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Mode à Milan: des stylistes vedettes et un défilé époustouflant

Une mannequin défile avec une création de la... (Photo Tony Gentile, REUTERS)

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Une mannequin défile avec une création de la collection automne/hiver 2018 de Gucci.

Photo Tony Gentile, REUTERS

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Isabelle SCIAMMA
Agence France-Presse
Milan

La maison italienne Gucci a offert mercredi un spectacle époustouflant à la fashion week de Milan, en présence de vedettes de la mode venues participer à l'inauguration d'une exposition, autre événement de cette semaine milanaise.

Un défilé particulièrement attendu par les invités qui avaient reçu ces derniers jours une invitation sous forme de minuterie orange avec compte à rebours en chiffres lumineux rouge.

La promesse d'Alessandro Michele, le directeur artistique vedette de la maison, a été tenue à double titre: le défilé a commencé à l'heure, du jamais vu dans l'histoire de la mode, et surtout, des collections mixtes mélangeant les genres ont créé l'événement.

Le Gucci Hub, quartier général milanais de la marque s'est transformé en bloc opératoire: murs recouverts de PVC vert, lumière au néon blanc et fauteuils prêts pour l'intervention au centre de l'espace où défilaient les mannequins hommes et femmes, le tout sur fond de musique et de bip bip d'électrocardioscope.

Comme toujours l'univers d'Alessandro Michele est hyper référencé, et aucun détail n'est laissé au hasard. La présentation écrite du spectacle cite Michel Foucault sur la question de la régulation de l'identité sociale comme instrument de contrôle des masses. Face à cela, la collection de Michele se propose de casser les genres, et d'inventer un nouvel être hybride, un «Cyborg Gucci».

Cette créature biologiquement indéterminée exprime son identité multiple à travers des vêtements qui évoquent tous les continents, croisent les époques et mixent les emblèmes de la pop culture: ici un chapeau pagode associé à un ensemble complet, un total look en dentelle flanqué d'une broderie des Yankees de New York; là un passe-montagne de ski en maille surmonté d'un turban en jacquard porté avec une veste en lurex doré. Ou encore une robe en velours bordeaux tout droit sortie d'un tableau de Piero della Francesca. Les mannequins ont parfois un troisième oeil, tantôt un bébé dragon ou leur propre tête dans les bras comme accessoire dernier cri.

«Ce qui me touche c'est à la fois le talent, mais aussi la dose d'humour et d'autodérision de la part d'Alessandro Michele. Sa collection est tellement riche, il faudrait avoir le temps de la décortiquer pour en comprendre tous les enjeux» a déclaré Chiara Mastroiani à l'AFP à la sortie du défilé.

Stylistes vedettes

Autre événement phare de cette «vraie» première journée des défilés milanais: l'inauguration de l'exposition événement de cette fashion week. Donatella Versace, Giorgio Armani, Pierpaolo Piccioli, Silvia Venturini Fendi ou Jean-Paul Gaultier... Ces vedettes de la mode étaient présentes pour passer en revue trente ans de stylisme italien.

Produite par la Chambre nationale de la mode italienne, l'exposition «Italiana. L'Italie vue par la mode 1971-2001» (du 22 février au 6 mai) explore ces trois décennies, qui ont donné naissance au prêt-à-porter et au Made In Italy, incarnés par les grands stylistes italiens.

«Il n'y a pas d'intention nostalgique, mais au contraire la fierté et la volonté de célébrer la mode italienne et d'en restituer la complexité», a déclaré Maria-Luisa Frisa, commissaire de l'exposition avec Stefano Tonchi.

«La mode italienne est un laboratoire créatif qui a généré des mondes, défini des individualités fortes, apporté un point de vue sur la contemporanéité et qui continue de le faire aujourd'hui», a-t-elle ajouté.

Le parcours dans les salles du Palazzo Reale, à deux pas du célèbre Duomo, la cathédrale de Milan, évite l'écueil de la chronologie et lui préfère une approche thématique.

Identité, démocratie, logo, diorama, l'Italie des objets... Neuf salles au total, autour de neuf thèmes, font dialoguer des vêtements d'archives de grandes maisons comme Missoni, Armani, Versace, mais aussi Krizia, Romeo Gigli, Gianfranco Ferrè.

L'exposition est aussi jalonnée par les photographies d'Oliviero Toscani, Paolo Roversi ou encore les oeuvres des artistes Alighiero Boetti et de Vanessa Beecroft.

Tasses, tapis de chien ou vases flanqués de logos des marques de mode... Rien d'anormal en 2018, mais cette incursion des griffes dans les objets du quotidien fût, dans les années 80, une petite révolution que raconte aussi l'exposition.

Le reflet des visiteurs dans les grands miroirs de Michelangelo Pistoletto, posés au sol d'une des salles de l'exposition, achève de créer la continuité entre la mode d'hier et celle d'aujourd'hui.




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