Manger de la luzerne pourrait vous rendre vert, littéralement. Plus de 90% des graines germées testées par un microbiologiste de l'Université de Colombie-Britannique pour la CBC contenaient des bactéries entérocoques, un indicateur de contamination par des matières fécales.

Mis à jour le 31 mars 2011
Marie Allard LA PRESSE

«Ces bactéries proviennent de notre appareil digestif et nous ne voulons pas que le contenu de notre appareil digestif se retrouve sur nos aliments», a dit le chercheur Kevin Allen à la CBC, qui a dévoilé l'étude hier. Des échantillons de salades et d'épinards (48), de fines herbes (58) et de graines germées comme la luzerne ou les haricots mungo (44) provenant de cinq villes canadiennes ont été testés.

«C'est préoccupant pour quelqu'un dont le système immunitaire est faible, mais le consommateur moyen ne devrait pas s'inquiéter», a dit à La Presse Sylvain Charlebois, spécialiste en sécurité alimentaire à l'Université de Guelph. Les bactéries entérocoques effraient les gens, car elles sont résistantes aux antibiotiques.

Aucune contamination à la salmonelle n'a été trouvée. En général, la charge microbienne des fines herbes, salades et épinards a été jugée de niveau acceptable, même si 36% des herbes et 60% des légumes contenaient des coliformes. Le mieux est de bien cuire ces aliments... alors que les graines germées se consomment fraîches.

L'Agence de la santé publique du Canada estime que «11 millions de personnes souffrent d'intoxication alimentaire chaque année au Canada». Le nombre de rappels d'aliments est en augmentation, sans nécessairement indiquer des risques plus grands, selon M. Charlebois. «Il y a beaucoup de rappels par précaution», a-t-il précisé. C'est là l'héritage de la tragique éclosion de listériose chez Maple Leaf en 2008, qui a fait 22 morts.