(Ottawa) L’Agence de la santé publique du Canada assure qu’elle travaille avec d’autres gouvernements dans le monde qui hésitent encore à permettre aux Canadiens qui ont reçu deux vaccins différents de traverser leurs frontières sans observer une quarantaine.

Laura Osman La Presse Canadienne

Plusieurs pays, dont les États-Unis, ne reconnaissent actuellement comme « pleinement vaccinés » contre la COVID-19 que les voyageurs qui ont reçu deux doses d’un même vaccin, approuvé par ces pays. De plus, le vaccin Oxford-AstraZeneca n’est pas sur la liste de ceux approuvés dans de nombreux endroits.

Au moins 3,88 millions de Canadiens entièrement vaccinés ont reçu deux types de vaccins différents, sans compter ceux du Québec où les données sur les vaccins mixtes ne sont pas disponibles.

Parmi ceux-ci, environ 1,5 million de Canadiens ont reçu une première dose d’Oxford-AstraZeneca ou de Covishield, qui utilise la même formule.

« Le problème que nous avons ici au Canada, c’est que nous sommes l’un des rares endroits qui ont vraiment fait cela de manière significative, et le Canada est un petit marché du voyage par rapport au monde entier », a déclaré Richard Vanderlubbe, directeur de l’Association canadienne des agences de voyages (ACTA) et président de tripcentral.ca.

Le Canada a d’abord fait figure d’exception l’été dernier en autorisant le mélange des doses de vaccin, et les recherches sur la réponse immunitaire à cette approche ont été positives.

Les personnes qui ont suivi les directives de la santé publique et qui ont reçu la première dose disponible risquent d’être frustrées de ne pas pouvoir voyager lorsque les règles de vaccination obligatoire seront adoptées dans le monde entier, a averti M. Vanderlubbe.

« Je suis sûr que la frustration va augmenter, cela ne fait aucun doute », a-t-il déclaré.

La docteure Theresa Tam, administratrice en chef de la santé publique du Canada, a affirmé lundi que l’Agence de la santé publique avait présenté des données probantes sur l’efficacité des « calendriers mixtes de vaccination » aux autorités des États-Unis et d’autres destinations prioritaires des Canadiens.

La docteure Tam assure que le Canada a été particulièrement actif dans la diffusion d’informations sur l’efficacité d’une dose d’Oxford-AstraZeneca et d’une dose d’un vaccin à ARNm comme le Pfizer-BioNTech ou le Moderna. Plusieurs Canadiens ont eu droit à ce calendrier mixte au début de la campagne de vaccination.

De nombreux pays ne disposent pas de données compilées chez eux sur la vaccination mixte. Le Canada s’efforce donc de les aider à prendre des décisions basées sur la science concernant leurs propres réglementations aux frontières.

Selon les nouvelles règles en vigueur aux États-Unis, seuls les voyageurs entièrement vaccinés selon les normes américaines seraient autorisés à franchir la frontière. Les Canadiens vaccinés qui étaient jusqu’à présent autorisés à se rendre aux États-Unis avec un test de COVID-19 négatif pourraient donc être dans l’impossibilité de voyager dès novembre.

La frontière terrestre devrait rester fermée au moins jusqu’au 21 octobre.

Le Canada déconseille toujours tout voyage non essentiel, mais le gouvernement espère tout de même que les autres pays reconnaîtront le statut vaccinal des Canadiens qui ont reçu deux doses d’un vaccin approuvé par Santé Canada.

Certaines destinations européennes populaires reconnaissent déjà les doses mixtes parce qu’elles ont suivi une approche similaire à celle du Canada, a déclaré Mme Tam.

« Nous devons toujours informer les voyageurs qu’ils doivent vérifier les exigences spécifiques du pays avant de voyager, car le paysage est assez varié, mais nous faisons tout ce que nous pouvons pour faciliter cette reconnaissance », a-t-elle ajouté.

Les voyageurs qui viennent au Canada et qui répondent aux exigences en matière de vaccins sont exemptés de la quarantaine obligatoire à l’arrivée, mais seulement si le vaccin est approuvé par Santé Canada.

Le gouvernement fédéral devrait publier plus de détails au cours des prochaines semaines sur un passeport vaccinal « normalisé » pour tous les Canadiens.