La dernière journée des présentations pour la mode masculine de l'automne-hiver prochain a été marquée dimanche par la collection punk rock de Rynshu, une sobriété très étudiée chez Qasimi, tandis qu'Agnès b. a revisité ses héros de romans.

Rachid Aouli ASSOCIATED PRESS

Connue pour prodiguer son soutien à plusieurs disciplines artistiques, notamment à travers le fonds de dotation qui porte son nom, Agnès b. s'est aussi montrée militante dimanche soir, exhortant ses invités à investir 5 euros dans un badge au profit de l'organisation Action contre la faim pour les victimes du séisme en Haïti.

Son vestiaire a autant emprunté aux héros, réels ou fantasmés «du XVIIe au siècle dernier», dit-elle. L'on y trouve par exemple des blouses de travail d'artistes peintres Renaissance revisitées et leurs larges chapeaux de velours moiré.

Les pièces se suivent et ne se ressemblent pas: lodens et superpositions de capes, une redingote, des ensembles vestes-pantalons en camaïeux vert ou mauve ou encore, des cardigans de laine, dont un couleur framboise porté sous un col roulé ton sur ton.

Des longs manteaux, des blousons, des trois-quarts, des canadiennes en peau retournée (avec ou sans manches) complètent ce vestiaire romanesque en plus de costumes pailletés ou à motifs lurex captant la lumière.

Les petits gabarits ou les juniors trouveront aussi plusieurs silhouettes à leur taille, tout comme les filles aimant s'habiller en garçon.

La créatrice, qui recevra le 18 février les insignes d'officier de la Légion d'honneur et sera nommée peu après Docteur honoris causa de l'Université des Arts de Londres, a aussi offert un concert d'un groupe rock, en plus de l'album CD de James Chance and Terminal City, «The Fix Is In», disponible en février.

Le créateur japonais Rynshu, qui défilait à Paris depuis 18 ans sous le nom de Masatomo jusqu'en juin dernier, a misé sur une «élégance rock'n'roll», dont certains codes ont été empruntés aux rues londoniennes.

La silhouette, sombre, voit ses épaules «en pointe» vers le haut. Les pantalons sont ultra «slim» ou sarouels, les tops et les T-shirts sont flous, parfois drapés et aucune frontière ne distingue les vestes des gilets.

Plusieurs pièces osent la vraie androgynie, avec des knickers de cuir, une jupe-culotte fluide version longue, une longue jupe plissée virevoltante ou, plus sobre une jupe écossaise, dont les motifs tartan sont en fait de mini-drapeaux «Union Jack» rebrodés.

Classiques ou dernier cri, les matières cohabitent en harmonie sur une même pièce: jacquard tissé, laine et polyamide à carreaux, laine et soie gaufrée ou velours et twill. Les quelques touches de couleur sont des bandes horizontales ou verticales de lamé, zébrant vestes ou pantalons, or, argent ou fuchsia.

Pour sa deuxième présentation à Paris (il défilait précédemment à Londres où il a été formé), Khalid al-Qasimi propose une silhouette sobre et monochrome (noir, gris, écru).

L'homme Qasimi déambule en leggings d'agneau plongé ajustés jusqu'à la cheville, des rangers de ville aux pieds. Vestes ultra-courtes à boutonnage unique ou à zips, chemises ou tops aux teintes douces (gris, écru, coquille d'oeuf) complètent cette garde-robe qui, pour les grands froids, fait appel à la grosse maille tricotée en larges torsades, ou ajourée en grillage, un mini bonnet vissé sur la tête.

Clou du raffinement dont il a fait une marque de fabrique, le créateur émirati orne le cou de ses modèles d'un rang de perles qu'il utilise aussi rebrodées en plastron sur les tops, ou laisse pendre en gouttes de pluie aux extrémités d'un col de chemise.