La clinique montréalaise OVO, qui se spécialisait jusqu'à maintenant dans les traitements de fertilité, lance la première banque privée de sang de cordon ombilical au pays. Dès aujourd'hui, les femmes qui accouchent pourront décider de conserver dans un contenant cryogénique, leur sang de cordon ombilical qui est très riche en cellules souches.

Ariane Lacoursière LA PRESSE

Héma-Québec possède déjà une banque publique de sang de cordon ombilical. Les cellules souches du sang sont utilisées pour traiter les leucémies chez les enfants. «Mais pour guérir, un enfant malade ne peut pas utiliser son propre sang de cordon, Il doit utiliser celui d'un autre», explique le Dr Élie Haddad, pédiatre immunologiste.

Pourquoi alors les mères devraient-elles conserver le sang de cordon de leur propre enfant? «Actuellement, il n'y a aucune utilisation médicale pour ça. Les mères qui stockeront leur sang de cordon feront plutôt un pari sur l'avenir. Peut-être que ça sera utile un jour», dit le Dr Haddad.

Entreposer le sang de cordon de son enfant ne se fera pas gratuitement. «Ça coûte 1000$ pour le prélèvement et 120$ par année ensuite», dit le directeur médical de la clinique OVO, le Dr François Bissonnette. Mais pour lui, il s'agit d'une bonne façon d'établir un «patrimoine familial» de cellules souches. «Quelle sera l'utilisation réelle dans 20 ans? On ne sait pas. Mais on veut donner l'option aux familles», dit le Dr Bissonnette.

Questionné à savoir si la banque privé de sang de cordon ne fera pas concurrence à celle d'Héma-Québec, le Dr Haddad assure qu'il n'en est rien. «Il y a de la place pour plusieurs banques. Plus il y en aura, plus il y aura de la publicité de faite et plus les mères seront au courant de l'importance de donner leur sang de cordon», dit-il.

Chaque mère qui sera approchée par la clinique OVO pour donner son sang de cordon se fera aussi offrir de l'offrir à la science. «Dans ce cas-là, on prélèvera gratuitement le sang», dit le Dr Bissonnette. Les cellules seront ensuite confiées à une équipe de chercheurs de l'Université de Montréal.

Le débat sur les recherches sur les cellules souches reste vif au pays. Pour rassurer les parents, le Dr Bissonnette assure que les cellules destinées à la recherche serviront à trouver de nouveaux traitements pour des maladies comme la leucémie. «Il n'y aura pas de problèmes moraux. Les cellules serviront uniquement à trouver des façon d'augmenter notre capacité de traiter des gens», dit-il.

Cellules souches

Les cellules souches soulèvent l'intérêt des scientifiques depuis plusieurs années car elles ont le potentiel de se transformer en n'importe quel type de cellule. Elles peuvent par exemple se reproduire indéfiniment pour réparer un tissu endommagé.