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Mener la «guerre» aux sodas comme celle contre le tabac

Outre la prise de poids et l'obésité, la... (Photo Digital/Thinkstock)

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Outre la prise de poids et l'obésité, la forte consommation de ces boissons à sucres ajoutés (sodas, boissons énergétiques, jus de fruits à sucres ajoutés) est la cause directe de maladies graves, disent les experts.

Photo Digital/Thinkstock

Fabienne FAUR
Agence France-Presse
WASHINGTON

La «guerre» contre les sodas, qui entraînent obésité et maladies graves, doit être menée comme celle contre le tabagisme: avec des avertissements sur les emballages et des taxes.

Ce sont quelques-unes des solutions préconisées par des experts réunis cette semaine à Washington dans un «Sommet sur les sodas», souvent considérés comme parmi les principaux responsables de l'obésité qui frappe les Américains.

Pour Harold Goldstein, l'un des nombreux médecins, consommateurs ou experts réunis par l'association de consommateurs Center for Science in the Public Interest (CSPI), «il s'agit de dire la vérité sur ces produits et laisser le consommateur décider».

«Les avertissements sur les paquets de cigarettes ont montré qu'ils étaient efficaces, et cela impulse un mouvement», explique ce militant associatif antimalbouffe (CCPHA) de Californie, en présentant un projet de loi qui impose un avertissement sur les étiquettes des boissons à sucres ajoutés.

Le texte, voté fin mai par le Sénat de Californie et qui n'attend plus que la signature de son gouverneur, ferait de cet État de l'ouest des États-Unis le premier à imposer ce type d'avertissement.

«Consommer des boissons avec des sucres ajoutés contribue à l'obésité, le diabète et les caries dentaires», pourrait-on bientôt lire sur les étiquettes dans cet État.

«Une fois que le consommateur a l'information, il peut aller plus loin», a assuré M. Goldstein en estimant, comme tous les experts présents, que la lutte contre la consommation de boissons trop sucrées demande de multiples approches.

«166 litres par an»

Le congrès, deuxième sommet organisé par le CSPI sur ce thème, a ainsi rappelé que la ville de New York était retournée mercredi en appel pour pouvoir limiter à 47 centilitres les boissons sucrées individuelles offertes dans les restaurants ou les cinémas.

La Représentante démocrate Rosa DeLauro a affirmé pour sa part, par vidéo interposée, qu'une taxe nationale sur ces boissons allait être proposée au Congrès. «Quand une bouteille de cola de deux litres est vendue 99 cents et que des myrtilles valent plus de trois dollars, c'est que quelque chose ne va pas», a-t-elle lancé aux congressistes.

Outre la prise de poids et l'obésité, la forte consommation de ces boissons à sucres ajoutés (sodas, boissons énergétiques, jus de fruits à sucres ajoutés) est la cause directe de maladies graves, disent les experts.

Ainsi, Kimber Stanhope, biologiste de l'université de Californie, a montré comment ces sucres entraînent directement un engraissement du foie qui conduit à des maladies métaboliques, diabètes et maladies cardiovasculaires.

Si les chiffres de consommation actuels ne changent pas, 33% des garçons et 38% des filles nées en l'an 2000 vont développer un diabète ou un prédiabète, un chiffre qui s'élève à 50% dans la population afro-américaine ou hispanique, grandes consommatrices, s'est alarmé le congrès.

Néanmoins, les militants anti-sodas estiment qu'ils sont «en train de gagner la guerre».

«La consommation de sodas et boissons à sucres ajoutés a clairement diminué depuis qu'elle a atteint des sommets en 1998», a expliqué un des organisateurs Jim Krieger, responsable santé du comté de King (État de Washington, nord-ouest).

Ainsi, la consommation annuelle moyenne d'un Américain est passée de 208 litres à 166 litres sur la période, soit une diminution de 17%, dit-il.

Chez Coca-Cola, la consommation de sodas, qui représentent environ 75% de ses volumes de ventes, continue de baisser en Amérique du Nord (-1% au premier trimestre sur un an), de loin son premier marché.

«Nous gagnons la guerre grâce aux campagnes de sensibilisation et au mouvement de plus en plus fort pour que les sodas soient enlevés des écoles, des hôpitaux et des bureaux. Il faut aller plus loin», conclut M. Krieger.




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