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Fitness: les influenceurs prennent du muscle

Joanna St-Louis... (Photo fournie par Joanna St-Louis)

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Joanna St-Louis

Photo fournie par Joanna St-Louis

Samuel Larochelle

Collaboration spéciale

La Presse

Pendant que l'alimentation santé et toutes ses déclinaisons gagnent en popularité et que les corps aux muscles saillants continuent d'attirer l'attention, les influenceurs dans le domaine du fitness sont plus suivis que jamais.

L'ÈRE DES «PROFESSIONNELS» DE L'ENTRAÎNEMENT

Le sport est le troisième sujet en popularité sur les réseaux sociaux, après la musique et le style de vie, selon Nicolas Bon, fondateur de l'agence Clark influence, qui analyse l'émergence des influenceurs depuis des années. Il n'est donc pas surpris par l'attrait des «professionnels» de l'entraînement qui transmettent trucs, conseils, exercices et extraits de leur mode de vie sur ces plateformes. «On est à l'ère du végane et du concept d'un esprit sain dans un corps sain, dit-il. Les gens ont de plus en plus conscience qu'ils n'ont qu'un seul corps et qu'ils doivent en prendre soin.»

Selon lui, le public cherche sa motivation auprès de personnalités qu'il imagine accessibles. «Les influenceurs renvoient un style de vie auquel les gens ont besoin de croire en s'abonnant à leurs médias sociaux. Ils ont l'impression d'adhérer à un courant de pensée en les suivant, même sans faire de sporT», explique-t-il.

Soulignant que 34 % des internautes québécois suivent au moins un influenceur sportif, le spécialiste croit que les influenceurs fitness sont une réplique aux clubs de sports traditionnels. «Les gyms sont un peu dépassés et les influenceurs ont pris le relais, en partageant leurs conseils et leurs expériences. On peut désormais suivre leurs vidéos et faire du sport chez nous ou en voyage.»

Influenceurs ou créateurs de contenu?

Les principaux concernés ne sont pas tous à l'aise avec le terme «influenceurs». C'est le cas de Marc Fitt, un Montréalais suivi par 4,7 millions de personnes sur Facebook et 1,4 million sur Instagram. «Je trouve ça un peu péjoratif, affirme celui qui s'est lancé dans l'aventure en 2011. Les gens voient ça comme si on devait influencer ou vendre quelque chose à tout prix. Je dirais plutôt que je suis un créateur de contenu sur un sujet qui me fascine. Je suis aussi passionné par les façons de m'optimiser physiquement et mentalement qu'un médecin peut l'être à l'idée de guérir le monde.»

Suivi par un plus petit nombre d'adeptes, le culturiste Steve Cossette voit ses activités sur les médias sociaux comme un passe-temps sérieux.

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Camille Leblanc-Bazinet

PHOTO Tirée de Facebook

«Je ne me vois pas comme un influenceur. Je suis avant tout policier et j'ai décidé de faire ce métier qui demande une discipline. À l'opposé, Instagram est quelque chose d'artistique qui me permet de m'exprimer tout en donnant une image positive au sport.»

Vendre ou inspirer

Plutôt que de multiplier les partenariats avec les marques de vêtements, de produits alimentaires et de suppléments, certains influenceurs préfèrent informer le public en présentant leur mode de vie. «Les gens en marketing savent que les femmes sont prêtes à tout pour perdre du poids et ils construisent leurs campagnes publicitaires en conséquence, explique Joanna St-Louis, entraîneuse personnelle et naturopathe. Mon rôle est de montrer qu'il suffit de faire un premier pas vers l'atteinte de leurs objectifs sans débourser de l'argent ni consacrer beaucoup de temps à l'entraînement. Ce n'est pas grâce à des produits "miraculeux" qu'on réussit à changer ses habitudes.»

Même s'ils ne vendent pas tous des produits, les influenceurs peuvent rentabiliser leur expertise et leur image grâce au commerce en ligne. «C'est le nerf de la guerre pour eux, souligne Nicolas Bon. Les influenceurs peuvent donner 90 % de leur contenu gratuitement, par exemple des vidéos sur comment courir un marathon ou comment entraîner ses abdominaux, et le reste est payant. C'est un modèle d'affaires viable et facile à monétiser. Les influenceurs peuvent gagner leur vie ainsi.»

