C'est la ville asiatique «la plus sous-estimée» selon The New York Times. Taipei peut être abordée sous plusieurs angles. Celui des traditions chinoises, quasi intactes, des influences japonaises et américaines ou de la «consommation extrême». Peu importe l'option choisie, au bout du compte, c'est le ventre qui reste le meilleur guide!

Marie-Julie Gagnon, collaboration spéciale LA PRESSE

Jour 1

8 h : Chiang Kai-shek Memorial Hall

Décalage horaire oblige, je me lève à l'aube pour aller découvrir ce monument iconique blanc et bleu. Je m'engouffre dans le MRT (Mass Rapid Transit) et émerge à la station qui porte le nom de l'endroit. Dès les premiers rayons du soleil, des personnes âgées pratiquent le taï chi aux abords du lac rempli de poissons rouges gigantesques sis dans le jardin. Je me rafraîchis la mémoire (et le corps!) en parcourant le Lonely Planet dans un coin d'ombre. Après avoir fui la Chine communiste de Mao, Chiang Kai-shek a établi son quartier général dans l'île de Formose afin de mieux préparer sa reconquête de l'empire du Milieu. Personnage controversé, il est décédé à l'âge de 89 ans; or, 89 marches mènent à la statue érigée à sa mémoire.

10 h 30 : Taipei Main Station

Je marche jusqu'à Taipei Main Station (deux arrêts plus loin), là où se croisent les voyageurs qui vont prendre le train, le tout nouveau TGV (en fonction depuis l'année dernière) ou le MRT. J'emprunte les allées de Taipei New World, centre commercial construit sous la gare. Chemin faisant, je compte au moins cinq stands où l'on vend des parapluies (de toutes les couleurs, avec tous les motifs imaginables). La météo étant très imprévisible à Taipei, mieux vaut toujours en traîner un avec soi lors de ses déplacements.

13 h : Nouilles et dumplings

Christopher Downs, un Québécois installé à Taiwan qui gagne sa vie comme animateur de télévision, m'a tellement vanté le restaurant Din Tai Fung, rue Xinyi (»Des gens font la queue régulièrement pour y entrer!»), que je décide d'aller y casser la croûte. Affiché dans la fenêtre, près de l'entrée, un article du New York Times le classe parmi les 10 meilleurs restaurants pour gourmets au monde. Je ne suis pas déçue: je déguste les meilleurs dumplings au porc et aux crevettes et la meilleure soupe aux nouilles et au boeuf de ma vie. Pas mal pour le prix, soit moins de l'équivalent de 20 $CAN!

15 h : Temple Longshan

Encore une fois, une station de MRT porte le nom du lieu que je m'apprête à visiter. Même si j'ai vécu à Taiwan pendant plus d'un an il y a de cela quelques années, je n'ai jamais pris le temps d'aller visiter les temples de la capitale. Quelle erreur! Je comprends pourquoi Lonely Planet a sacré celui-ci numéro deux des lieux de cultes à voir à Taiwan. Érigé en 1738, il accueille des gens de tous âges qui viennent faire leurs offrandes aux dieux, téléphone cellulaire et sac griffé à la main.

18 h : Marché de nuit

La fatigue me gagne, mais impossible de passer à côté de l'expérience du marché de nuit. J'opte pour la visite de Tonghua plutôt que Shilling (le plus réputé) à cause de sa proximité de mon hôtel. Ce sont d'abord les odeurs qui frappent dès qu'on s'en approche. Celle du chou doufu («tofu puant»), en particulier. Je penche plutôt pour une brochette de pieuvre cuite sur le barbecue (un régal!) avant d'entrer dans un petit commerce pour commander un hot pot, sorte de fondue chinoise qui n'a rien à voir avec le plat que nous appelons ainsi au Québec. En sortant du restaurant, j'aperçois le teppanyaki japonais voisin. Zut, je n'ai plus faim! Je trouve tout de même de la place pour une poignée d'arachides fraîches cuites à la vapeur. Chaudes et molles, elles fondent littéralement dans la bouche.

Jour 2

10 h

J'achète mon billet pour l'observatoire de Taipei 101 dès l'ouverture. Même si Burj Dubai lui a raflé le titre de plus haute tour du monde, l'édifice construit selon les règles du feng shui reste impressionnant. Comme on peut s'y attendre, le sommet de ce «majestueux bambou bleu turquoise», tel que décrit par ses concepteurs, offre une vue imprenable sur la ville (à moins de tomber sur une journée brumeuse comme il y en a souvent à Taipei). Ce qui surprend, c'est plutôt l'ascenseur qui nous emmène au 89e étage en moins de 40 secondes. Avec son plancher interactif et sa boule d'acier de 660 tonnes (mise au point par la firme canadienne Motioneering) conçue pour amortir tout mouvement causé par des catastrophes naturelles, le 88e étage ne manque pas non plus de nous faire pousser des «oh» et des «ah».

14 h : Quartier branché

Après avoir englouti un succulent poulet massala dans l'un des restaurants de Taipei 101, j'hésite entre une promenade à Hsimenting pour sa faune hétéroclite ou la visite du National Palace Museum. Ayant déjà vu les deux auparavant, j'opte pour le premier. C'est le week-end et le spectacle que m'offriront les rues grouillantes risque de me faire passer un bien meilleur moment que la cohue du musée (bien qu'il mérite le détour). Je sirote un zhenzhu naicha (»thé aux perles» fait de thé, de lait et de boules de tapioca) en déambulant dans ce quartier souvent comparé à Harajuku, à Tokyo. Je termine la journée en me rendant dans un bar à sushi où les pièces de poisson arrivent par un petit train, à deux pas de la station de métro Ximen. Repue, je me dis que Taipei est effectivement bien sous-estimée!

D'augres suggestions si vous disposez de plus de temps

Les télécabines de Mucha, qui permettent d'aller siroter un thé oolong dans les collines de Maokong.

Les sources d'eau chaude de Beitou.

Un massage de pieds.

Yamishan Park.