Martin Larocque, 40 ans, comédien et père de trois enfants (12, 10 et 7 ans).

Silvia Galipeau LA PRESSE

> Il a commencé à écrire des chroniques dans Enfants Québec («Maman Québec», dit-il à la blague) il y a six ans, après cette mûre réflexion: «Calvaire, sont où les pères!»

> Depuis, il a publié deux livres et planche sur des capsules web style «père indigne», inspirées de ces mêmes chroniques, pour Canal Vie.

 

Quand Enfants Québec l'a joint il y a six ans, il n'a pas hésité: «Ça m'a piqué dans le vif de mon orgueil», se souvient le comédien. Pourtant, la plume, pour lui, était loin d'être un naturel. «Je n'aimais pas écrire, mais je me suis vite rendu compte que j'avais des choses à dire. Pas sur LA paternité, mais sur MA paternité.» Nuance.

Fait cocasse, après ses premières ébauches de chroniques, la rédaction lui renvoyait systématiquement ses textes, bourrés de corrections. Même sa conjointe avouait ne pas tout comprendre. «Elle me lisait et me disait qu'elle n'était pas d'accord.» Il n'a pas attendu pour mettre les points sur les i: «Écoutez, on va s'entendre: peut-être que mes mots sont nouveaux, mais moi, je m'adresse aux pères!»

C'est que, selon lui, il existe une manière fondamentalement différente pour le père de voir la vie de famille. Plus détachée, moins catastrophée que la mère. C'est le classique «vas-y, grimpe dans l'arbre», tandis que la mère, elle, prévient, «attention mon chéri, tu vas te faire mal».

En prime, il y a aussi dans «le débordement», dans le côté un poil «dépassé» du père un élément humoristique unique à la paternité. «En tout cas, ça me semble plus rigolo dans la bouche des pères» (même si Caroline Allard, alias Mère indigne, «nous a prouvé le contraire»). D'où l'intérêt d'écrire des chronique sur la paternité, résume-t-il.

Son but? En finir avec la présomption d'incompétence qu'ont encore trop de mères. «Moi, j'ai une présomption de compétence, dit-il. Sauf que nos compétences sont différentes.» Et tout simplement offrir à ses lecteurs «une pause»: «Je veux juste avoir du fun! J'haïs le drame, dit-il. J'ai du fun à être père. Et même si mes enfants m'irritent beaucoup, même si je me suis découvert un côté colérique, dans l'ensemble, j'ai beaucoup de fun!»

Un plaisir malheureusement trop absent des discours, croit-il. «Il n'y a pas assez d'humour dans les réflexions sur la paternité. En fait, il manque d'humour dans tout, dans la religion, l'amour, le sexe, même dans la conciliation famille-travail, il manque d'humour.» Et lui, c'est clair, il compte bien y remédier.

La chronique Au nom du père, signée Martin Larocque, est publiée chaque mois dans Enfants Québec.