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Les grands opéras du monde

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André Désiront
La Presse

La Scala, le Palais Garnier, le Met... leurs noms ont des résonances mythiques. Il serait fastidieux d'énumérer la liste des compositeurs, des chefs d'orchestre célèbres, des metteurs en scène et des monstres sacrés de la scène lyrique qui se sont produits sur leurs planches ou dans leurs fosses d'orchestre. Stravinski, Mahler, Saint-Saëns, Dvorak, Visconti, Toscanini, Abbado, Caruso, Callas, Pavarotti ont un jour ou l'autre occupé le haut de leurs affiches. Sauf peut-être pour Bayreuth, qui ne programme des spectacles qu'un mois par année.

Parallèlement à leurs fonctions de théâtres lyriques, ce sont de véritables villes dans la ville. Ils emploient chacun près de 1000 personnes, abritent des ateliers où l'on fabrique des décors, des costumes et des accessoires (souliers, chapeaux, etc.)

Chargés d'Histoire et d'histoires, ils abritent souvent un musée. Et on les visite, comme le palais de Versailles, le British Museum ou le Duomo de Florence.

L'Opéra de Paris : De style «Napoléon III»

Napoléon III a inauguré l'Opéra de Paris pendant l'Exposition universelle de 1867. Sa façade comprend guirlandes, bas-reliefs, frise, dorures et bustes de musiciens. Pendant la cérémonie d'inauguration, l'impératrice Eugénie, qui ne pouvait pas encaisser l'architecte, Charles Garnier, lui demanda: «Ce n'est ni du Louis XIV, ni du Louis XV, ni du Louis XVI... Enfin, M. Garnier, quel style est-ce-là?» Impassible, l'architecte lui répondit: «Mais c'est du Napoléon III, Majesté!»

Si on se fie à cet édifice que les Français désignent aujourd'hui sous le nom de Palais Garnier, pour éviter la confusion avec l'autre moitié (l'Opéra Bastille), le style Second Empire est flamboyant. Le grand escalier de marbre avec ses torchères de bronze, le grand foyer avec son jeu de miroirs, la salle rouge et or ceinte de cinq étages de loges et le lustre de bronze et de cristal en mettent plein la vue.

Quatorze peintres, 73 sculpteurs et une armée de mosaïstes ont contribué à son ornementation. Parmi les sculpteurs, le célèbre Jean-Baptiste Carpeaux fit scandale avec La Danse, un groupe de femmes aux poses jugées lascives, installé sur le côté droit de la façade. Aujourd'hui, cet ensemble sculpté est considéré comme un chef-d'oeuvre (abîmé par les intempéries, il a été déplacé au musée d'Orsay et c'est une copie qui agrémente aujourd'hui la façade). Un autre chef-d'oeuvre est le plafond décoré par Marc Chagall, en 1964!

L'Opéra Garnier exhale des odeurs de soufre. Gaston Leroux y campa son fameux roman Le Fantôme de l'opéra. L'édifice est le 13e opéra construit à Paris et, en mai 1896, le grand lustre s'est décroché ne faisant, heureusement, qu'une victime... un homme assis sur le siège 13.

On visite: tous les jours de 10 h à 17 h (et jusqu'à 13 h, lorsqu'il y a des représentations l'après-midi), en visite libre. Visites guidées les mercredis, samedis et dimanches à 11 h 30 et 15 h 30 et tous les jours pendant les vacances scolaires. Droits d'entrée: 12 euros (10 euros pour les retraités). www.operadeparis.fr.

Le Teatro Colon de Buenos Aires : La meilleure acoustique de la planète

Les avatars de la construction du plus grand opéra d'Amérique du Sud pourraient fournir matière à un livret d'opéra. Les travaux, entamés en 1889, ont été interrompus en 1904 par l'assassinat d'un des deux architectes, Vittorio Meano, trucidé par son majordome qui ne lui pardonnait pas d'avoir noué des relations trop étroites avec sa femme.

L'autre architecte, Francesco Tamburini, était mort quelques années plus tôt. Comble de malheur, le mécène Angelo Ferrari, principal bailleur de fonds du projet joyeusement affecté par des dépassements de budgets, mourait inopinément la même année. Finalement, les travaux reprirent sous la direction d'un architecte belge, Julio Dormal et lorsque le Teatro Colon ouvrit ses portes au public, le 25 mai 1908, il était - de loin - le plus somptueux opéra des deux Amériques. Et il l'est resté.

Dans l'entrée principale, coiffée par une coupole constituée de vitraux, le grand escalier en marbre de Vérone conduit aux deux salons des balcons et des loges: le salon des Bustes, qui abrite les statues de grands musiciens et le salon Doré, tapissé de miroirs, qui évoque la galerie des Glaces de Versailles.

