Au milieu de la nuit, votre héritier se réveille en pleurant, bouleversé par un «mauvais rêve». Peut-on prévenir ces cauchemars?

Publié le 8 mars 2013
Nathalie Côté, collaboration spéciale LA PRESSE

De 10 à 50% des bambins âgés de 3 à 6 ans feraient des cauchemars occasionnellement, selon Evelyne Martello, infirmière et auteure du livre Enfin, je dors... et mes parents aussi. «Ils sont dans le stade imaginaire et ils mélangent le réel et l'irréel, explique-t-elle. Les films effrayants, le gros méchant loup et même l'Halloween peuvent provoquer ou augmenter les cauchemars.» Le stress généré par des conflits et des bouleversements dans la vie de l'enfant peuvent également être source de mauvais rêves.

«Le rêve permet à l'enfant de développer son estime personnelle et sa confiance en soi», explique Brigitte Langevin, conférencière et auteure de plusieurs livres sur le sommeil et les rêves. «Son inconscient lui monte un scénario en fonction de ce qu'il a vécu. L'objectif est de lui permettre de faire un pas de plus. S'il ne réussit pas, ça se termine en cauchemar.»

Prévenir

Quelques trucs peuvent contribuer à prévenir les cauchemars. «Il faut une bonne hygiène de sommeil et une routine appropriée, indique Evelyne Martello. Dans la soirée, on devrait se tenir loin de ce qui est stimulant, notamment de tous les écrans.» Il est également préférable d'éviter de manger en trop grande quantité et trop tard, note Brigitte Langevin. Évidemment, les histoires effrayantes avant le dodo sont à proscrire!

Comment réagir?

Si votre petit se réveille néanmoins terrorisé par un cauchemar, il faut d'abord le rassurer. Vous pouvez lui expliquer que son rêve n'est pas réel. Il peut être tentant de l'inviter dans votre lit pour retourner plus rapidement dans les bras de Morphée. L'enfant pourrait toutefois en conclure qu'il avait raison d'avoir peur. En faire trop ou en parler constamment peut engendrer le même effet.

Donner du pouvoir à l'enfant l'aide à combattre sa peur, remarque Brigitte Langevin. On peut lui suggérer de se débarrasser du monstre de ses cauchemars avec un rayon laser ou une baguette magique la prochaine fois. Tout est possible en rêve, après tout!; Inventer une fin drôle peut aussi être efficace.

Une veilleuse, un capteur de rêves et un objet réconfortant sont d'autres outils utiles pour rassurer un enfant. «J'aime bien la pochette de beaux rêves, note Evelyne Martello. Il s'agit d'écrire des moments agréables sur une feuille et de les glisser dans une enveloppe. Ensuite, l'enfant peut en choisir un et en parler avant de se coucher. Il s'endort alors sur un élément positif.»

Les deux spécialistes recommandent de consulter si les cauchemars reviennent toutes les semaines, surtout si on en ignore la cause.

Saviez-vous que?

Les cauchemars surviennent généralement après minuit. La raison est simple. Plus la nuit avance, plus la phase de rêve est longue, explique Evelyne Martello, infirmière et auteure du livre Enfin, je dors... et mes parents aussi.