Quand l'habit ne fait pas le moine

Véronique Boyer, omnipraticienne spécialisée en obstétrique... (Photo Olivier PontBriand, La Presse)

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Véronique Boyer, omnipraticienne spécialisée en obstétrique

Photo Olivier PontBriand, La Presse

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Le jour, ils passent incognito dans leur travail respectif, mais une passion hors du commun les anime, une fois leur quart terminé. Omnipraticienne culturiste, camionneur danseur contemporain, agente de crédit lutteuse, vétérinaire motocycliste Enduro: ces quatre personnes vous surprendront.

Véronique Boyer: médecin - culturiste

- 32 ans

- Omnipraticienne spécialisée en obstétrique 

- Culturiste

Médecin depuis maintenant cinq ans, Véronique Boyer a toujours su que l'obstétrique était la spécialisation dans laquelle elle voulait travailler. Parallèlement à ses études et à son travail, Véronique a toujours été très sportive. 

Pendant quatre ans, elle baigne dans l'univers du CrossFit, un sport qu'elle adore, notamment pour les compétitions de groupe. Elle aime aussi voir son corps se développer et constater l'augmentation de ses capacités musculaires. Toujours à la recherche de nouveaux objectifs personnels, elle constate toutefois ses limites dans le CrossFit. Puis, elle rencontre un jour une entraîneuse de culturisme qui lui parle de cette discipline.

«Ce qui m'a fait adhérer au culturisme est ma rencontre avec une entraîneuse dont j'aimais vraiment la façon de penser, raconte Véronique Boyer. Le fitness peut parfois prendre des tangentes malsaines, surtout dans la prise de suppléments plus ou moins légaux et pas très bons pour la santé. Étant médecin, évidemment, je voulais me tenir loin de ça, et cette entraîneuse avait la même approche que moi, c'est-à-dire celle de procéder de la façon la plus naturelle possible, sans mettre en péril le fonctionnement hormonal du corps.»

Véronique Boyer, culturiste... (Photo Dave Paul, fournie par Véronique Boyer) - image 2.0

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Véronique Boyer, culturiste

Photo Dave Paul, fournie par Véronique Boyer

Elle participe donc à une première compétition et se classe deuxième dans sa catégorie (fitness model). Cet excellent résultat la motive et confirme sa passion pour sa nouvelle activité. Elle a pris part à sa deuxième compétition en juin dernier et a terminé au troisième rang. Elle planifie déjà sa prochaine participation. 

Le choix du culturisme comme passion ne semble pas nuire à sa carrière d'obstétricienne.

«Tout le personnel à l'hôpital le sait, mais je ne crois pas que ce soit mal vu. Je n'ai jamais eu de commentaires négatifs. Au contraire, les gens sont curieux, ils posent des questions.»

«J'y vois même un certain avantage: comme je travaille avec des patientes de mon âge, plusieurs sont sportives et se soucient de leur corps, et je pense qu'elles apprécient avoir une docteure qui leur ressemble. Certaines font même le choix de venir vers moi justement parce que je peux les conseiller. Je suis en train de développer une sorte de spécialisation dans ma clientèle malgré moi.» 

Pour ce qui est de l'éthique exigée par sa profession, l'obstétricienne s'assure d'être respectée en tout temps. Si beaucoup de séances de photos professionnelles donnent des résultats parfois osés, Véronique Boyer sélectionne rigoureusement les clichés qui seront rendus publics. Jamais elle ne perd de vue qu'elle est avant tout une médecin professionnelle et que le culturisme vient en deuxième.

Benjamin Goupil, camionneur... (Photo François Roy, La Presse) - image 3.0

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Benjamin Goupil, camionneur

Photo François Roy, La Presse

Benjamin Goupil: camionneur - danseur

- 27 ans 

- Camionneur 

- Danseur contemporain

Après avoir fait un diplôme d'études professionnelles en camionnage, Benjamin Goupil a trouvé un emploi qu'il détient maintenant depuis cinq ans. Ce n'est pas une profession facile, mais il aime l'indépendance qu'elle lui apporte et la possibilité de ne pas travailler dans un bureau. 

