Option Consommateurs lance une pétition auprès de la Chambre des communes pour exiger le remboursement des billets d’avion annulés en raison de la pandémie.

Jean-François Codère Jean-François Codère
La Presse

La décision des transporteurs aériens canadiens d’octroyer des crédits de voyage plutôt que de rembourser les détenteurs de billets d’avion annulés a enragé des milliers de Canadiens, pour qui cette solution ne convient pas.

« De nombreux consommateurs vivent présentement une situation financière difficile en raison d’une diminution de revenus ou d’une perte d’emploi liée à la pandémie », écrit Option Consommateurs dans sa pétition.

Sur les médias sociaux et de nombreuses tribunes, les consommateurs se plaignent fréquemment d’être forcés de financer, sans intérêt, les transporteurs aériens, alors que leur propre situation financière s’est aussi détériorée.

« Les conditions assorties à ces crédits voyage sont restrictives, stipulant notamment que ces derniers doivent être utilisés d’ici 24 mois, qu’ils ne sont pas transférables ou qu’ils n’offrent aucune garantie de prix », ajoute la pétition, avant de rappeler que « bien des consommateurs ne pourront pas utiliser ces crédits dans les délais imposés par les transporteurs aériens en raison notamment de problèmes financiers, d’ennuis de santé ou du fait que les risques liés à la COVID-19 ne seront pas encore écartés. »

Les livres comptables d’Air Canada montraient une somme de 2,6 milliards de dollars en billets d’avion payés d’avance au 31 mars dernier. Il est toutefois impossible de savoir combien d’entre eux ont été annulés en ce moment ou combien touchent des voyages qui ont quand même eu lieu ou auront quand même lieu.

Chez Transat, le bilan au 31 janvier affichait un passif de 809 millions de dollars pour « dépôts de clients et revenus différés ». Les résultats financiers de WestJet ne sont plus publics depuis qu’elle a été acquise par le conglomérat Onex.

Au Bloc québécois, le chef Yves-François Blanchet a juré mercredi matin de continuer de livrer bataille pour corriger la situation, « de telle sorte que la pression politique va devenir tellement insoutenable » que le gouvernement libéral « va devoir courber l’échine », a-t-il insisté en conférence de presse au parlement.

Il estime qu’en refusant de corriger le tir, les libéraux attirent eux-mêmes l’attention sur cette inaction : « Dans la mesure où les États-Unis et l’Europe ont agi dans ce sens-là, le gouvernement du Canada ne fait qu’amener davantage vers lui-même les projecteurs de leur propre turpitude ».

La réponse d’Ottawa demeure jusqu’à présent non.

Mardi, le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, a offert ceci en réponse aux questions du député bloquiste Xavier Barsalou-Duval : « Je comprends la frustration des gens qui auraient voulu être remboursés plutôt que d’avoir un crédit, mais il faut comprendre qu’en ce moment, nos compagnies aériennes vivent des moments très, très difficiles avec 95 % de leurs revenus qui sont disparus ».

Avec la collaboration de Mélanie Marquis