Fumer ou pas a un plus grand impact sur l'état de santé et la durée de vie qu'être riche ou pauvre, une donnée pourtant significative en la matière, selon une étude publiée mardi.

Mis à jour le 18 févr. 2009
AGENCE FRANCE-PRESSE

La plus grande longévité qu'offre l'aisance sociale, ainsi que celle dont jouissent les femmes, sont réduites à rien par le tabac, selon cette étude, la plus large jamais réalisée sur le sujet.

Pour cette étude, publiée mardi dans le British Medical Journal (BMJ), 15 000 résidents de deux villes d'Écosse âgés alors de 45 à 64 ans ont été sélectionnés en 1972-76, et divisés en quatre groupes, en fonction de leur niveau social et de leurs revenus. Ils ont été ensuite classés selon leur sexe et selon qu'ils fumaient, avaient fumé ou n'avaient jamais fumé.

Les chercheurs ont étudié les taux de mortalité 28 ans plus tard.

Chez ceux qui n'avaient jamais fumé, le taux de survie était pour les plus favorisés socialement de 65% chez les femmes et de 53% chez les hommes. Chez les non-fumeurs moins fortunés, il était de 56% chez les femmes et de 36% chez les hommes.

Pour les femmes qui fumaient, le pourcentage de survie est tombé à 40% chez les plus riches, et à 35% chez les plus pauvres. Pour les hommes qui fumaient, le taux est tombé à 25% chez les plus riches, et 18% chez les plus pauvres.

Les chercheurs ont ainsi constaté que le taux de mortalité chutait beaucoup plus chez les fumeurs, riches ou pauvres, que chez les pauvres non-fumeurs.

Cette étude montre que la cigarette «tue ceux qui en usent, quel que soit leur statut social», notent les auteurs de l'étude, conduite par Laurence Gruer, de NHS Health Scotland.

Les chercheurs ont remarqué aussi qu'il y avait une conjonction entre la forte augmentation de la mortalité des fumeurs et le fait que «les plus riches fument maintenant beaucoup moins» -une explication majeure selon eux de l'élargissement des inégalités en matière de santé dans les pays développés.

Le point positif, ont-ils souligné, c'est qu'il n'est jamais trop tard pour cesser de fumer : les ex-fumeurs ont des taux de survie beaucoup plus proches de ceux des non-fumeurs que de ceux qui n'ont jamais cessé de fumer.