Deux grandes griffes du luxe italien, Gucci et Fendi, lancent à Florence (centre) à l'occasion des défilés de Pitti Bimbo leur première collection pour enfants, un secteur en pleine relance après avoir pâti de la crise mais moins que le reste du textile.

Kelly Velasquez AGENCE FRANCE-PRESSE

La ligne Gucci Kids du printemps-été 2011, conçue par la designer-vedette de la marque, Frida Giannini, a été présentée jeudi dans la boutique historique du groupe toscan, à Florence, au premier jour du salon international Pitti Bimbo, le principal d'Europe pour les vêtements pour enfants.

La collection qui inclut des complets-vestons, chaussures, lunettes de soleil et autres accessoires, est destinée aux plus petits jusqu'à deux ans et aux petits garçons et filles entre 2 et 8 ans.

L'entrée de Gucci (groupe Pinault Printemps Redoute) sur ce marché illustre la tendance croissante de parents à acheter le dernier cri pour leur progéniture même s'il s'agit de vêtements coûteux portés pendant seulement quelques mois.

Signe du redémarrage du marché, près de 10.000 acheteurs étaient attendus pendant le salon contre 6.900 un an plus tôt à la même époque.

Un autre symbole du luxe, la firme romaine Fendi, a aussi senti le vent tourner et décidé de lancer sa nouvelle ligne «casual chic» (informelle chic) qui sera montrée vendredi, le dernier jour du salon.

Fendi (groupe LVMH) qui avait déjà lancé une ligne nouveaux-nés a élargi sa gamme à la tout aussi lucrative catégorie des 2 à 12 ans, pour laquelle la griffe s'est associée à l'italien Simonetta qui avait déjà travaillé pour la ligne enfants de Roberto Cavalli.

Comme chez Gucci, la ligne a été dessinée par Silvia Venturini Fendi, l'héritière de la dynastie Fendi et créatrice à succès.

A l'instar de la semaine passée à Milan pour la mode masculine, la défense de l'environnement a inspiré les créateurs à Pitti Bimbo et une section a été consacrée à tout ce qui est «durable», avec des vêtements, chaussures, accessoires respectueux des règles du commerce équitable.

Le coton «biologique», couleur écru ou blanc cassé, est la vedette des collections, combiné souvent avec des rayures ou des motifs empruntés au nautisme, comme chez les marques italiennes Sarabanda ou Miss Grant.

Les teintures sont légères comme des aquarelles et dépourvues de métaux lourds. Les sérigraphies sont faites à la main, sans produits toxiques.

«Je m'amuse, j'adore les vêtements que l'on me fait porter», confie avec timidité Alessandro, un joli blondinet romain de six ans qui fait ses débuts de mannequin sous les yeux énamourés de ses parents. «On ne gagne pas de l'argent ici, on ne couvre même pas nos dépenses. C'est plutôt un jeu et par curiosité», explique Roberto, le père.

Alessandro défile en veste courte légère, bermudas de jeans bleu clair et chemise à fleurs assortie de quelques rayures, à l'aise dans ses sandales de cuir.

Au total, 536 marques présentent leurs collections à Pitti Bimbo dont 205 étrangères et notamment Junior Gautier, Hackett London, Calvin Klein, Daniel Cremieux ou les Espagnoles Desigual et Camper for Kids.

La crise qui avait fait reculer le chiffre d'affaires de la mode enfants de 5,5% en 2009 en Italie à 2,48 milliards d'euros, semble vouloir se dissiper grâce à la demande venant des pays anglo-saxons et de nations émergentes comme la Russie et les pays asiatiques.

Selon la société de recherche Mintel, le marché américain du prêt à porter enfant (50 milliards d'euros) va s'accroître de 8% d'ici 2014 et le marché britannique de 3%.