Choisis parmi des milliers de postulants pour leur brin de folie, leur détermination et leur parcours de vie singulier, Olivier, Nathalie, Sophie et Frédéric ont vécu, l'été dernier, les hauts et les bas d'un entraînement poussé de course à pied. L'aventure Courir pour la forme a pris fin avec leur participation aux épreuves du marathon de Montréal en septembre 2009. Chacun a relevé son défi avec succès. Un an après le début de l'expérience, courent-ils toujours? La Presse a fait le point avec eux.

Sophie Allard LA PRESSE

Olivier Brière

21 ans, résidant de Sainte-Julie. Étudiant en génie civil.

A couru en l'honneur de son ami Charles, mort en ski alpin.

Épreuve disputée: marathon (42,2 km)

Lors du marathon, en septembre dernier, Olivier a eu envie d'abandonner plus d'une fois. Quand on l'a vu apparaître dans le stade, il grimaçait de douleur. Dans les derniers kilomètres, rien n'allait plus. «Je me suis rappelé pourquoi j'étais là et j'ai continué.» Il a terminé en 4 heures 13 minutes. Il aurait voulu faire beaucoup plus vite. «Après cette épreuve, j'ai eu besoin de prendre une longue pause. Ça a été une aventure intense.»

Olivier a peu couru depuis, à peine quelques fois pour le plaisir. «Je n'aime pas trop courir l'hiver. Mais depuis le marathon, j'ai davantage besoin de ma dose de sport.» Depuis l'automne, il joue au soccer, au hockey cosom, au hockey sur glace et il fait de l'escalade.

«Je prévois recommencer à courir sérieusement sous peu. J'aimerais faire le demi-marathon en septembre et, si ça va bien, un deuxième marathon. J'ai tellement appris sur ce sport, je souhaite continuer.» Il met encore en pratique les conseils de nutrition obtenus, il maîtrise mieux son corps et ses émotions en course. Ses amis, qui ont suivi de près son aventure, seront à ses côtés cette année sur le parcours. «J'en ai influencés plus d'un, on sera une p'tite gang!»

Photo: Robert Skinner, La Presse

Olivier Brière

Nathalie Trudeau

39 ans, résidante de Saint-Jean-sur-Richelieu. Mère de trois enfants, spécialiste en réadaptation pour une compagnie d'assurances.

A donné un rein à une amie en 2007.

Épreuve disputée: demi-marathon (21,1 km)

Très compétitive, Nathalie cachait mal sa déception après sa course en septembre. Elle a franchi les 21,1 km en 1 heure 50 minutes, 5 minutes de plus que l'objectif prévu. «Je pensais que j'aurais pu accélérer un peu plus vers la fin. Ça n'a pas fonctionné.» Et depuis? Elle n'a pas baissé de régime. Depuis sa participation au projet Courir pour la forme, elle est devenue une véritable mordue de course à pied. «C'est une passion.»

Elle se trouve actuellement à Paris, où elle devait participer au marathon qui se déroulait dimanche. Une blessure à l'entraînement est venue contrecarrer ses plans. En décembre dernier, lors d'un grand froid, elle a ressenti une importante douleur à un genou. Elle a été incapable de courir depuis. Elle souhaitait vivre son «baptême de 42,2 km» dans la Ville lumière avec son copain.

Après avoir subi plusieurs examens médicaux et biomécaniques, elle est actuellement en réadaptation. Pas question de s'écraser sur le sofa toutefois. Elle a joué au hockey, fait du ski alpin et elle nage. Elle a aussi commencé le vélo. «Quand je vois des coureurs, j'ai le goût de leur arracher leurs souliers! Je reste positive comme toujours, je sais que je vais me rétablir. Il faut simplement que j'apprenne à en faire moins, à «slaquer». C'est l'histoire de ma vie.»

Photo: Robert Skinner, La Presse

Nathalie Trudeau

Sophie Dufault

36 ans, résidante de La Prairie. Directrice d'une école secondaire.

A combattu un cancer du sein à 33 ans.

Épreuve disputée: 10 km

Sophie Dufault a été agréablement surprise de sa performance à l'épreuve du 10 km au marathon de Montréal. Son chrono: 55 minutes et 10 secondes. «Je me suis surprise à courir plus vite que je prévoyais, et ça, sans avoir la langue à terre.» Bien décidée à poursuivre sur sa lancée, elle a continué l'entraînement... jusqu'en novembre. Entre les enfants, les conseils d'établissement, les réunions et les activités scolaires, elle a manqué de motivation. «Soudainement, je me suis sentie plus fatiguée au travail, à la maison. J'avais moins d'énergie. Ça m'a envoyé le message clair que mon corps avait besoin de bouger. J'ai recommencé à courir.»

Elle court trois ou quatre fois par semaine dans le but de participer à la course de 21,1 km du marathon de Montréal en septembre. «Je sais que j'ai plutôt le gabarit pour performer sur courte distance, mais je veux goûter à autre chose et repousser mes limites.» Elle écrit les détails de tous ses entraînements dans un journal de bord. «J'aime suivre ma progression. J'ai réalisé que l'entraînement, c'est du sérieux.» Elle n'est plus dans la performance, précise-t-elle néanmoins, mais dans l'accomplissement.

Son enthousiasme est contagieux puisque ses enfants participeront en mai à leur première course. «C'est tellement facile dans une vie occupée de dire qu'on est trop fatigués. J'ai atteint mon objectif, la course fait maintenant partie de ma vie.»

Photo: Robert Skinner, La Presse

Sophie Dufault

Frédéric Belleville

31 ans, résidant de Saint-Jean-sur-Richelieu. Arpenteur-géomètre.

Il pesait 379 livres en novembre 2008.

Épreuve disputée: 5 km

Frédéric Belleville s'est d'abord tourné vers la course pour maigrir. Depuis ses premiers pas sur le tapis roulant, en novembre 2008, il a perdu 182 livres! Son prochain objectif: le demi-marathon d'Ottawa en mai, rien de moins. «J'ai vraiment la piqûre. Si je ne cours pas pendant quelques jours, je me sens mal», dit-il. Lorsque La Presse l'a joint sur son portable, il était sur une plage du Mexique, ses souliers aux pieds. «Même en vacances, je me lève tôt pour courir. C'est un besoin.»

Visant une longue carrière de coureur, Frédéric a rapidement ajouté un volet musculation à son programme d'entraînement. «Pour être plus fort, plus endurant, mais aussi pour protéger mes articulations.» Il n'a eu aucune blessure aux genoux depuis. Il ne s'est jamais aussi bien senti.

Depuis l'aventure Courir pour la forme, la course fait partie de sa vie. Plusieurs personnes ont apostrophé Frédéric au fil des mois. «Plusieurs me reconnaissaient et me disaient que je les avais motivés à courir, à bouger. C'est génial.» Sa fille de 4 ans est d'ailleurs impatiente de participer à sa première compétition. Son père compte l'inscrire à une course pour enfants au début de l'été. «Elle a hâte de porter un dossard et de franchir le fil d'arrivée comme papa.»

La page Courir pour la forme sur Facebook est toujours active.

Photo: Robert Skinner, La Presse

Frédéric Belleville