Chicago se visite à pied. Le centre-ville est si dense que la majorité des attractions touristiques sont à distance de marche. Les rues sont propres et on ne se lasse pas d'admirer l'architecture des édifices. De plus, les Chicagoens sont accueillants, détendus et souriants.

Andrée Lebel LA PRESSE

JEUDI12h 30

En arrivant à l'aéroport O'Hare, je trouve facilement un taxi pour me rendre au centre-ville (45 minutes; entre 35$ et 40$). Partout, des affiches proclament «We are glad you are here». On est bien accueilli dans la capitale de l'Illinois.

14h 30

Après être descendue à l'hôtel Westin (900 N, Michigan), je pars à la découverte de la ville. Aucun doute, Chicago mérite bien son surnom de Ville des vents. Je visite une petite exposition de photos de Chicago dans l'Old Water Tower, que l'on dit hantée. Je continue sur la rue Michigan, dont la partie nord a été baptisée «The Magnificient Mile» et dédiée au shopping.

16h

Après avoir longé Millennium Park, j'arrive à l'Art Institute. C'est l'un des musées les plus réputés du pays, notamment pour son imposante collection d'impressionnistes, post-impressionnistes et surréalistes. Je visite aussi l'aile consacrée à la peinture américaine où j'admire entre autres, plusieurs tableaux de Georgia O'Keeffe, dont son fameux et gigantesque Ciel au-dessus des nuages. Surprise: on présente une rétrospective des oeuvres d'un artiste de Vancouver dont je n'ai jamais entendu parler: Jeff Wall mériterait certainement d'être mieux connu au Canada. Une nouvelle aile du musée, dessinée par l'architecte Renzo Piano, augmentera de 33% la superficie de l'Art Institute. La construction est en cours et l'ouverture est prévue en 2009. Le musée regorge de trésors, mais après plus de deux heures, la fatigue se fait sentir. Je jette un coup d'oeil à la fascinante collection de masques africains et passe tout droit devant les collections d'Asie pour me rendre à la boutique où j'ai tout le temps de faire quelques achats, car le musée est ouvert jusqu'à 20h.

19h

Je continue ma route vers le parc Grant pour voir la fontaine Buckingham, inspirée de Versailles. Cette splendeur est le point central du parc. Je reviens vers Millennium Park où il y a un spectacle gratuit au pavillon Jay Pritzker, un amphithéâtre à ciel ouvert conçu par l'architecte d'origine canadienne Frank Gehry. En plus des spectateurs qui occupent des sièges, des gens dansent, d'autres pique-niquent en famille sur le gazon et quelques papas jouent au soccer avec leurs enfants. C'est très sympathique et très familial. De jeunes couples s'y promènent avec bébé dans la poussette. Notons que tous les aménagements du parc sont accessibles aux personnes à mobilité réduite et donc aux poussettes.

20h30

Le soir, c'est dans le quartier North River qu'il faut aller. On y trouve quantité de restaurants, bars et boîtes de nuits. Je me rends jusqu'au SushiSamba Rio (504 N, rue Wells), un endroit branché. Les sushis sont ordinaires, mais l'ambiance latino est extraordinaire. Je marche ensuite vers la rue Clark. Le vent est tombé et l'air est doux. Je m'arrête devant les vitrines et découvre quelques boutiques fort originales. Je me sens en sécurité car il y a plein de monde dans les rues.

22h

Devant le Blue Chicago (736 N, rue Clark), le portier a installé son tabouret sur le trottoir pour percevoir les droits d'entrée (8$). Le bar, tout en longueur, n'est pas très grand. Nous sommes dans l'authentique. De vieilles photos noir et blanc de musiciens ornent les murs. Des groupes d'amis, aussi bien que des couples et des gens seuls prennent place sur les vieux tabourets qui longent les étroits comptoirs. Les touristes se mêlent aux habitués et tous apprécient le spectacle du Shirley Johnson Blues Band qui se donne sans retenue sur la petite scène au fond du bar. Des gens commencent à danser et le saxophoniste vient se joindre à eux, ce qui crée une belle euphorie. Avec un verre de vin à 6$, qu'on peut siroter pendant toute la soirée, je m'attarde. Impossible d'écourter un si beau moment. J'y reste jusqu'à minuit.

VENDREDI

9h 30

Je marche jusqu'à la rivière Chicago (coin Michigan et Wacker) d'où partent les excursions en bateau de l'Architecture Foundation. On peut acheter son billet sur le quai, une heure avant le départ. La guide Mari-Patricia Boughner, Montréalaise d'origine, raconte l'histoire de Chicago et des principaux édifices pendant que nous voguons. Ses commentaires sont brefs, précis et fort intéressants. C'est un véritable cours d'architecture. Nous apercevons des immeubles de toutes les époques et de tous les styles: Art déco, Beaux-arts, Renaissance et bien sûr les grands édifices de verre qui ont contribué à forger l'identité de Chicago. Les immeubles se reflètent les uns dans les autres et le panorama évolue selon l'heure du jour. Après le grand feu qui a détruit Chicago en 1871, les architectes ont laissé libre cours à leurs rêves. Frank Lloyd Wright et Mies van der Rohe ont largement contribué à dessiner la silhouette de la ville en plus d'influencer toute une génération d'architectes. Une touriste de la Californie, qui a prolongé de deux jours son voyage d'affaires, est tout aussi enchantée que moi par cette visite.

12h

Je prends un lunch léger au Gallery 37 Cafe (rue Randolph) près de Millennium Park. Si Chicago est réputé pour ses restaurants gastronomiques, il y a aussi quantité d'endroits où l'on peut manger de bonnes salades pour moins de 10$.

