La pratique des bébés nageurs n'est pas sans risque pour les poumons encore immatures des tout-petits, car elle occasionne un risque accru de bronchiolite, selon un expert toxicologue.

AGENCE FRANCE-PRESSE



«Les bébés nageurs ont un risque de bronchiolite presque doublé par rapport aux autres enfants», a indiqué à l'AFP le professeur Alfred Bernard de l'université de catholique Louvain (Belgique) qui travaille depuis de nombreuses années sur le sujet et publie dans la dernière livraison de l'European Respiratory Journal, une étude concernant 430 enfants âgés en moyenne de 5-6 ans.

L'exposition à la chloramine, produite par le mélange du chlore et de matières organiques (urine...) est irritante pour les poumons immatures et vulnérables des bébés. «Les poumons se développent et deviennent matures vers 6-7 ans», explique-t-il.

Le risque apparaît proportionnel au temps cumulé, régulièrement passé en piscine avant l'âge de deux ans. Il y a un effet-dose, ajoute-t-il.

Et, «si l'on écarte les facteurs de risque classique comme fréquenter une crèche ou avoir des antécédents dans la famille d'asthme et d'allergie le risque de bronchiolite est multiplié par quatre pour plus de 20 heures passées en piscine, couverte ou non», dit-il.

«Pour l'instant nous voyons les effets à court terme, ajoute-t-il précisant que l'étude se poursuit afin, notamment de voir, s'il y aurait plus tard un risque d'apparition d'asthme.

Il reconnaît «ne pas conseiller cette pratique» en évoquant les sous-produits dérivés du chlore «toxiques» et pas seulement pour les bébés. L'asthme est reconnu comme une maladie professionnelle chez les maîtres-nageurs, souligne-t-il.

Lorsqu'il y a une forte odeur de chlore dès l'entrée, mieux vaut se méfier, poursuit-il.

Les piscines soumises à la chloration devraient être mieux ventilées afin de procéder à un renouvellement de l'air adapté.

Il existe des «solutions de substitution comme le cuivre-argent, ou l'ozone, des méthodes combinées ou encore les piscines naturelles, écologiques (algues, bassin de filtration)».

«Dans les piscines privées, les gens mettent souvent trop de chlore», déplore-t-il.

L'hygiène (douche et savonnage soigneux avant d'entrer dans l'eau) a un impact direct sur l'eau en terme de contamination microbienne, rappelle cet expert.

Plus généralement, les atteintes peuvent être réversibles, note-t-il: des personnes ayant un début d'asthme «ont vu leurs symptômes disparaître simplement en changeant de piscine...»