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Ce qu'aiment les Blancs d'Afrique

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Le journaliste et auteur Hagen Engler a repris la moitié de l'original Stuff White People Like et ajouté 50% d'éléments de la culture sud-africaine.

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(Le Cap, Afrique du Sud) Charlize Theron. Le thé roobois. Sugarman Rodriguez. Nelson Mandela. Cape Town. L'expression «ubuntu». Menacer d'émigrer outre-mer. La protectrice du citoyen Thuli Madonsela... En vrac, ce sont quelques-uns des 167 «éléments essentiels» de la culture bourgeoise-bohème répertoriés dans Stuff South African White People LikeLes trucs qu'aiment les Blancs d'Afrique du Sud»), du journaliste et auteur Hagen Engler.

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Le livre satirique de Hagen Engler, Stuff South African White People Like, a suscité une petite controverse dans la société sud-africaine encore marquée par la ségrégation raciale.

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En entrevue avec La Presse, Hagen Engler, un Sud-Africain blanc de 43 ans, s'amuse de la petite controverse que suscite son livre, paru au début de juillet.

«Bien entendu, il s'agit d'une liste satirique à ne pas du tout prendre au sérieux. Je me suis inspiré de l'oeuvre de Christian Lander (auteur de la version originale américaine Stuff White People Like), qui se moquait de ces hipsters prêts à tout pour être politiquement corrects», explique Hagen Engler, qui, à l'issue d'une analyse nullement scientifique, est arrivé à la conclusion que ses compatriotes blancs ont plusieurs affinités culturelles avec les citoyens caucasiens du monde (le café, les sushis, les festivals de films, le recyclage, avoir des amis noirs...).

Engler a d'ailleurs repris la moitié de l'original Stuff White People Like et ajouté 50% d'éléments de la culture sud-africaine: le braai (barbecue) le biltong (viande séchée), la bouffe de chez Woolworth, DJ Fresh... «Cape Town est la capitale des Blancs hipsters et des touristes caucasiens, qui raffolent de Camps Bay et de Kloof Street. Par contre, dans les environs de Jo'Burg et de Pretoria, vous trouverez plutôt le stéréotype du Blanc sud-africain col bleu, qui s'identifie à la classe ouvrière et ne se rend pas compte qu'il appartient au camp des privilégiés.»

Sujet sensible

Publié en 2008, le satirique Stuff White People Like a fait sourire ironiquement près de 100 millions d'internautes qui ont consulté le site consacré aux préférences culturelles des Blancs d'Amérique du Nord.

Or, dans la société sud-africaine, meurtrie par la ségrégation raciale et les disparités sociales, où les résidences cossues des quartiers blancs sont protégées par des clôtures et des barbelés, plusieurs ont encore l'épiderme sensible quand il est question de faire des distinctions culturelles selon la couleur de la peau. Même si c'est de l'ancien oppresseur qu'on se paie gentiment la tête.

«J'ai reçu plusieurs commentaires de gens outrés par mon livre. Il a fallu que je précise mon intention de rire de nous-mêmes, dans un esprit de pur divertissement», souligne Hagen Engler, qui vit à Johannesburg et dont le précédent ouvrage s'intitule Marrying Black Girls for Guys who aren't Black. Essai autobiographique? Tout à fait, répond Engler, qui a épousé une Noire, ce qui aurait été illégal à l'époque de l'apartheid.

Confronter les réflexes racistes inconscients

«Cette expérience m'a offert une nouvelle perspective sur ma propre culture en me confrontant à mes réflexes racistes inconscients», dit Hagen Engler, qui estime que les Blancs sud-africains ont quand même évolué depuis 20 ans. Or, il doute que «les Blancs aient assez donné pour bâtir une Afrique du Sud plus égalitaire». «Tout comme les alcooliques, qui dans un premier temps doivent accepter qu'ils ont un problème, le premier pas vers la guérison est d'accepter qu'on est peut-être inconsciemment raciste.»

Pour la réhabilitation de leur mentalité, les Blancs peuvent remercier Madiba, «saint patron» de l'Afrique du Sud, qui remplace Barack Obama dans la version sud-africaine de Stuff White People Like... «Certains le voient comme un défenseur de la liberté, d'autres comme un pacifiste réconciliateur et d'autres encore comme un philosophe qui a inspiré des milliers de citations profondes sur Facebook», ironise Hagen Engler.

Qu'y a-t-il d'autre dans la liste de ce qui plaît aux Blancs sud-africains? Charlize Theron («elle est de Benoni!»), le yoga («parce que c'est exotique et étranger»), adopter des enfants noirs, les vuvuzelas, l'escalade... La cause des rhinocéros menacés par le braconnage asiatique (no 141) se distingue aussi comme un élément essentiel de l'identité blanche sud-africaine. Tout comme la bière artisanale (no 23), que les Blancs sud-africains affectionnent pour trinquer, préférablement sur une terrasse de Camps Bay, à la santé de Madiba...




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