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Des amours précoces

Montréal est la région la moins favorable aux... (Photothèque, La Presse)

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Montréal est la région la moins favorable aux amourettes d'adolescents.

Photothèque, La Presse

Plus de la moitié des élèves de 1re secondaire ont déjà eu une relation amoureuse «assez intime», selon une étude de l'Institut de la statistique du Québec. La proportion dépasse même les deux tiers dans certaines régions.

Montréal, par contre, n'est pas favorable aux amourettes préadolescentes. La métropole a le taux le plus bas de la province de relations amoureuses en 1re secondaire, soit 54%. Cela est probablement dû aux moeurs plus strictes des communautés ethniques nouvellement arrivées, selon Francine Descarries, sociologue à l'UQAM.

«Je suis très surprise des résultats», dit Mme Descarries, à qui La Presse a demandé de commenter les résultats. «Être capable de parler de relation intime à 12 ans, c'est très précoce. On a longtemps essayé de favoriser l'amitié entre garçons et filles pour ne pas qu'ils évoluent dans des mondes séparés, mais il semble que ce qui domine, c'est l'idée de l'amour. C'est une idée d'adulte appliquée à une réalité d'enfant.»

Avant la sixième année

Même en excluant les amourettes de garderie et du début de primaire, un bon tiers des élèves de 1re secondaire ont déjà eu des «relations amoureuses intimes» : 60% des élèves en ont déjà eu une, dont 43% dans la dernière année - c'est-à-dire entre la moitié de la 6e et le moment de l'enquête. En considérant que ce dernier groupe avait alors eu leur baptême de l'amour, 17% des enfants ont une «relation amoureuse intime» avant la 6e année.

En règle générale, les garçons étaient plus précoces que les filles, mais celles-ci les dépassaient en cours de secondaire, selon l'enquête, la première du genre, qui a été faite en 2010-2011 et publiée en 2012. En 1re secondaire, 46% des garçons et 40% des filles déclaraient avoir eu une «relation amoureuse intime» dans la dernière année. Ces taux passaient à 57% pour les garçons et 66% pour les filles en 5e secondaire. Dans certaines régions, les différences sont particulièrement importantes. Dans le Grand Nord, par exemple, 65% des filles de 5e secondaire et 79% des garçons déclarent avoir eu une «relation amoureuse intime» dans la dernière année.

Mme Descarries relie ces données au phénomène des relations sexuelles d'un soir (hook up). «En 3e secondaire, la majorité des filles ont déjà eu une relation sexuelle, même si elles sont toujours vierges. C'est inquiétant de voir que les jeunes cherchent autant l'intimité même s'ils n'ont pas la maturité pour la vivre. Ça mène à une intimité physique trop précoce. Les adultes projettent leur vie sur les enfants. On en voit demander dès la garderie ''Toi, est-ce que tu as un petit amoureux?''»

La question

Voici la question qui était posée par l'étude. «Es-tu déjà sorti(e) avec un garçon ou une fille? Sortir avec un garçon ou une fille, c'est passer des moments assez intimes avec lui ou elle. Cette relation peut n'avoir duré qu'une soirée ou plusieurs semaines, mois ou années.»

Les relations amoureuses au secondaire

Proportion des élèves qui ont eu au moins une Relation amoureuse dans les 12 derniers mois, pour tout le Québec.
AnnéeGARÇONSFILLES
1re secondaire 
46%40%
2e secondaire
44% 47%
3e secondaire 
48%52%
4e secondaire
53% 60%
5e secondaire 
57%66%
Source: ISQ, 2011



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