C'est au tour des médecins de s'inquiéter de la consommation de boissons énergisantes par les jeunes. Dans un éditorial publié hier dans sa version en ligne, le Journal de l'Association médicale canadienne appelle les adultes à la vigilance.

Mis à jour le 27 juill. 2010
Helen Branswell LA PRESSE CANADIENNE

«Même si la plupart d'entre nous consommons du thé, du café ou d'autres boissons contenant de la caféine, nous avons assez de bon sens pour ne pas laisser des enfants boire 10 canettes de cola d'un coup.» C'est pourtant l'équivalent, en caféine, du grand format de certaines boissons énergisantes, affirme l'article du regroupement canadien.

Les médecins demandent à Santé Canada de mieux encadrer la vente, l'étiquetage et le marketing des boissons énergisantes puisqu'elles sont largement consommées par les jeunes. Une boisson type contient entre 80 mg et 140 mg de caféine, mais il existe sur le marché des versions beaucoup plus fortes.

À titre comparatif, une tasse de café filtre contient environ 120 mg de caféine. Il y en a un peu moins dans un espresso - autour de 100 mg. Le café instantané est le plus faible de tous, avec environ 75 mg. Le thé contient aussi de la caféine, mais beaucoup moins. Une bonne tasse contient une cinquantaine de milligrammes, à peu près comme un cola. Une portion de chocolat noir (28 g) contient 19 mg de caféine, selon Santé Canada.

Les médecins estiment que le problème, avec les boissons énergisantes, c'est que leur contenu en caféine n'est pas toujours clairement indiqué sur les étiquettes. De plus, disent-ils, le marketing des boissons énergisantes passe souvent par des commandites de manifestations sportives très populaires auprès des jeunes, comme des compétitions de sport extrême.

L'article cite une étude réalisée auprès de 100 jeunes Américains de 12 à 18 ans qui a calculé que 73% d'entre eux consomment au moins 100mg de caféine par jour. Santé Canada estime que les enfants ne devraient pas prendre plus de 2,5 mg de caféine par kilogramme de poids corporel quotidiennement.

Le Journal croit qu'une campagne de sensibilisation est de mise.