(Paris) Dans la Gare de Lyon, à Paris, certains voyageurs s’arrêtent quelques secondes devant une borne avant de franchir les portiques menant aux quais. Il s’agit d’un nouveau dispositif de prise de température que la SNCF va expérimenter pendant l’été pour lutter contre la pandémie de COVID-19.

Daniel ARONSSOHN
Agence France-Presse

Les premiers tests sont menés mardi dans cette gare parisienne, auprès des voyageurs qui s’apprêtent à prendre le TGV. Cinq « Bornes santé » installées sur le quai, en amont des portes d’embarquement, permettent aux volontaires de mesurer leur température corporelle sans contact, à l’aide d’une caméra thermique.

Des panneaux explicatifs sont également situés à proximité.

Aucun contrôle ne sera imposé et le dispositif est purement expérimental. L’idée est de « vérifier en conditions réelles la fluidité d’embarquement d’un train TGV en cas de mise en place d’un contrôle de température », explique la SNCF.

Pour prendre leur température, les voyageurs se placent quatre secondes face à l’une des bornes blanches, ornée du slogan « en train tous responsables ». Aucune valeur ne s’affiche sur l’appareil : un symbole vert signale au voyageur que sa température est normale.

« C’est fait sur une base de volontariat », souligne auprès de journalistes Pierre Matuchet, directeur des opérations TGV, tandis que les passagers masqués font la queue pour scanner leur billet et rejoindre les quais. « C’est un acte de protection de soi et des autres », estime-t-il.

En cas de température supérieure à 38,5 degrés, les agents SNCF « vont avoir une petite lumière qui va s’afficher sur leur téléphone et on va alors aller voir le client », explique M. Matuchet.

Ils lui fourniront alors un masque chirurgical neuf, une dosette de gel hydroalcoolique, et lui rappelleront les gestes barrières. Si le client souhaite reporter ou annuler son voyage, un échange ou une annulation sans frais seront possibles, mais il n’y aura aucune interdiction de prendre le train.

Les données ne sont pas stockées, a précisé la SNCF qui utilise la solution Vital Check, développée par le groupe IER, une filiale de groupe Bolloré.

Se préparer en cas d’une nouvelle obligation

« De toute façon, le masque est déjà obligatoire », remarque Marion qui en porte en un tissu rouge à fleurs, à proximité des quais.

« Cela en soi, tout seul, c’est sûr cela ne suffit pas [...] c’est l’ensemble de la chaîne qu’il faut regarder, les mesures en général qui sont prises », juge de son côté Noélie, qui doit prendre un train pour se rendre sur son lieu de travail.

Cette expérimentation ne présage en rien de la mise en place d’un tel dispositif à l’avenir. L’objectif est de se préparer au cas où de tels contrôles seraient demandés par le gouvernement en cas de deuxième vague de l’épidémie de COVID-19, a expliqué à l’AFP le directeur de Voyages SNCF Alain Krakovitch.

« On ne comprendrait pas qu’on ne soit pas prêt en cas de nouvelle crise », a-t-il estimé, en soulignant que de tels contrôles étaient déjà pratiqués dans des aéroports en France ou des gares ferroviaires à l’étranger.

M. Krakovitch appelle les voyageurs « à jouer le jeu », en souhaitant un maximum de participants « dans le cadre de la lutte contre la pandémie ».

Les voyageurs empruntant les trains concernés seront informés systématiquement en amont de leur voyage par un texto ou un courriel.

Les « Bornes santé » seront testées « durant l’été » dans trois gares parisiennes. Après la Gare de Lyon, le dispositif sera étendu à partir du 5 août à la Gare de l’Est et à la Gare Montparnasse.