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1800 vols annulés en France

Plusieurs vols ont, entre autres, été annulé à... (PHOTO FRED DUFOUR, AFP)

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Plusieurs vols ont, entre autres, été annulé à l'aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle, communément appelé «Roissy-Charles-de-Gaulle ».

PHOTO FRED DUFOUR, AFP

Charlotte HILL
Agence France-Presse
Paris

Une grève mardi en France d'aiguilleurs du ciel a entraîné l'annulation d'un quart des vols prévus. Paris et Berlin ont dû demander à Bruxelles de remettre son projet de libéralisation du contrôle aérien présenté dans l'après-midi au Parlement européen.

Selon la Direction générale de l'aviation civile (DGAC), 1800 vols ont été annulés sur l'ensemble du territoire, alors qu'en moyenne «il y a 7650 vols sur la journée». Mais, la situation est «assez calme», avec peu de retards, car les mesures prises en amont permettent «d'avoir uniquement les passagers qui ont un avion à prendre», a indiqué un porte-parole à l'AFP.

La DGAC avait demandé aux compagnies de réduire leur programme de vols de 50% de mardi à jeudi dans les aéroports parisiens d'Orly, de Roissy et dans les principaux aéroports de province.

Le syndicat autonome des contrôleurs du trafic aérien (SNCTA), majoritaire chez les aiguilleurs, avait déposé un préavis de mardi à jeudi, afin de dénoncer «les conséquences directes sur la politique nationale des contraintes européennes» dans le secteur.

D'autres syndicats ont, eux, appelé à la grève mercredi, en coordination avec des syndicats de pays européens membres de la Fédération Européenne des travailleurs des Transports (ETF). Des actions sont prévues dans 11 pays par l'ETF, qui entend dénoncer le projet de Bruxelles visant à créer un «ciel unique» européen.

Perdre «yeux et oreilles»

Ce projet, lancé il y a une dizaine d'années, a pour objectif de supprimer les frontières nationales dans les airs, tripler la capacité de l'espace aérien, réduire les coûts de gestion du trafic de 50% et réduire de 10% les incidences sur l'environnement.

Le commissaire européen aux Transports, Siim Kallas, doit présenter mardi après-midi devant le Parlement européen à Strasbourg des propositions pour relancer cette réforme. Cette dernière marque le pas en raison de la réticence de plusieurs États à renoncer à leur autorité sur leur espace aérien.

Il veut notamment une séparation complète entre les organismes de contrôle aérien et leurs régulateurs. Il entend aussi faire appliquer la simplification de l'espace aérien de l'UE, divisé en 27 blocs nationaux. Neuf blocs régionaux devaient être opérationnels fin 2012, mais ils ne le sont toujours pas. La Commission menace donc de sanctionner les États membres pour les pousser à agir.

M. Kallas propose également la mise en concurrence des services d'appui aux organisations de contrôle (services météorologiques, de navigation ou de surveillance).

Le ministre français des Transports Frédéric Cuvillier a indiqué mardi qu'il avait demandé à la Commission européenne, en accord avec Berlin, de surseoir à son projet. «La France ne soutient pas cette nouvelle initiative de la Commission européenne», a déclaré M. Cuvillier.

Il a notamment expliqué que Paris ne souhaitait pas aller vers une «séparation des fonctions de régulation et de contrôle», comme le prévoit le projet.

Le ministre a souligné que l'aviation civile est seulement en train d'appliquer un règlement européen datant de 2009 créant un ciel unique et une coordination entre les différents services d'aviation civile «qui n'a pas encore porté tous ses fruits en terme d'efficacité du système pour les usagers».

«Ce qui nous pose problème, ce n'est pas le principe des règlements qui visent à harmoniser la gestion de la navigation au niveau européen, on y est favorable», explique à l'AFP Olivier Joffrin, responsable du syndicat Usac-CGT. Mais, ajoute le représentant syndical, «ce qu'on n'accepte pas, c'est que la Commission utilise ce biais pour privatiser, et pousser à la libéralisation d'un certain nombre d'activités».

Il cite notamment les services qui s'occupent de l'entretien et de la maintenance des antennes radars, qui «sont clairement les yeux et les oreilles des contrôleurs», et que la Commission souhaite, dit-il, externaliser.




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