La grande salle en forme de fer à cheval de 2478 places a la réputation d'offrir une des meilleures acoustiques du monde. Elle est éclairée par un lustre de sept mètres de diamètre, orné de 700 ampoules et ceintes de six étages de loges (dont 10 sont masquées par des grilles, qui à l'origine, étaient louées par des gens en deuil. Ils ne voulaient pas être vus au théâtre où il était inconvenant d'aller en période de deuil). Elle a été rénovée en 1966 et le plafond a été repeint par l'artiste le plus fameux d'Argentine, Raul Soldi, qui y a représenté «un joyeux ballet polychrome». Comme dans tous les grands théâtres français et italiens, le septième balcon est réservé au «Paradis», où les mélomanes les moins fortunés peuvent assister au spectacle debout pour une somme ridicule (5 pesos, soit 1,67$). Toscanini, Stravinski, Boulez, Caruso, Pavarotti, la Callas... les plus grands chefs, les plus grands compositeurs contemporains et les meilleurs chanteurs du monde ont défilé et continuent à se produire au Colon. Le théâtre est actuellement fermé pour rénovations et il ne rouvrira ses portes qu'en mai 2010.

On visite: fermé pendant les rénovations. Autrement, on visite les ateliers et les garde-robes où sont entreposés les costumes et les chaussures (20 000 paires) utilisées par les opéras, le salon Doré et le salon des Bustes, la scène et les coulisses avec leurs machineries pour les effets spéciaux. www.teatrocolon.org.ar

Le Festspielhaus de Bayreuth : Attendre une décennie pour assister à un opéra de Wagner

Officiellement, les billets pour assister à un opéra de Wagner au Festspielhaus, le théâtre de 2000 places que le compositeur a fait construire à Bayreuth pour la représentation exclusive de ses oeuvres, se vendent de 28,50 à 200 euros. Mais ils sont proposés sur eBay à plus de 600 euros et les aficionados sont prêts à payer bien davantage. C'est qu'il faut introduire une demande entre 8 et 10 ans d'avance.

Chaque année, le Festspielhaus inscrit quatre opéras de Wagner à sa programmation, pour un total immuable de 30 représentations entre le 25 juillet et le 30 août (le théâtre fait relâche le reste de l'année). Les 60 000 places de la saison sont théoriquement mises en vente l'automne précédent, mais ce sont les intéressés qui figurent en tête de la liste d'attente qui les obtiennent. Pour conserver sa place sur la liste, il faut renouveler sa demande chaque année.

En 2009, par exemple, on donnera Tristan, Parsifal et la Tétralogie (ou les quatre volets) de l'Anneau des Niebelungen. Pas question pour les «têtes de liste» de choisir la journée ou l'opéra auquel ils veulent assister. Le hasard et la direction du Festspielhaus en décident. Personne ne songerait à rouspéter. Pour un Wagnérien, y être admis représente la consécration d'une vie de mélomane.

Les habitants de Bayreuth, qui n'ont pas nécessairement la fibre wagnérienne, affirment que ces représentations sont des grands-messes. Les fidèles souffrent physiquement pendant les quatre ou cinq heures du cérémonial, car les sièges de bois sont inconfortables: Wagner l'a voulu ainsi, pour empêcher les mélomanes les plus tièdes de s'assoupir.

Lorsque le rideau tombe, le public crie et trépigne. Les applaudissements ne durent jamais moins de 20 minutes. Le record a été enregistré à la fin d'une représentation du Crépuscule des dieux, donnée en 1980 sous la direction de Pierre Boulez, dans une mise en scène de Patrice Chéreau: on a applaudi et trépigné pendant une heure et onze minutes.

Mis à part ses dimensions imposantes, le Festspielhaus est un bâtiment de briques rouges et de calcaire blond agencé sans élégance ni style particulier. À l'intérieur, le bois - pour l'acoustique - remplace les marbres, les velours, les ors et les stucs qui tapissent habituellement les salles des grands opéras du monde. Wagner voulait que le spectacle soit sur la scène, pas dans la salle!

Bayreuth abrite un autre théâtre - l'Opéra des Margrave - autrement plus spectaculaire, quoique plus petit (500 places). Considéré comme un chef-d'oeuvre du baroque allemand, il a servi de décor à plusieurs films, dont Farinelli, qui fit un tabac dans les années 90. Mais c'est le Festspielhaus qui attire les mélomanes du monde entier et le jet set. C'est dans les jardins du théâtre, où le public se répand pendant les entractes d'une heure, qu'on croise des célébrités. Chaque année, la ville de Bayreuth offre plusieurs centaines de billets à des vedettes de la politique et du spectacle. Une question d'image!

On visite: tous les jours de l'année sauf en novembre et pendant le festival. Des visites guidées sont programmées à 10 h, 10 h 45, 14 h 15 et 15 h 45. www.bayreuther-festspiele.de

La Scala de Milan : Controverses en mode allegro virtuoso

L'opéra le plus célèbre du monde a rouvert ses portes en 2004, après trois ans de rénovations. Et il les a rouvertes dans la controverse, ce qui, pour ce théâtre inauguré en 1778, est devenu une vieille habitude.