13h

J'ai rendez-vous au Millennium Park avec une guide de Chicago Greeter, un service gratuit de l'Office de tourisme. Ce sont des bénévoles qui partagent avec les visiteurs leurs connaissances et leur amour de la ville (www.chicagogreeter.com). Tout en nous promenant, Barbara Zenner me raconte l'histoire de ce parc qui est au coeur de la vie des Chicagoens. Elle attire mon attention sur les gigantesques sculptures en insistant sur le fait que l'art est interactif partout dans le parc. Nous passons devant les deux blocs de verre où sont projetées des photos des résidants dont la bouche projette à intervalle régulier un jet d'eau. Des dizaines d'enfants en maillot courent joyeusement d'un bloc à l'autre pour se rafraîchir. Impossible d'ignorer l'imposant Cloud Gate (surnommé Jelly Bean par les résidants) de l'artiste Anish Kapoor. Les gratte-ciels de la ville se reflètent sur sa structure en acier inoxydable. Aussi bien le jour que le soir, les Chicagoens profitent pleinement de ce magnifique espace urbain. Au fait de qui parle-t-on le plus à Chicago? Du maire Richard M. Daley. Son nom figure sur toutes les brochures touristiques et les résidants de la ville lui vouent un véritable culte en plus de lui attribuer le dynamisme de Chicago.

14h30

Je monte dans un trolley gratuit. Il y a cinq circuits bien identifiés (shopping, musées, parcs, attractions touristiques, Navy Pier). Aussi bien les touristes que les résidants peuvent les utiliser à leur gré. De 10h à 18h, de mai à septembre, ces trolleys font le tour des principales attractions de la ville. Je descends à proximité du Musée d'art contemporain, où je visite une belle exposition sur l'art mexicain d'aujourd'hui. De grands espaces bien aérés, des installations et des oeuvres souvent inattendues, j'y passe un agréable moment.

16h30

Je retourne vers Magnificient Mile en quête de quelques souvenirs à mettre dans ma valise. Quantité de boutiques de luxe voisinent les grands magasins de New York (Bloomingdale, Sacks, Macy's, etc.) et les étalages sont attrayants. Bref, c'est une belle expérience de shopping.

20h

Suivant la recommandation du guide Ulysse Chicago, au lieu de faire la queue pour me rendre sur la plateforme d'observation (94e étage) de l'édifice John Hancock, je vais plutôt au bar du 96e étage où une consommation coûte à peu près le même prix que l'entrée à l'observatoire. L'ascenseur voyage à 30 m/h et il faut moins de temps pour arriver au 96e étage qu'il n'en faut pour monter trois étages dans l'édifice de La Presse. À 1000 pieds d'altitude, on a une vue exceptionnelle de Chicago et de la tour Sears, la plus haute de la ville, et pendant longtemps la plus haute du monde. Par temps clair, on peut voir quatre États et jusqu'à plus de 100 kilomètres, tout en prenant conscience que le lac Michigan est une véritable mer intérieure. À mesure que le ciel s'assombrit, les couleurs changent et les édifices s'illuminent. C'est un spectacle qui évolue de minute en minute jusqu'à ce que la lune apparaisse. J'ai tout à coup l'impression qu'il y a des vibrations sous mes pieds. J'abandonne l'idée d'aller manger au restaurant du 95e étage même si le décor est bien attirant.

21h

Fromages, chocolats et vins. Voilà ce que propose ENO, situé dans l'hôtel Intercontinental (505 N, Michigan). Le restaurant-bar est très convivial, la liste de vins est impressionnante tout comme la sélection de fromages provenant de tous les pays. On me conseille un excellent vin de l'Oregon avec un trio de fromages (de France, d'Angleterre et d'Espagne). Pour finir, je me laisse tenter par des chocolats divins. Tout ça pour environ 40$. Assise à un comptoir, je peux échanger avec le couple voisin qui me raconte comment Chicago est une ville extraordinaire pour élever des enfants. Avec leurs deux filles, ils participent à toutes sortes d'activités gratuites, vont à la plage au bout de leur rue et fréquentent régulièrement les festivals (il y en a deux ou trois chaque week-end pendant l'été). Après cette belle soirée, je retourne à pied à mon hôtel en m'arrêtant ici et là pour voir des amuseurs publics, écouter des musiciens. Les rues de Chicago sont non seulement vivantes, elles sont vibrantes.

SAMEDI

10h 30

Je marche jusqu'au Cultural Centre d'où part le train express gratuit pour l'exposition Niki in the Garden au parc Garfield (300 N, avenue Central Park). Arrivée quelques minutes en avance, j'en profite pour visiter l'édifice qui a été construit pour abriter la première bibliothèque publique avant d'être transformé en centre culturel où sont présentés expositions et concerts. On y trouve aussi l'Office de tourisme. Le train (11h20 et 14h durant le week-end) met 20 minutes pour atteindre le parc Garfield où sont exposées, dans la serre et à travers le parc, 38 sculptures flamboyantes de Niki de Saint Phalle. L'artiste (décédée en 2002) serait ravie de voir ses oeuvres si joliment mises en valeur. Plusieurs familles visitent l'expo et les enfants ont beaucoup de plaisir à entrer dans certaines sculptures et à grimper sur d'autres. À ne pas manquer si vous allez à Chicago d'ici le 31 octobre.

13h

Le train express me ramène au centre-ville et c'est déjà le moment du départ. Je me promets de revenir à Chicago. Un peu comme New York, la ville à elle seule vaut le déplacement.

Une partie des frais de ce voyage a été payée par l'Office de tourisme de Chicago.