L'Académie nationale de chirurgie met en garde contre les demandes pressantes de chirurgie du pénis qui peuvent être superflues et non dénuées de risque.

«Le sentiment d'un pénis de taille insuffisante est pour l'homme source d'anxiété ou de souffrance psychologique», rappelle cette institution savante face à la demande «souvent pressante» d'une chirurgie correctrice.

L'académie entend en effet «sensibiliser le public à l'inutilité et au risque de toute chirurgie sur un pénis de dimension normale et physiologiquement actif», écrit-elle dans un avis.

Elle y indique en note une longueur «moyenne» au repos de l'organe masculin (9 à 9,5 centimètres ou cms) et en érection (12,8 à 14,5 cms) ainsi qu'une valeur moyenne de sa circonférence au repos (8,5 à 9 cms) et en érection (10 à 10,5 cms).

Aucune décision opératoire ne doit être prise sans l'avis motivé d'un psychiatre spécialisé, précise l'académie.

«Dans tous les cas où le pénis est dans des dimensions normales tant en longueur qu'en circonférence, la demande du patient est plus liée à l'image qu'à la fonction». Pourtant, au regard des publications médicales sur le sujet «aucune intervention ne peut être recommandée».

En effet, les nombreuses techniques d'allongement (avec section du ligament suspenseur du pénis) ont des «résultats limités et un risque certain de complications en particulier au niveau de l'érection».

«Les implantations de matériaux variés (silicone, vaseline...) doivent être proscrites» tandis que les augmentations de calibre du pénis par injections de graisse provenant du patient qui visent un «effet cosmétique sur la verge flaccide ont un résultat inconstant et passager, à cause la réabsorption de la graisse», soutient-elle.

En revanche, l'indication d'interventions, dans des centres experts, en cas de micropénis congénital dans le cadre de malformations néo-natales ou consécutives à un cancer de la verge ou encore à un traumatisme est «tout à fait licite».

«Le futur opéré doit cependant être prévenu que les résultats de cette chirurgie sont inconstants et que le taux de complications est élevé», note-t-elle.