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Bye bye shampoing. Place au No poo!

L'objectif ultime des adeptes du no poo est... (Photo Digital/Thinkstock)

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L'objectif ultime des adeptes du no poo est d'arriver à ne plus avoir besoin d'aucun produit autre que l'eau pour se nettoyer les cheveux.

Photo Digital/Thinkstock

Imaginez ne plus shampouiner vos cheveux... L'idée vous semble absurde, voire irréaliste? C'est pourtant ce que choisissent de faire plusieurs personnes qui, après avoir erré au rayon des shampoings sans y trouver leur compte, se tournent vers le no poo (no shampoo ou sans shampoing), un mouvement beauté qui gagne de plus en plus d'adeptes.

Étourdis par l'offre de produits capillaires, déçus par les performances des produits utilisés, soucieux de leur santé ou de l'environnement, les adeptes du no poo sont de plus en plus nombreux. Ce mouvement, apparu au cours des dernières années dans le monde de la beauté, consiste à bouder le shampoing pour revenir à des méthodes plus naturelles.

Entendons-nous, il ne s'agit pas de cesser de laver ses cheveux, mais bien de le faire sans shampoing. En substitut, on utilise normalement du bicarbonate de soude, de l'argile ou du savon de Castille. Ces produits lavants sont utilisés dans une phase de transition plus ou moins longue selon les sujets, l'objectif ultime étant d'arriver à espacer les nettoyages jusqu'à ne plus avoir à utiliser aucun produit autre que l'eau.

Sur Facebook, le groupe No Poo & Low Poo Hair Care rassemble plus de 5200 membres qui partagent leurs découvertes, leurs questionnements et leurs astuces. L'un des arguments souvent évoqués par ces partisans du no poo pour expliquer ce changement de cap dans leur rituel de beauté est que les shampoings priveraient les cheveux de leurs huiles naturelles. Ce faisant, ils alimenteraient un cycle qui nous entraîne à utiliser toujours plus de shampoing pour arriver à garder la tête propre.

Une fois la production de sébum régularisée grâce au no poo, les cheveux se saliraient de moins en moins vite et les nettoyages avec du bicarbonate de soude ou un autre produit lavant deviendraient moins nécessaires pour finir par ne plus l'être du tout. Un bon brossage pour étaler le sébum sur les longueurs et un nettoyage à l'eau seraient alors suffisants pour maintenir une chevelure à la fois propre et saine.

Dans le camp des sceptiques

Trop beau pour être vrai? C'est ce que pensent Roxane Cheibes et Line Lebrun, propriétaires du salon de coiffure Narcisse et Echo, à Montréal. Selon elles, le bicarbonate de soude serait trop abrasif pour servir de nettoyant capillaire et ne conviendrait certainement pas à tous les cuirs chevelus. «On pourra probablement s'en tirer pour un certain temps, mais à la longue, le cuir chevelu sera sensible et les cheveux mats», estime Roxane Cheibes.

Le chimiste Ariel Fenster, professeur de chimie à l'Organisation pour la science et la société (OSS) de l'Université McGill, s'étonne également du fait que le bicarbonate de soude (qui dissout la graisse et la déloge grâce à ses propriétés abrasives) puisse être plus doux pour les cheveux qu'un shampoing (qui élimine les globules de graisse en les fractionnant pour les rendre plus facilement délogeables). À la limite, le savon à l'huile - comme ceux de Castille ou de Marseille - serait une option plus intéressante selon lui, mais il laisserait sur les cheveux un dépôt, qui pourrait cependant être éliminé avec un rinçage au vinaigre.

De la théorie à la pratique

Pourtant, les pratiquants du no poo semblent plus que satisfaits de cette routine. Après plus d'un an sans shampoing, les cheveux de la blogueuse Ophélie, alias Antigone XXI, n'auraient jamais eu autant de corps et été aussi brillants et en santé. Même son de cloche du côté de la blogueuse Leah Dossey, qui n'a pas shampouiné ses cheveux depuis deux ans.

