Alors que toute la planète voyage est sur pause, l’occasion est belle pour jeter un œil dans le rétroviseur et faire une petite (ou une grande) recension des destinations visitées jusqu’ici. Qui sait, vous avez peut-être suffisamment voyagé pour être admis dans un club de grands voyageurs…

Stéphanie Morin Stéphanie Morin
La Presse

Car oui, pareil club existe, mais il faut, pour en faire partie, avoir des dizaines, voire une centaine de destinations au compteur.

Le plus ancien de ces clubs très sélects est le Travelers’ Century Club, fondé en 1954 à Los Angeles. Il rassemble près de 1750 membres actifs dans le monde — dont 13 au Québec et 54 dans le reste du Canada. Le point en commun de tous ces voyageurs : ils ont tous visité 100 destinations et plus. Mais attention, 100 destinations ne veut pas dire 100 pays différents. Le club a découpé la mappemonde en 329 territoires à visiter. Il s’agit parfois d’un pays, parfois d’une province seule, parfois d’une région plus grande (l’Antarctique, par exemple, a été découpé en six morceaux…).

« Le Travelers’ Century Club donne aux voyageurs expérimentés une occasion de se rencontrer et de partager des conseils », explique le nouveau président de l’organisation, l’Albertain Tim Skeet. « Les membres de nos familles, nos amis, ne comprennent pas forcément pourquoi on voyage, pourquoi on tient tant à aller au Bangladesh, pourquoi la logistique d’un voyage dans les archipels d’Agalega ou de Saint-Brandon, au large de l’île Maurice, nous obsède autant ! Nous sommes tous curieux des peuples et des religions du monde… »

Tim Skeet est membre depuis 2009, année où il a pu ajouter une 100destination — la Sicile — à sa feuille de route. Au moment d’écrire ces lignes, il a pu mettre un X sur 164 territoires de la liste du club. Parmi ces destinations se trouve Nuuk, au Groenland, où il est resté 15 minutes au cours d’un voyage scolaire en 1986, pendant le ravitaillement de l’avion où il se trouvait.

Ainsi, poser le pied sur un territoire pour quelques minutes suffit pour qu’il soit comptabilisé ? « Oui, dit Tim Skeet. Par contre, est-ce que je rêve de retourner au Groenland un jour ? Bien sûr. Nous ne vérifions pas si les gens ont bel et bien visité autant de pays qu’ils le prétendent. Le système est basé sur l’honneur. » Il faut aussi comprendre qu’adhérer au club a un coût (75 $ US par année), ce qui garde éloignés les affabulateurs et faux voyageurs…

À la fin de l’an dernier, le Club a ajouté de nouveaux territoires à sa liste, notamment l’Ossétie du Sud, « un secteur complètement isolé de la Géorgie, accessible seulement depuis la Russie », et les îles Australes, qui font partie de la Polynésie française, « mais sont situées à 200 miles de la plus proche société, celle des îles Gambier ».

Être coupé du reste du monde représente un facteur déterminant pour faire sa place dans la liste des destinations du club. Cela explique que l’Île-du-Prince-Édouard est sur le même pied que le reste du Canada et compte pour un.

Pourquoi ne pas isoler le Québec, avec sa culture distincte ? « Les facteurs culturels ne sont pas pris en considération. Nous nous intéressons davantage aux frontières, à l’accessibilité d’une destination. Ainsi, le continent des États-Unis forme une seule destination ; l’Alaska, Hawaii, Porto Rico ou les Samoa américaines sont par contre prises isolément… », explique Tim Skeet.

Curieux de savoir si vous faites le compte ?

> Consultez la liste du Travelers’ Century Club

Des exploits à accomplir

L’Espagnol Jorge Sanchez a imaginé une autre façon de catégoriser les voyageurs : non pas à partir des destinations visitées, mais plutôt des expériences vécues. Sa liste est copieuse (elle compte 222 « exploits » à comptabiliser) : avoir vu le mont Everest ou les chutes du Niagara, être monté à bord du Shinkansen au Japon, avoir passé au moins 24 heures à bord d’une felouque sur le Nil, avoir déjà observé des baleines ou visité le musée du Louvre… Autant d’expériences qui permettent de se qualifier pour un statut diamant, platine, or…

Le site ne semble pas avoir été mis à jour depuis quelque temps, mais la liste imaginée par Sanchez peut être une mine d’or pour ajouter des points à notre liste de destinations futures (cette fameuse bucket list !)

> Consultez la liste des expériences (en anglais)

Le plus grand voyageur du monde ?

De son côté, le site Most Traveled People a découpé la planète en 949 morceaux : des pays entiers ou morcelés en plus petites bouchées, des sites du patrimoine mondial de l’UNESCO, des plages, des terrains de golf… Cette liste sert de base pour dresser le palmarès des plus grands voyageurs du monde. Le meneur, ô surprise, est le créateur du site, le Californien Charles A. Veley. N’empêche, voilà une autre façon de rassasier le compétiteur qui sommeille dans certains voyageurs !

> Consultez le site Most Traveled People (en anglais)