L'interdiction de fumer dans les bars ne profite pas seulement aux employés qui ne fument pas. Les barmans et serveurs adeptes de la cigarette ont des bénéfices encore plus importants sur leur santé, révèle une étude britannique.

Publié le 16 févr. 2009
Mathieu Perreault LA PRESSE

L'enquête, la plus importante jamais menée sur ce sujet, montre que la proportion d'employés de bar rapportant des sifflements pendant la respiration est passée de 48% à 31% depuis qu'il est interdit de fumer dans les bars. Chez les non-fumeurs, cette proportion est passée de 25% à 21%.

«Nous sommes relativement surpris des résultats, parce que rien ne semble montrer que les fumeurs ont écrasé», explique l'auteur principal de l'étude publiée dans la revue Occupational and Environmental Medicine, John Ayres, de l'Université de Birmingham. «D'une manière générale, l'impact est encore plus important qu'on le pensait, peut-être parce que les employés de bar sont souvent des hommes jeunes qui ont peu tendance à se plaindre et à utiliser les services de santé.»

L'épidémiologiste Ayres a suivi 191 personnes avant et après l'entrée en vigueur de l'interdiction de fumer dans les bars en Écosse. L'amélioration la plus spectaculaire concerne la proportion de personnes souffrant d'irritation des yeux, qui est passée de 37% à 21% des répondants. La prévalence de la toux le matin, l'engorgement de la gorge et le souffle court ont aussi diminué. Ces résultats prennent tout leur sens quand on précise que l'âge moyen des sujets était inférieur à 30 ans.

Au groupe Médecins canadiens pour un Canada sans fumée, la porte-parole, Flory Doucas, confirme que cette étude est plus importante que les autres menées sur ce sujet. «Mais toutes vont dans le même sens: l'amélioration de la santé dans les bars est impressionnante. Il y a même moins de grippes et de rhumes.»