Antoine, 33 ans, père de deux enfants (6 et 4 ans), bientôt trois. Aussi connu sous le nom Le père blogue.

Silvia Galipeau LA PRESSE

> Il blogue parce qu'il a quelque chose à dire. Et parce que personne d'autre ne le dit. Comme lui, aux gars.

> Il lit Ricardo («Parce qu'il fait à manger, et qu'il est super sweet») et Contrat de gars («Parce que c'est complètement l'inverse, mâle et primitif»), et rêverait de voir Martin Larocque animer une émission de Super Daddy, sauce québécoise.

 

Antoine, alias Le père blogue, tient son blogue depuis le 7 janvier. Il souhaite garder l'anonymat, parce qu'il blogue «sans filtre et sans filet». En toute liberté, il raconte le quotidien de sa petite famille, parfois le plus secret. Et il se doute bien qu'à 17 ans, son garçon ne sera pas nécessairement heureux de voir ainsi sa vie privée étalée au grand jour. D'où l'anonymat. «Quoi, t'as écrit qu'à 6 ans j'avais une amie bisou que j'embrassais dans les toilettes?»

Pourquoi bloguer paternité, donc? «Ça faisait un petit bout de temps que j'avais envie d'avoir un blogue, répond-il. Et la famille, c'est LE sujet de conversation. On ne parle que de ça!»

Baignant là-dedans, il a été attiré par tout ce qui s'écrivait sur la question. Et c'est là qu'il a noté un vide. La plupart des écrits s'adressent aux futurs pères, ou bien aux deux parents, équitablement. Rien, ou presque, pour les papas exclusivement. «Du coup l'orgueil, la fibre mâle, tout ça est enterré.» Et pourtant, Dieu sait si c'est important, dit-il. Il se souvient encore de la première fois où il a eu envie, très envie, d'aller à la taverne. Entre gars. Comme dans le temps du célibat. «Je me suis senti super mal, dit-il. Je voulais tellement en faire que j'ai oublié que moi aussi, j'avais des besoins! Mais personne ne me l'a dit!»

D'où son blogue, donc, pour dire enfin aux gars: «Prends ta place, parce que sinon, personne ne va te la faire.» Et la place du gars, quelle est-elle? Résolument multiple, répond le père blogue, qui se dit tantôt rose, tantôt grognon, qui lave les toilettes, s'épile le torse (ou du moins y pense), mais roule en pick-up. «Mais c'est tout ça, un gars! Alors moi, je dis aux pères: si tu juges que ce soir, ton gars peut se coucher plus tard, regarder la deuxième période, tu peux. T'as pas besoin de te justifier.» En un mot: «Suis ton instinct!»

Le père blogue www.lepereblogue.com

Lire le billet d'introduction du blogue d'Antoine sur www.lepereblogue.com