Toutefois, il compte changer de domaine sous peu. Et ses patrons sont au courant. Il a d'ailleurs été engagé comme étudiant, avec un horaire réduit, ce qui lui laisse amplement de temps pour se consacrer à sa passion: la danse contemporaine. «Tout a commencé par un "T'es pas game" que m'ont lancé mes collègues au café étudiant du cégep. Il manquait des garçons dans la troupe de danse. Comme je suis le genre de gars qui aime ressortir du lot, je suis allé l'essayer et j'ai vraiment aimé ça!», s'étonne lui-même le camionneur. 

Cela fait maintenant quatre ans que Benjamin pratique la danse, une passion qui l'anime au point de vouloir en faire une carrière. «J'ai étudié au cégep en génie mécanique, mais j'ai réalisé que je n'étais pas vraiment passionné, alors j'ai lâché. Ensuite, j'ai essayé les sciences humaines, mais même chose, je n'aimais pas assez ça, j'ai lâché. Mais la danse, je me vois réellement faire ça, ça me passionne vraiment», explique celui qui tente maintenant de faire son entrée dans les programmes de danse de l'UQAM et de Concordia.

Benjamin Goupil, danseur contemporain... (Photo fournie par Benjamin Goupil) - image 4.0

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Benjamin Goupil, danseur contemporain

Photo fournie par Benjamin Goupil

Dans le passé, Benjamin a fait de l'improvisation théâtrale, qu'il dit retrouver dans la danse, en plus de la liberté d'interprétation, de la créativité et d'une implication physique qu'il apprécie.

«C'est clair que je n'ai pas le corps de l'emploi. Aux auditions, je vois juste des gars grands, élancés et découpés. Moi, je suis un 5 pi 10 avec bedaine et barbe. Ça ne passe pas partout, mais certains aiment ça.»

«Quand j'arrive sur scène, ça détonne. Parfois, les gens ne sont pas sûrs que je fais vraiment partie du show, mais finalement, ils voient que je sais danser. Donc je pense qu'au bout du compte, ça joue en ma faveur», indique-t-il.

Benjamin est loin d'être la risée des camionneurs en raison de sa passion. Même qu'il ne se gêne pas pour poser des affiches de ses spectacles à venir dans le bureau des employés. «Mes collègues trouvent ça drôle. Il y en a un qui est venu voir mon dernier spectacle. Il dit qu'il ne ferait jamais ça personnellement, mais il respecte ça. Il a trouvé ça intéressant.»

Karine Brouillard, agente de crédit... (Photo Martin Chamberland, La Presse) - image 5.0

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Karine Brouillard, agente de crédit

Photo Martin Chamberland, La Presse

Karine Brouillard: agente de crédit - lutteuse

- 40 ans 

- Agente de crédit 

- Lutteuse

Karine Brouillard travaille comme agente de crédit depuis plusieurs années. Elle assiste à ses premiers galas de lutte pour encourager une amie, puis, à force de côtoyer ce milieu, son intérêt pour la discipline grandit peu à peu et elle se fait offrir de participer aux prochains entraînements. 

Elle se lance, enthousiaste de prendre part elle aussi aux spectacles, et constate que sa carrure est avantageuse pour ce sport. C'est ainsi que naît Bettie Rage, le personnage de lutte de Karine, qu'elle fait évoluer quelques années, surtout sur la scène québécoise. Comme elle a fait son entrée dans le monde de la lutte sur le tard, à l'âge de 34 ans, elle ne songe pas à pousser plus loin sa discipline, qui ne l'occupe que comme passe-temps. 

Au bureau, sa passion passe presque inaperçue. «Les gens ne posaient pas trop de questions. C'est une discipline un peu obscure. Les gens connaissent les clichés de la lutte, comme Hulk Hogan, et ce qu'on voit à la télévision, mais ils savent peu de choses sur la lutte indépendante, souligne-t-elle. Par contre, les gens qui me connaissent bien et qui comprenaient ce que je faisais trouvaient ça bien normal venant de moi.»

Karine Brouillard, lutteuse... (Photo fournie par Karine Brouillard) - image 6.0

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Karine Brouillard, lutteuse

Photo fournie par Karine Brouillard

Celle qui se décrit comme une fille exubérante embrasse toutes les facettes de la lutte.

