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Réfléchir avant de tweeter pour contrer l'homophobie

Sur le site NoHomophobes.com, les tweets défilent à une vitesse vertigineuse.... (PHOTO KACPER PEMPEL, REUTERS)

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PHOTO KACPER PEMPEL, REUTERS

Sur le site NoHomophobes.com, les tweets défilent à une vitesse vertigineuse. «No homo», «so gay», «dyke»... Depuis que la plateforme recense en temps réel l'usage de certains termes homophobes dans la twittosphère, le mot «faggot» («tapette» en français) a été utilisé à lui seul plus de 26 millions de fois en deux ans.

Consterné par les résultats de recherches menées au Canada, aux États-Unis et au Royaume-Uni qui montrent que 70 % des LGBT (lesbiennes, gais, bisexuels-les, et transsexuels-les) entendent l'expression «c'est tellement gai» dans leur quotidien, l'instigateur du projet, le Dr Kristopher Wells, a voulu «sortir ces mots du placard» en lançant la plateforme, a-t-il expliqué à La Presse.

Le Dr Wells, qui dirige l'Institut des études et services aux minorités sexuelles de l'Université de l'Alberta, croit qu'il est grand temps d'engager la conversation sur l'usage de termes homophobes afin d'opérer un changement culturel, en particulier dans les écoles et le monde du sport, «derniers bastions de l'homophobie». Un sujet qu'il abordera d'ailleurs avec plusieurs acteurs du milieu éducatif au congrès 2014 de la Fédération des sciences humaines, qui se tient jusqu'à vendredi à St. Catharines, en Ontario.

ÉRADIQUER «L'HOMOPHOBIE DE CIRCONSTANCE»

Pour atteindre les jeunes, victimes les plus vulnérables des attaques verbales liées à l'orientation sexuelle, cibler les médias sociaux semblait tout naturel. «On voulait toucher les jeunes là où ils vivent», dit le Dr Wells, et utiliser les médias sociaux à de bonnes fins puisque c'est là qu'ils sont le plus souvent victimes d'intimidation.

Il souligne toutefois que les élèves ne sont pas les seuls à utiliser un langage à connotation homophobe dans les écoles. Certains professeurs en font même eux aussi usage ou ne réagissent pas à leur utilisation, ce qui équivaut à cautionner de tels propos.

La solution ? Le Dr Wells mise sur l'éducation comme meilleur outil pour attirer l'attention sur ces mots qui sont utilisés sans réfléchir et mettre fin à ce qu'il surnomme l'homophobie «de circonstance» («casual homophobia»).

«"Faggot" est un mot agressif, mais les gens croient qu'il est acceptable de l'utiliser. Nous devons traiter les propos homophobes de la même façon qu'on le ferait avec des paroles sexistes ou racistes.»

Le Dr Kristopher Wells

Le site NoHomophobes.com propose aux internautes d'utiliser le mot-clic  (hashtag) #NoHomophobes pour montrer leur soutien à la cause et cesser de se taire devant l'utilisation de mots offensants.

Pour l'instant, il n'existe pas de site similaire en français, mais la fondation qui est derrière le site Homophobie.org s'est montrée intéressée à entreprendre une telle initiative au Québec, a ajouté le Dr Wells.

L'institut des études et services aux minorités sexuelles de l'Université de l'Alberta s'est entre-temps allié avec le projet américain You Can Play, qui vise à assurer l'égalité et la sécurité des athlètes de toutes les orientations sexuelles dans la communauté sportive, où la présence d'athlètes LGBT est encore très discrète.




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