Alexis Mabille ludique, Christophe Josse romantique, Anne-Valérie Hash scintillante: les petites maisons de couture françaises ont peu de moyens mais fourmillent de créativité et de poésie pour l'été prochain, comme elles l'ont montré lundi.

AGENCE FRANCE-PRESSE

La musique de «Peau d'âne», film légendaire de Jacques Demy, accueille les invités du jeune Mabille, 31 ans, connu pour sa manie des noeuds papillon. L'effeuilleuse Dita von Teese au premier rang, à côté de l'actrice Hélène de Fougerolles, découvre une collection ludique et colorée, inspirée du peintre d'avant-garde russe Kazimir Malevitch, notamment ses personnages bicolores.

«Est-ce que Paris est mort? C'est-à-dire la haute couture, vous comprenez...», lance le haut-parleur dans une voix datée des années 1960. Pas sûr.

Beaucoup de couleurs primaires, agencées de façon géométrique. Souvent, la silhouette se découpe en deux couleurs de haut en bas, des cheveux laqués aux chaussures: à gauche du rose, à droite du noir. Mais aussi de somptueuses robes avec des dos nus profonds, voilés d'une pièce d'organza.

Chez Christophe Josse, place au romantisme et à la légèreté. Beaucoup de transparence, un travail sur la dentelle tout en finesse et des coloris clairs («brume, orage, dune»). Des robes d'une délicatesse folle, dont l'une des plus applaudies était en «bandages» de dentelle ivoire, réchauffée d'un manteau de paillettes nacrées rebrodées.

La trentenaire Anne-Valérie Hash a imaginé des tenues à partir d'un vêtement envoyé par une célébrité, notamment Charlotte Rampling ou Peter Doherty. «Grâce à la couture tout est possible, l'imaginaire reste libre», explique-t-elle. Des vêtements en «paillettes transversales, organza métallique imprimé irisé», autant dire des matières «couture» indéfinissables pour les non-initiés.