«Ce que j'aime, c'est carrément faire le show et l'adrénaline que ça me donne. Je jouais une méchante, alors les gens me détestaient pendant que j'étais dans le ring. Mais après le show, ils venaient me remercier pour ce que je leur avais fait vivre.»

«Ça me plaisait vraiment d'être sur une scène, surélevée, et de devoir divertir les gens», revit-elle, un brin nostalgique. 

Se donner autant au public vient toutefois avec son lot de risques. «Une chance qu'il existe de beaux petits produits miracles pour cacher les bobos. Des yeux au beurre noir, j'en ai eu! J'ai mis bien du fond de teint, sinon des manches longues pour camoufler des bleus que j'avais», admet-elle. Si elle parle de la lutte au passé, c'est qu'une commotion cérébrale a mis un terme à la carrière de Bettie Rage. Karine a même dû arrêter de travailler durant plus de trois mois, ce qui lui a fait voir les risques associés à sa discipline. Elle a donc trouvé un autre moyen de «performer» tout en mettant à profit sa force physique: l'haltérophilie, qui lui permet de participer à de nombreuses compétitions.

Brigitte Lacombe, vétérinaire... (Photo David Boily, La Presse) - image 7.0

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Brigitte Lacombe, vétérinaire

Photo David Boily, La Presse

Brigitte Lacombe: vétérinaire - motocycliste

- 51 ans 

- Vétérinaire 

- Motocycliste Enduro

Au premier coup d'oeil, personne ne pourrait se douter que Brigitte Lacombe carbure aux moteurs et à la boue. Propriétaire de sa clinique vétérinaire et mère célibataire de deux enfants de 9 et 11 ans, elle trouve malgré tout le temps de pratiquer la course à moto de type Enduro et de participer à de nombreux rallyes-raids, sa nouvelle passion. 

Brigitte a toujours été active, énergique et aventurière. À 20 ans, elle possède une moto, mais après un accident, elle la met de côté indéfiniment. Puis, à l'âge de 47 ans, un ami l'invite à faire une balade sur sa moto. Il n'en faut pas plus pour raviver la flamme. Au même moment, alors qu'elle est à la recherche d'un projet pour ses 50 ans, elle entend parler du Trophée Rose des sables. Elle s'inscrit et, contre toute attente, l'emporte dans sa catégorie. 

Naviguer et courir en moto dans des conditions extrêmes procure à Brigitte un sentiment qu'elle ne retrouve nulle part ailleurs.

Brigitte Lacombe, motocycliste Enduro... (Photo fournie par Brigitte Lacombe) - image 8.0

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Brigitte Lacombe, motocycliste Enduro

Photo fournie par Brigitte Lacombe

«Des courses d'Enduro dans de la boue et des roches, c'est très technique, mais c'est aussi très psychologique. Tu te retrouves souvent toute seule dans des situations pas possibles. Donc, quand tu réussis à te sortir de là, tu es vraiment très fière. Je sais que je peux encore m'améliorer dans ma discipline, alors ça me motive vraiment à en faire plus.» 

Après plusieurs courses, dont une en Grèce, ainsi qu'une au Mexique en avril dernier où elle était la seule femme du continent à y participer, elle caresse le rêve de participer au Rallye Dakar. Ses bonnes performances au cours des dernières courses ont permis à Brigitte de trouver quelques commanditaires et d'obtenir une certaine visibilité dans les journaux, à la grande surprise de certains clients de sa clinique. 

«Ce que j'entends le plus souvent, c'est des gens me dire: "Je n'aurais jamais pensé ça de vous!" Dans mes activités, j'ai toujours été un petit gars manqué sur les bords, mais j'ai un look assez féminin, alors ça surprend les gens que je fasse de la moto comme ça. Même moi, je ne sais pas d'où ça me vient, cette passion. Probablement parce que je suis une fille hyper intense dans tout. Mon travail, mes enfants... Et la moto, ça me permet tellement de décrocher! Quand je reviens d'une course, je suis boostée pour une couple de mois. Je me sens vraiment vivante quand je fais ça», dit Brigitte.




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