Cette fois, les critiques ciblaient la tour hélicoïdale greffée sur le bâtiment principal pour abriter les bureaux, les loges des artistes et les salles de répétition. Une tour moderne, conçue par le Suisse Mario Botta (à qui on doit notamment le Musée d'art moderne de San Francisco). Les Milanais qui se baladent sur la place la plus fréquentée de la ville (la piazza dalla Scala) où le théâtre voisine une autre icône architecturale, la galerie Vittorio Emmanuelle II, affirment qu'ils ne reconnaissent pas «leur Scala». Même si la salle et les foyers ont été restaurés en respectant scrupuleusement le modèle original.

À la Scala, les chanteurs les plus célèbres du monde se font régulièrement siffler. Enrico Caruso, Mirella Freni, Maria Callas et Luciano Pavarotti ont goûté à la stridence des sifflets milanais. L'un des plus célèbres ténors de l'heure, le Français Roberto Alagna, s'est fait huer en décembre 2006, pendant une représentation d'Aïda mise en scène par Franco Zeffirelli. Outré, il a quitté la scène et a été remplacé au pied levé par sa doublure, Antonello Palombi, qui est monté sur les planches en jeans et en t-shirt.

En 1845, Verdi avait claqué la porte parce qu'on avait légèrement modifié sa Giovanna d'Arco (Jeanne d'Arc) et il a attendu 30 ans avant de permettre au théâtre d'inscrire un autre de ses opéras au répertoire. Et en 2006, le directeur musical, Ricardo Muti avait démissionné plutôt que de modifier sa programmation pour attirer un public plus jeune.

Le premier ministre italien, Silvio Berlusconi, a perpétué la tradition en annonçant qu'il voulait réduire de moitié l'effectif de 1000 employés à plein temps (la Scala est généreusement subventionnée par l'État et le personnel est très souvent en grève). Son ministre de la Culture, Rocco Buttiglione, a aussitôt démissionné en déclarant qu'il ne voulait pas que l'histoire se souvienne de lui comme de «celui qui a fait mourir la Scala».

Cependant, même les Milanais les plus critiques ne voudraient manquer les soirs de premières. Lors de la réouverture, le 7 décembre 2004, on payait jusqu'à 2000 euros (les billets se vendent normalement entre 10 et 180 euros) pour assister à L'Europa riconosciuta, l'opéra de Salieri donné pour l'inauguration, en août 1778.

On visite: le musée attenant au théâtre, tous les jours de 9 h à 12 h 30 et de 13 h 30 à 17 h 30. La visite du théâtre est incluse dans le prix d'entrée, mais interdite lorsqu'il y a des répétitions. On visite le foyer, l'auditorium, la fosse d'orchestre (surnommée «golfo mystico»), l'arrière-scène et les ateliers. www.teatroallascala.org.

Le Metropolitan Opéra de New York : Le plus connu du monde

Fondé en 1883, le Metropolitan Opera - le «Met» comme on le surnomme familièrement - était situé à l'angle de Broadway et de la 39e Rue. Dès le milieu du XXe siècle, la scène n'était plus assez grande et, surtout, elle n'était pas dotée des équipements adéquats pour monter les productions modernes à grands déploiements.

La compagnie s'allia donc à 10 autres institutions new-yorkaises prestigieuses, parmi lesquelles le New York City Ballet et le New York Philarmonic, pour faire construire le Lincoln Center for Performing Arts, qui fut inauguré en 1966.

Le Lincoln Center est un immense complexe culturel qui occupe six hectares le long de Broadway, entre la 62e et la 68e Rue. Il emploie 8000 personnes et abrite 19 salles qui accueillent près de 5 millions de spectateurs chaque année, dont 800 000 pour la salle de 4000 places du Met.

Deux grandes fresques de Marc Chagall décorent le hall d'entrée et le rideau de scène a la réputation d'être le plus grand du monde. Mais le Met n'a pas le lustre de ces grandes constructions du XIXe siècle que sont le Palais Garnier ou le Teatro Colon, avec leurs marbres de couleurs, leurs stucs et leur or. Ce qui ne l'empêche pas d'être l'opéra le plus connu du monde, surtout grâce à la diffusion radiophonique de ses matinées du samedi, assurée depuis 1931.

On visite: Le Lincoln Center, tous les jours, ce qui inclut la salle du Met, mais pas l'arrière-scène. Coût: 15 $. Des visites guidées de l'arrière-scène sont programmées tous les jours de semaine à 15 h 30 et le dimanche à 10 h 30. Coût: 15 $. www.metoperafamily.org.

 

Autres grands opéras

L'Opéra de Vienne

La Fenice à Venise

Le San Carlo à Naples

Covent Garden à Londres

La Monnaie à Bruxelles

Le Bolchoï à Moscou

 




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