Marc Fitt est persuadé que l'originalité et l'authenticité font la plus grande différence auprès de la population. «Ma popularité vient du fait que je suis vraiment transparent avec ce que je fais. Les gens voient ma progression et mes rituels au quotidien.»

Cette sincérité dans l'approche vient également avec l'acceptation de ne pas plaire à tout le monde, selon Joanna St-Louis. «Je ne cherche pas désespérément les likes de TOUT le monde. J'essaie d'être la plus humaine possible. Je partage des anecdotes et plusieurs peuvent se reconnaître à travers mes textes. Ça me rend accessible et les gens ont vraiment l'impression de me connaître.»

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Marc Fitt

Photo tirée du compte Instagram @marc_fitt

CINQ INFLUENCEURS QUÉBÉCOIS

Ils sont suivis par des milliers, parfois des millions, de personnes. Qui sont-ils? Voici cinq influenceurs du fitness québécois.

Marc Fitt

Instagram: 1,4 million

Facebook: 4,7 millions

Figurant parmi les influenceurs fitness les plus populaires au monde, Marc Fitt est le chef de file québécois dans le domaine. Âgé de 28 ans, le Montréalais présente son parcours et ses méthodes pour optimiser son état physique et mental. «À travers ça, je consomme des suppléments, j'achète des vêtements et des outils dont je parle après les avoir testés, mais je ne promeus rien auquel je ne crois pas à 100 %.» Il précise que ses collaborations avec des marques sont rares «parce qu'[il ne] croi[t] pas à certains produits», dit-il.

Camille Leblanc-Bazinet

Instagram: 1,3 million

Facebook: 485 000

Championne féminine des CrossFit Games en 2014, la Québécoise jouit d'une popularité indéniable depuis des années. Toujours en action, après une blessure importante qui a freiné sa progression l'année dernière, l'athlète de 30 ans tente d'informer le public sur l'entraînement, la nutrition et la perception de soi. Elle cumule des partenariats avec quelques entreprises de renom, telles Red Bull, Whoop et Reebok. En parallèle de sa participation dans le monde du fitness, elle a récemment terminé ses études en génie chimique à l'Université de Sherbrooke.

Cath Bastien

Instagram: 209 000

Facebook: 112 000

Passionnée de santé et de yoga, l'influenceuse possède des comptes en anglais et en français pour rejoindre ses fans. Évoluant aussi dans l'industrie de la mode en tant que mannequin, Cath Bastien a choisi d'aller au-delà des vidéos sur YouTube et des multiples publications sur Instagram et Facebook en publiant un livre, Le guide de la saine alimentation. Publié en anglais et en français, il détaille 10 commandements à mettre en oeuvre durant 21 jours pour transformer une part de ses habitudes alimentaires. Elle est également la conjointe de Marc Fitt.

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Steve Cossette

PHOTO Tirée de Facebook

Steve Cossette

Instagram: 3155

Le culturiste a commencé en publiant des photos prises dans les vestiaires de son gym pour voir son évolution et pour prouver qu'il est possible de se transformer sans consommer de substances anabolisantes. «Il faut plus de temps pour réussir, ce que beaucoup de jeunes n'aiment pas. Ils veulent des résultats rapides et les abdominaux saillants qui rapportent des likes. Ce ne sont pas de vrais passionnés du culturisme.» Plutôt que de vendre des produits, il fait connaître les résultats de ses efforts. «C'est difficile d'être recruté par des entreprises et il y a beaucoup d'hypocrisie: certaines entreprises de suppléments commanditent des athlètes dopés en faisant croire qu'ils ont atteint ce niveau grâce à leurs produits...»

Joanna St-Louis

Instagram: 13 700

Facebook: 16 000

Entraîneuse personnelle et naturopathe, c'est en répondant à de nombreuses questions de son entourage sur l'entraînement que Joanna St-Louis a noté qu'il y avait un intérêt à ce sujet. «Lire les commentaires de femmes qui me disent que je les motive à changer leurs habitudes de vie, à se sentir belles et en confiance m'a donné envie de continuer à partager du contenu pertinent.» Depuis deux ans, elle accorde une importance accrue à la qualité de ses publications (images, conseils détaillés), en plus d'accepter certains partenariats. «Je suis très sélective. Il est important que je partage des valeurs similaires avec l'entreprise ou que je sois intéressée sincèrement par le produit suggéré.»




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