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Ma'tine, format familial

Le restaurant Ma'tine est bien spacieux, avec des... (PHOTO EDOUARD PLANTE-FRECHETTE, LA PRESSE)

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Le restaurant Ma'tine est bien spacieux, avec des tables doubles, une grande table réfectoire, un comptoir à viennoiseries, un bar et une immense terrasse où l'on peut se délier les jambes durant les beaux jours.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRECHETTE, LA PRESSE

Pardonnez-moi si je me répète, mais un des désavantages de ce travail d'écrire sur les restaurants - parmi la multitude d'aspects fondamentalement formidables de cette tâche, j'en conviens - est de devoir constamment essayer de nouvelles tables, sans pouvoir en adopter une où l'on retournera se réfugier, semaine après semaine, autant que l'on veut.

Avec les années, j'ai bien adopté certains lieux - Olive+Gourmando, Titanic, Noodle Factory, Satay Brothers, parce que je ne peux pas être en mode «critique» à chaque lunch -, mais le reste du temps, je suis constamment à la recherche de nouveauté, pour le meilleur et pour le pire.

Parmi le meilleur, il y a eu cet été Gema, Barcola et Majestique, que j'adopterais pour y retourner souvent si je le pouvais. Et j'ajouterai à cette liste de favoris auxquels je serais abonnée s'ils étaient dans mon quartier le restaurant Ma'tine, un coup de coeur situé dans l'est de Montréal, dans le Village, près de TVA et Radio-Canada, angle De Maisonneuve et de la Visitation.

Ce restaurant, qui est ouvert le matin et le midi, est tenu par les frères Jérémy et Maxime Daniel-Six, deux chefs d'origine française, ainsi que par Sophie Duchastel, sommelière de profession, que l'on voit en salle, souvent avec son tout nouveau bébé. Si cette équipe vous dit quelque chose, c'est parce qu'on l'a connue au micro-restaurant La Famille, rue Gilford, il n'y a pas si longtemps.

Autant le restaurant était petit auparavant, autant il est maintenant bien spacieux, avec des tables doubles, une grande table réfectoire, un comptoir à viennoiseries, un bar et une immense terrasse où l'on peut se délier les jambes durant les beaux jours. Et il est plus familial que jamais.

Je me suis retrouvée sur cette terrasse, en plein mois de juillet, pour déguster une soupe froide au melon et à la saucisse de Morteau dont je parle encore. De gros morceaux de saucisse froide charnue - on appelle ça saucisse, mais la Morteau ressemble davantage à un saucisson - avec ce goût de salaison qui évoque le prosciutto, le tout flottant dans le jus de melon et de gros cubes de cantaloup frais. Rappelez-moi de leur demander la recette dès l'arrivée des melons de 2015. C'était parfait. Surtout que ce jour-là, j'avais aussi dégusté une salade niçoise déconstruite à ravir, avec oeuf mollet, pommade de thon aux anchois évoquant celle que l'on prépare pour en enrober le veau du vitello tonnato piémontais et primeurs hyper fraîches: haricots verts, tomates, romaine... Une jolie composition qui laissait de côté les pommes de terre et leur lourdeur. J'avais adoré.

Depuis, j'y suis retournée deux fois, et j'ai encore beaucoup aimé, même si la toute dernière visite m'a moins emballée que les autres. Peut-être est-ce la transition vers l'automne que je refuse inconsciemment, mais la salade d'encornets avec leur encre sur du quinoa rouge, par exemple, m'a paru un peu trop costaude, mais surtout confuse, à cause d'un manque de netteté entre les textures, malgré les tomates - très mûres en plus -, les carottes, le cresson... De la même façon, la salade d'orzo avec oeuf de caille frit, tomates et aubergine manquait de craquant, et peut-on vraiment appeler un tel plat «salade», un terme qui évoque crudité, contraste de textures, etc., si les pâtes baignent dans une sauce au cheddar?

En revanche, je n'ai que de bons mots à dire au sujet de la poivronade servie sur une grosse brioche dodue, à la fois juste assez grillée pour craquer sous la dent et bien beurrée pour nous faire sourire. Le tout ponctué de mini-anchois frits surprenants, croustillants, et entiers...

De plus, la veille, j'avais été absolument ravie par une assiette de tomates en salade - tout simplement de belles tomates mûres de fin de saison de toutes sortes de couleurs, coupées, avec de la vinaigrette et des herbes du jardin et des morceaux... de pêche! - et un plat de couteaux de mer rehaussés par des radis, de la chapelure, de la roquette... Dans les deux cas: frais et savoureux. Inattendu.

J'ai rarement faim au dessert chez Ma'tine, mais le café y est impeccable, surtout bu court, avec un tout petit peu de sucre. Oh, et les cannelés au Grand Marnier, riches, spongieux, sont fort heureux eux aussi.

Ma'tine

1310, boulevard De Maisonneuve Est

Montréal

514 439-9969

> Prix: Le menu change constamment, mais les plats pour le brunch ou le lunch oscillent généralement entre 12$ et 23$.

> Carte des vins: Beaucoup de crus de petits producteurs travaillant de façon naturelle, à prix abordables. Choix de vins au verre.

> Décor: Les copropriétaires ont signé un aménagement de bon goût, un peu postindustriel - avec ampoules nues suspendues au-dessus du bar, par exemple, des murs anthracite et une table réfectoire fabriquée avec une immense planche de bois récupérée, montée sur une base en acier. Jolie terrasse où l'on fait notamment pousser des herbes fraîches et quelques verdures.

> Atmosphère et concept: Atmosphère très conviviale. On y croise notamment des gens qui travaillent dans le quartier et des familles du Plateau pas loin, venues déguster le brunch du week-end. Le resto est aussi ouvert pour l'apéro. Mais pas pour le souper. Et on ne prend pas les réservations.

(+) Une cuisine créative abordable et conviviale.

(-) Parfois, pas souvent, certains plats manquent de précision.

On y retourne? C'est déjà fait.




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