Au-delà des aspects purement esthétiques, les deux femmes nomment d'autres avantages: une économie d'argent et de temps puisque les cheveux sont lavés moins souvent, ainsi qu'une pratique plus écologique, car elle élimine les bouteilles et les emballages. Surtout, elle évacue les risques potentiels associés à certains ingrédient présents dans les shampoings: le sulfate laureth de sodium ou le laurylsulfate de sodium (potentiellement irritants et cancérigènes), les phtalates (qui seraient des perturbateurs endocriniens) et les parabènes (soupçonnés d'être cancérigènes). «C'est très satisfaisant de ne plus avoir à me soucier de la toxicité de ce que je mets sur ma tête et de ce que j'envoie dans les égouts. Le fait de ne plus avoir à laver mes cheveux tous les jours est un bonus!», dit Leah Dossey.

Le chimiste de l'Université McGill met des bémols sur ce dernier point. Selon Ariel Fenster, les dangers associés aux shampoings ont été exagérés. «Les shampoings pourraient présenter des risques, mais c'est quelque chose d'hypothétique. Les études qui ont été faites ont été réalisées sur des animaux de laboratoire. Rien ne prouve que cela soit valable sur les humains», précise-t-il.

Pour Roxane Cheibes et Line Lebrun, la vraie question n'est pas de savoir si on devrait ou non utiliser du shampoing, mais plutôt quel shampoing utiliser pour nettoyer ses cheveux. «Pourquoi revenir en arrière avec des méthodes comme le no poo? Il existe maintenant des gammes de shampoings qui respectent à la fois le cuir chevelu et les cheveux, qui se soucient de leurs composants ainsi que de l'environnement.»

Plusieurs shampoings affichent en effet la mention «sans sulfates», «sans parabènes» ou «sans phtalates». Le problème, comme le fait toutefois remarquer le chimiste Ariel Fenster, est qu'on ne connaît pas nécessairement les substances par lesquelles ces ingrédients sont remplacés. Soupçons suffisants, selon Ophélie et Leah, pour justifier qu'on se tourne vers le no poo.

Selon notre degré d'inquiétude, on pourra faire le saut tout en sachant que le temps d'adaptation à cette nouvelle routine peut être long et pénible. D'abord, les substituts de shampoing ne moussent pas. Il faut s'y faire. Par ailleurs, il faudra accepter que nos cheveux soient moins beaux pendant une période plus ou moins longue durant laquelle il est conseillé d'adopter foulards et chapeaux. Après cette traversée du désert, le non-shampouineur devrait cependant pouvoir atteindre le nirvana capillaire. Le résultat sera-t-il à la hauteur des attentes? Pour en avoir le coeur net - à défaut peut-être des cheveux -, il faudra l'essayer!

Le low poo, la version soft

Compromis entre le no poo et le shampoing, le low poo consiste à se tourner vers des shampoings aussi naturels que possible et à en limiter l'usage. En étant plus doux, ces shampoings décaperaient moins les cheveux et le cuir chevelu, ce qui permettrait d'espacer les shampoings. Cette méthode pourrait aussi être utilisée comme phase de transition avant de passer au no poo.

Le premier shampoing moderne

Il date de 1930 et est une version améliorée du savon jusqu'alors utilisé et qui laisse un dépôt blanchâtre sur les cheveux. En 1931, L'Oréal crée un premier shampoing synthétique et trois ans plus tard, une version grand public, Dop, sera offerte.

L'origine du no poo

Il aurait été mis au point par la coiffeuse new-yorkaise Lorraine Massey qui y voyait une façon de préserver ses boucles et de leur donner plus de ressort.

