À la tête de Sokoloff Lingerie, il y a Sofia Sokoloff. Un patronyme d'origine russe, des racines argentines et le Québec comme port d'attache. Vingt-cinq ans bien sonnés. La fibre des affaires, manifestement. L'aplomb avec lequel elle parle de l'entreprise qu'elle a lancée en 2011 ne laisse planer aucun doute sur le sérieux de sa démarche. Ni sur la hauteur de ses ambitions.

Mélanie Roy, collaboration spéciale LA PRESSE

Ce sont les sous-vêtements Midnight, aux picots dorés et scintillants « comme un ciel étoilé », qui ont d'abord attiré notre attention. Le plus joli compromis entre les dessous de luxe, hors de prix, et les marques vendues en grande surface, souvent de mauvaise qualité. Et, surprise, 100% confectionnés à Montréal.

Celle qui a imaginé ces dessous beaux comme des bijoux n'en est pas à ses premiers pas dans le milieu, malgré son tout jeune âge. En 2007, forte d'un diplôme en design de mode du Collègue LaSalle, Sofia s'envole pour Paris, où elle décroche un stage dans un bureau de style. De retour dans la métropole, elle est embauchée comme couturière pour le Cirque du Soleil, avant de se joindre à l'équipe de La Senza, au sein du département de dessin technique.

Cette première incursion dans le monde des dessous féminins est révélatrice. D'autant que Sofia sait depuis ses débuts en design que ce sont « les plus petits patrons », ceux qui tiennent sur la surface d'une table à dessin, qui l'intéressent le plus: souliers, maillots, sous-vêtements... Comme aucune formation en lingerie, bonneterie et corsetterie n'est offerte au Québec, elle entreprend de se spécialiser auprès d'une consultante privée.

Mais pour l'heure, sa carrière peut attendre. Car Sofia a l'appel du large. Chemin faisant, le projet mûrit, prend de l'ampleur. À son retour de voyage, elle s'inscrit à l'École de mode supérieure (UQAM), se familiarise avec la gestion et la mise en marché, suit en parallèle un cours de démarrage d'entreprise. À la fin de l'année, elle a conçu le premier modèle de sa collection, trouvé ses fournisseurs à Montréal et, surtout, mesuré l'immense potentiel de son intuition.

Le souhait de Sofia: que sa lingerie se porte comme un vêtement. Qu'elle suive les tendances, à l'image des créations des designers de mode québécois, qu'elle côtoie d'un événement à l'autre et auxquels elle s'identifie. D'ailleurs, elle puise davantage son inspiration du côté du prêt-à-porter que de celui de la dentellerie française, déjà, à son avis, largement exploitée. Son interprétation de la culotte rétro, de la « gaine de grand-mère » vedette de sa dernière collection, par exemple, est moins une façon de s'inscrire dans une « histoire de la lingerie » qu'un clin d'oeil à la vogue du pantalon taille haute...

La collection qu'elle prépare en ce moment est née d'une image: un coucher de soleil spectaculaire photographié depuis son atelier, boulevard Saint-Laurent. Elle promet des couleurs minérales et terreuses, du velours, des imprimés inspirés des cultures indiennes et gitanes, des broderies, de la maille filet (mesh) et du jersey. Des détails qui brillent, des franges plus exagérées. Une lingerie toujours espiègle, délicate et féminine, à des lieues de la femme fatale. D'une saison à l'autre, moins gamine, peut-être. Les dessous de Sofia, nul doute, vieilliront avec elle.

En quelques mots:

Nom: Sofia Sokoloff

Profession: designer pour Sokoloff Lingerie (Montréal)

Lieu de naissance: Buenos Aires (Argentine)

Sources d'inspiration: les gens, les voyages, les cultures

Quand elle ne travaille pas...: elle part faire du surf sur la côte est américaine

Plus grand rêve: elle le vit tous les jours depuis 2011!

Points de vente: Unicorn, Simons, Kitsch, Harricana, Les hauts et les bas

En ligne: sokolofflingerie.com