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«Le sport, ça fait oublier l'école et déstresser»

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« On constate de plus en plus que le sport a des bienfaits sur le plan psychosocial, scolaire, comportemental et maintenant sur le plan émotionnel des jeunes », explique Frédéric Nault-Brière, professeur à l'École de psychoéducation de l'Université de Montréal.

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FANNY ROHRBACHER
La Presse

Un bon entraîneur et de l'assiduité dans la pratique du sport, voilà des clés qui permettent aux enfants de mieux maîtriser leurs émotions. Un impact utile dans leur parcours scolaire, croient de plus en plus de chercheurs.

Selon Emmanuel Poirel, professeur à la faculté des sciences de l'éducation de l'Université de Montréal, l'entraîneur joue un rôle important dans l'évolution du jeune. « S'il est contrôlant et centré sur la victoire, l'enfant produit des émotions d'anxiété, de frustration et de colère, constate-t-il. Par contre, si son leadership est centré sur le développement, l'apprentissage et non la performance, il suscite des émotions plus positives, comme la joie, la satisfaction, la reconnaissance, le plaisir. »

« Les études montrent que les sports collectifs procureraient davantage de bénéfices que les sports individuels, parce que le jeune profite du soutien de ses camarades, de la reconnaissance et de la dynamique relationnelle », ajoute Emmanuel Poirel.

« Un jeune qui fait du karaté est très concentré, très discipliné. C'est la même chose pour un enfant qui pratique un sport d'équipe. Même si les compétences sont différentes, une fois l'effort fourni, on observe des améliorations », nuance Nancy Ducasse, coordonnatrice au Centre Jean-Claude-Malépart. 

« Les enfants qui font des activités sportives parascolaires éliminent leur excès d'énergie. Ils ont un meilleur comportement et une meilleure concentration. »

Aymen Karroumy, un jeune de 12 ans qui fréquente le Centre Jean-Claude-Malépart, est un bel exemple de réussite. Natation, patinage, tennis, volleyball, handball, basketball, soccer, danse, gymnastique, il a presque tout testé depuis ses 3 ans. Aujourd'hui, il pratique le basketball et le tennis quatre fois par semaine. « Le sport, ça fait oublier l'école et déstresser. Ça m'a donné la confiance, l'assurance et la gestion du stress, explique-t-il. J'aime la compétition. Au début, quand je perdais, je pleurais. Maintenant, j'arrive à gérer cette émotion, prendre sur moi et me dire que ce n'est pas grave. » À l'école, il excelle. Il a sauté deux niveaux et est le premier de sa classe.

Les bienfaits du sport sur la gestion des émotions

Les bénéfices du sport pour la santé physique des jeunes et son impact sur le poids sont bien connus. « On constate de plus en plus que le sport a des bienfaits sur le plan psychosocial, scolaire, comportemental et maintenant sur le plan émotionnel des jeunes », explique Frédéric Nault-Brière, professeur à l'École de psychoéducation de l'Université de Montréal.

Les enfants qui participent à des sports parascolaires éprouvent moins de difficultés émotionnelles à 12 ans, constate le professeur.

Pourquoi viser les enfants de 12 ans ? Parce que « la fin du primaire est une période particulièrement délicate. Elle implique un ajustement émotionnel important », explique Frédéric Nault-Brière. 

« Le secondaire est un milieu plus difficile que le primaire. La demande est plus importante sur les plans scolaire et social. Maîtriser ses émotions devient une habileté importante pour cette transition délicate. »

Frédéric Nault-Brière a étudié les comportements de 1492 enfants québécois, dont 60 % participaient de manière continue à un sport parascolaire. À 4 ans, les émotions étaient évaluées par les parents. Chaque année, de 6 à 10 ans, la mère de l'enfant rapportait la participation à l'activité physique. Puis à 12 ans, les enseignants cotaient la détresse émotionnelle, l'anxiété, la timidité et le retrait social.

Les sports parascolaires permettent de progresser dans un contexte ludique et soutenu par un entraîneur. « Ces activités développent toutes sortes d'habiletés utiles, comme la compétence, l'autonomie, le leadership et la compétition saine », explique le professeur. L'étude mentionne également l'initiative, le travail d'équipe et le contrôle de soi-même.

« On essaye de plus en plus de ne pas voir les habitudes de vie de manière indépendante. La sédentarité, l'utilisation d'écran, le sommeil, la nutrition sont interdépendants », conclut Frédéric Nault-Brière.




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