Alors que les grandes villes européennes sont aux prises avec les effets du surtourisme et que les instagrammeurs prennent d’assaut certains parcs nationaux en quête de la meilleure photo, Vaolo, une jeune pousse de Québec, forme des « explorateurs » responsables qui, à leur tour, peuvent entraîner d’autres voyageurs hors des sentiers battus. La plateforme a récemment créé un programme d’académie qui permettra à 35 personnes de voyager pendant deux mois, toutes dépenses payées.

Valérie Simard Valérie Simard
La Presse

Lancée il y a deux ans par l’organisation non gouvernementale Village Monde, Vaolo est une plateforme collaborative permettant aux voyageurs de découvrir et de réserver des hébergements et des activités qui ont un impact positif sur les communautés visitées.

Des idées de séjour qu’on ne retrouve généralement pas dans les guides de voyage et qui sont en marge des circuits touristiques établis, tel que dormir dans une yourte avec des éleveurs semi-nomades au Kirghizstan, s’exercer au tir à l’arc traditionnel au Costa Rica ou, plus près de nous, dormir à la station Uapishka sur la Côte-Nord. Les revenus générés par Vaolo lors de la vente d’expériences sont entièrement remis aux projets dans les communautés.

« C’est une plateforme de lieux hors des sentiers battus qui ont été découverts, validés et certifiés par des explorateurs qu’on forme, explique Jean-Sébastien Noël, fondateur et directeur de Vaolo. C’est un Airbnb qui rencontre le Lonely Planet et le Guide du routard et qui frenche avec la Course destination monde. »

Présentement, Vaolo propose, sur sa plateforme, les découvertes de ses explorateurs dans une soixantaine de pays.

Nos explorateurs peuvent être des vecteurs de changement et inciter les gens à emprunter des chemins qu’ils n’auraient peut-être pas pris eux-mêmes.

Jean-Sébastien Noël

« Souvent, les gens sentent que le voyage hors des sentiers battus est peu accessible. On veut le démocratiser. Sortir les gens des villes, créer la rencontre et augmenter l’impact économique dans des endroits où il n’y a pas la même pression que dans des villes. »

Pour être intégrées à la plateforme, les expériences doivent respecter certains critères liés à l’impact socio-économique et environnemental dans la communauté et au respect des communautés.

PHOTO JOCELYN CONROY, FOURNIE PAR VAOLO

Jocelyn Conroy a visité l’Ouganda à titre d’exploratrice Vaolo.

Un concours pour la nouvelle cohorte

Le nouveau programme d’académie, mis sur pied en collaboration avec la faculté de foresterie, de géographie et de géomatique de l’Université Laval et avec l’appui de plusieurs partenaires, réunira une première cohorte de 35 francophones de 18 à 35 ans, dont 20 seront choisis à l’issue d’un concours. Les académiciens suivront, en mai prochain, une formation d’une semaine à la forêt Montmorency, au cours de laquelle ils seront sensibilisés au tourisme responsable, initiés à la navigation et à la survie en forêt et introduits à la photo, la vidéo et l’écriture. Une vingtaine de formateurs seront appelés à partager leur savoir, dont l’animateur Pierre-Yves Lord, la navigatrice Mylène Paquette, le guide de trek en haute altitude Emmanuel Daigle et le clown humanitaire Guillaume Vermette. Au terme de leur formation, les explorateurs partiront pendant deux mois bourlinguer dans le pays de leur choix.

Les personnes intéressées à faire partie de cette première cohorte ont jusqu’au 18 mars pour soumettre leur candidature. Jean-Sébastien Noël indique que le programme devrait être de retour l’an prochain, avec notamment un volet anglophone. Il précise que Vaolo forme des explorateurs en continu, tous âges confondus. Compétence requise : grande curiosité pour l’humain et le monde.

> Consultez le site de Vaolo : https://vaolo.com/