook, opérateur majeur localement. Ce coup dur s’ajoutait à la crise financière de 2008 et aux répercussions de la fièvre Ebola en Afrique de l’Ouest entre 2013 et 2016.

Avec l’apparition du nouveau coronavirus, les vols réguliers ou nolisés acheminant les touristes ont été suspendus au pic de la saison. Les annulations laissent les hôtels avec des factures considérables impayées par les opérateurs, disent dans un communiqué l’Association nationale hôtelière (GHA) et l’Association du tourisme et des voyages (TTAG).

« Un vaste mouvement de fermeture d’hôtels et de petites et moyennes entreprises à tous les niveaux dans le secteur touristique a un effet d’entraînement catastrophique qui touche un nombre énorme de salariés et de fournisseurs », disent-elles. « L’impact massif » de la COVID-19 « est en train de balayer un secteur économique tout entier ».

Le secteur emploie directement ou indirectement des dizaines de milliers de travailleurs dans un pays d’un peu plus de deux millions de personnes.

Selon ces associations, un audit récent indique que les hôteliers tablent sur une perte de 6,7 milliards de dalasis (180 millions $) entre avril et juin.

Elles s’alarment du possible retrait de Gambie de l’opérateur allemand FTI, qui convoie en temps normal des centaines de voyageurs vers la Gambie chaque semaine selon elles, et de celui « probable » du Suédois Nordic Leisure Travel Group.

Ces associations réclament une « intervention immédiate » du gouvernement, le pressent de fournir des financements sous la forme de prêts à taux d’intérêt bas et de prendre en charge les salaires pendant au moins cinq mois. Elles appellent banques et partenaires financiers à suspendre le remboursement des prêts.

Elles demandent également aux donateurs et aux partenaires du développement comme la Banque mondiale d’aider au financement d’opérations de marketing et au paiement des coûts causés par les nouvelles réglementations attendues après la fin de la pandémie.