Rêver de l’après-COVID, c’est une chose. Réserver ses vacances ? C’est le pas de plus que des voyageurs font déjà. Pour économiser gros sur les hôtels, les forfaits tout inclus et même… les croisières.

Violaine Ballivy Violaine Ballivy
La Presse

« Oui, on fait encore des réservations tous les jours », confirme Moscou Côté, président de l’Association des agents de voyages du Québec. À son agence de Montréal, le volume hebdomadaire a baissé de façon considérable — la chute est de plus de 90 % —, mais « les gens n’en peuvent plus d’être confinés, ils veulent repartir et être prêts à le faire dès que ce sera possible ».

Ces jours-ci, les forfaits tout inclus pour aller dans le Sud à Noël coûtent environ 20 % de moins que le prix affiché à pareille date l’an dernier. Des aubaines sont aussi proposées pour des voyages dès le début du mois d’août, notamment avec Vacances Transat, vers Cuba. Évidemment, toutes les ventes sont conditionnelles à la réouverture des frontières, et les acheteurs doivent être sensibles au fait que le voyage pourrait être reporté. Et dans ce cas, il faut vérifier, avant de sortir sa carte de crédit, les modalités en cas d’annulation : aura-t-on droit à un crédit pour un voyage futur ? Ou à un remboursement ? La première option est plus courante.

Promotions dans les hôtels

Désertés depuis le début de la crise, des hôtels proposent de leur côté des rabais du type « payez maintenant, obtenez davantage plus tard », pour assurer une certaine rentrée d’argent en cette période de disette. Le site américain Hotels Credits vend des bons d’achat dans près d’une trentaine d’hôtels-boutiques d’un bout à l’autre de la planète — le Sixty à Soho, l’Habitas à Tulum — donnant droit à une prime de 50 % du prix payé : en déboursant maintenant 200 $, on obtiendra un crédit de 300 $ à dépenser quand les voyages seront de nouveau permis. Si l’établissement ne survit pas à la crise, un remboursement intégral est promis.

L’Association des hôteliers du Québec n’a pas eu vent d’initiatives similaires dans la province.

Ce qu’on prône, cet été, c’est plutôt une campagne de sensibilisation à l’achat local. On encouragera la clientèle à passer directement par les hôteliers, à ne pas passer par des agences de réservation en ligne, pour ne pas que les commissions prises au passage s’en aillent à l’extérieur du Québec.

Xavier Gret, président-directeur général de l’Association des hôteliers du Québec

À l’heure actuelle, 60 % des établissements hôteliers de la province sont en « suspension d’opérations » et les autres affichent un taux moyen d’occupation d’à peine 5 %. La clientèle québécoise représente 75 % des clients des hôtels du Québec l’été, mais la reprise des activités sera conditionnelle à la levée des interdictions de voyager d’une région à l’autre.

Des croisières au rabais

Quant aux croisières, dont l’image de marque a été très durement frappée par la crise, elles multiplient aussi les rabais pour attirer de nouveau les clients à moyen et à long terme. Le croisiériste Norwegian, par exemple, offre actuellement un rabais de 25 % sur toutes les nouvelles réservations. Sachant que « les gens dont la croisière a été annulée qui ont accepté un crédit au lieu d’un remboursement ont obtenu un crédit de 125 % de la valeur de leur achat, il y a de vraiment bonnes affaires à faire », dit Moscou Côté. À condition, bien sûr, que la confiance des voyageurs soit revenue. 

Certains agents, comme Nadia Duquette, à Mascouche, préfèrent attendre la levée des interdictions de voyager. « Les prix sont vraiment intéressants pour 2021 et 2022, mais je ne voudrais pas que des voyageurs se retrouvent mal pris. » Dans tous les cas, les agents conseillent de vérifier avec grand soin les modalités d’annulation des assurances voyage avant de sortir la carte de crédit.