Des cinéastes voyageurs issus de la tradition des ciné-conférences ont pris leur destin en main et ont créé une plateforme pour rendre leurs documentaires accessibles en ligne.

Marie Tison Marie Tison
La Presse

« C’étaient des films qui étaient présentés en salle devant un grand public, explique Richard-Oliver Jeanson, cofondateur de la plateforme Destidocs. Du fait de la pandémie, nous avons dû nous réinventer. Mais c’était quand même un projet qu’on avait depuis quelque temps : réunir des films qui avaient déjà été dans un circuit de conférences et leur donner une espèce de deuxième vitrine. »

Le projet a deux aspects. Le premier vise le grand public. Il s’agit de donner aux gens la chance de découvrir des destinations « dans le confort de leur foyer ».

Le deuxième aspect est pédagogique et vise les écoles. Les cinéastes du groupe visitaient souvent les écoles, notamment celles qui offraient un programme international.

« J’ai tourné énormément avec mon film sur le Costa Rica, raconte M. Jeanson. Je parlais d’environnement, d’écotourisme, des thèmes très importants pour les jeunes. »

Comme les autres cinéastes conférenciers, il aimait particulièrement les périodes de questions et réponses après le visionnement. « Ça permettait de mettre en contexte les apprentissages géographiques, de montrer qu’il y avait moyen de voyager, de découvrir le monde, au-delà de simplement aller dans un tout-inclus avec ses parents. »

À partir de janvier prochain, les écoles pourront avoir accès à la plateforme et recevoir virtuellement les cinéastes pour une présentation. La plateforme permettra également aux écoles et aux membres du grand public de consommer les documentaires à petites doses s’ils le désirent.

« Tous les films sont accessibles en version intégrale, mais ils sont aussi découpés en segments thématiques, explique M. Jeanson. Ils se déclinent en chapitres et chaque chapitre est associé à des mots-clés. Les écoles pourront aller dans des collections thématiques : on peut penser à des collections “histoire” ou des collections “environnement”. »

Les gens à court de temps pourront aussi aller directement vers ce qui les intéresse le plus : par exemple, aller tout de suite au chapitre « La Havane » d’un documentaire sur Cuba.

Les cinéastes participants sont surtout des Québécois, mais on trouve aussi quelques Français associés au Festival des films de voyage de Saint-Étienne.

Notons que leur proposition se démarque de l’initiative des Grands Explorateurs. « Les Grands Explorateurs ont pris une avenue qui est fort intéressante, soit de présenter en ligne un film à la fois, une fois par mois, pour offrir le même produit qu’ils offraient en salle, indique M. Jeanson. Nous voulions plutôt offrir plusieurs destinations à la fois. »

Les documentaires de Destidocs seront offerts sur abonnement ou à la pièce.

> Consultez le site de Destidocs