No poo 101

Trousse de base et astuces de pros pour apprentis non-shampouineurs.Matériel

> Du bicarbonate de soude

Une cuillère à soupe serait suffisante pour chaque lavage, deux si on a les cheveux épais ou gras. Dilué dans un verre d'eau ou utilisé comme une pâte à la manière d'un shampoing, il sera massé sur le cuir chevelu uniquement, puis laissé en place quelques minutes avant d'être rincé. Autres options : l'argile ou le savon de Castille.

> Du vinaigre de cidre de pomme

Naturellement hydratant, il remplace le traditionnel revitalisant. Il suffit d'en ajouter une cuillère à soupe ou deux à une tasse d'eau, puis de brasser pour les combiner.

> Une brosse en poils de sanglier

Pourquoi en poils de sanglier? Parce que ceux-ci sont comme des tissus microfibres qui emprisonnent la saleté. Matin et soir, on conseille de brosser la chevelure pour l'aérer, de façon habituelle et tête en bas, afin d'éliminer la saleté et de répartir les huiles naturelles du cuir chevelu vers les longueurs. Il faudra aussi penser à nettoyer sa brosse au moins une fois par semaine.

> Du shampoing sec

Pour arriver à espacer les lavages, on pourra utiliser un shampoing sec naturel, composé de fécule de maïs ou d'arrow-root (pour les cheveux pâles), de poudre de cacao ou d'argile (pour les cheveux foncés) ou encore, d'un mélange de ces ingrédients, distribué à la houppette ou au pinceau sur les racines.

> De l'eau

Méthode accessible et on ne peut plus abordable, le nettoyage à l'eau plus chaude que tiède devrait pouvoir un jour être utilisé pour nettoyer les cheveux et, d'ici là, au besoin entre les lavages.

> Des huiles essentielles

Quelques gouttes peuvent être ajoutées à la solution de rinçage ou encore, être déposées sur la brosse pour parfumer les cheveux.

Quelques astuces

> Repartir à zéro

Pour faciliter la transition, Leah Dossey, qui pratique le no poo depuis deux ans, conseille d'utiliser d'abord un shampoing clarifiant pour éliminer les silicones qui gainent les cheveux et qui sont présents dans la plupart des shampoings commerciaux pour faire paraître les cheveux plus lisses.

> Pour une transition réussie

La non-shampouineuse Ophélie suggère d'espacer les lavages de façon très progressive, surtout si on a habitué nos cheveux à être fréquemment lavés. Au bout de quelques semaines à ce rythme, on pourra tenter un mois sans lavage, nécessaire, selon elle, pour désaccoutumer les cheveux des nettoyages trop fréquents et revenir à un rythme de sécrétion de sébum plus naturel. Au terme de cette période, les cheveux devraient se salir beaucoup plus lentement. Un lavage aux trois ou quatre semaines suffira alors, puis aux cinq ou six semaines... Au bout d'un moment, l'eau seule devrait suffire.

> Le journal de son no poo

Un bon outil pour arriver à évaluer ce qui fonctionne bien ou non, de façon à limiter le temps passé dans la phase erreur et évaluer les progrès.

S.O.S...

> Cheveux secs: hydratez les longueurs avec un revitalisant sans gras, par exemple de l'aloès et du miel. On pourra aussi utiliser une minuscule quantité d'huile de coco ou de jojoba. L'huile de coco est la seule huile à pouvoir pénétrer en profondeur dans les écailles des cheveux, tandis que l'huile de jojoba est celle qui ressemble le plus au sébum naturel.

> Cheveux gras: augmentez la quantité de bicarbonate de soude à deux cuillères à soupe plutôt qu'une et nettoyez les cheveux à l'eau chaude entre les lavages. Le vinaigre blanc peut être substitué au vinaigre de cidre de pomme pour hydrater les longueurs.

> Cuir chevelu sensible: les cheveux ne sont peut-être pas bien rincés. Utilisez une dilution de bicarbonate plutôt que la pâte et un mélange de miel et de vinaigre de cidre de pomme pour le rinçage.




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