À la télé, sur les podiums des défilés de mode ou dans le monde de la musique, le rétro a la cote. Nostalgie pour une époque où personne ne craignait la crise? Où tout le monde savait qui étaient les bons et les méchants? Peu importe, les raisons, le trio Les Chiclettes a décidé de surfer sans remords sur cette vague, histoire de toucher d'un coup des générations de spectateurs. Discussion.

Elles ne sont pas tout à fait franco-ontariennes, même si elles roulent leur bosse en français entre Ottawa, Sudbury et la Saskatchewan. Elles sont venues au monde pendant l'époque du disco, mais ont composé un spectacle dans le style Andrews Sisters, inspirées par Frank Sinatra et autres étoiles des années 40. Nathalie Nadon, Geneviève Cholette et Julie Kim - alias Les Chiclettes - sont en ville, le temps d'un tour de piste au Lion d'Or.

Pour ces trois nanas coquettes jusqu'au bout des ongles, qui chantent et dansent en tenues «fifties» et ont fait leurs classes sur les scènes de cabaret torontoises, il allait de soi de camper le récit de leurs héroïnes De Wawa à New York City, pendant la fin de la Seconde Guerre mondiale.

«Il y a plusieurs références à Alice Roby, à la guerre. Cette époque correspondait bien avec le type d'harmonies qu'on aime, le swing, les looks, les chorégraphies», explique Geneviève Cholette, qui défend le rôle de Vivi, une «étourdie au grand coeur».

À l'heure des collections de designers inspirées par Mad Men et d'un enthousiasme certain pour les années 60 (Pan Am et compagnie), les trois artistes multidisciplinaires - Nathalie est surtout comédienne, Geneviève vient du milieu de la danse et Julie Kim a une formation musicale - profitent, de leur propre aveu, d'un engouement pour des sonorités swing et rétro. «Notre musique plaît autant à des gens de la génération de mes grands-parents, qui se sont rencontrés sur la musique swing, qu'à des plus jeunes qui écoutent Michael Bublé ou Diana Krall. C'est un style amusant qui plaît à tout le monde», affirme Geneviève Cholette.

Swinguer en français

Contrairement aux personnages de leur cabaret humoristique qui partent de leur Wawa natal pour tenter leur chance au pays de l'Oncle Sam, les trois Chiclettes sont en fait des natives du Québec. Or, la vie les ayant menées à étudier et travailler en Ontario, elles ont décidé de tenter leur chance dans la communauté francophone hors Québec.

«En travaillant en français dans une province anglo, on est un gros poisson dans un petit étang», illustre Nathalie Nadon, qui jure que le milieu culturel franco-ontarien recèle beaucoup de talents. Les Chiclettes qui, depuis le début de leur tournée canadienne en début d'année, se sont déhanchées sur les scènes francophones de l'Ontario et de la Saskatchewan, s'apprêtent ainsi à déployer leurs ailes au Nouveau-Brunswick et rentrent d'une tournée en France.

Leur répertoire: un mélange de chansons originales et de standards américains qu'elles ont adaptés et intégrés dans leurs saynètes inspirées du théâtre de variétés. Et d'où vient ce nom, «Chiclettes» ? «On cherchait un nom finissant en «ette», qui fonctionnerait autant en anglais qu'en français. On répond souvent que nous sommes aussi colorées que la gomme Chiclets, mais que notre goût dure plus longtemps», résume Nathalie Jodoin.

Le spectacle des Chiclettes, De Wawa à New York, au Lion d'Or, ce soir à 20h.