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McKiernan: Joe Beef et Maison publique à la conquête de l'Ouest

Le service se veut sympathique et efficace. On... (Photo David Boily, La Presse)

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Le service se veut sympathique et efficace. On peut aller directement au comptoir pour attraper des viennoiseries et du café au petit-déjeuner.

Photo David Boily, La Presse

Quand Joe Beef a ouvert ses portes en 2005 dans la Petite-Bourgogne, près du marché Atwater, il était bien seul comme restaurant haut de gamme dans son quartier.

Aujourd'hui, c'est le coeur d'une zone urbaine en ébullition où les nouveaux établissements jouent du coude pour se faire une place. Et le restaurant a fait des petits. En plus de Joe Beef, il y a ses frères le Liverpool House, le Vin Papillon et même Vin Mon Lapin, des restaurants gérés et pilotés par une joyeuse bande qui s'est acoquinée avec le chef Derek Dammann, de Maison publique, pour se lancer un nouveau défi du même style qu'en 2005.

Ils ont ouvert un autre restaurant au milieu d'une zone tout à développer, rue Saint-Patrick, le long du canal de Lachine, à l'ouest de l'échangeur Turcot.

Mais la question n'est presque plus: est-ce que le quartier va se développer assez pour faire vivre ce nouveau McKiernan? Et semble plutôt devenue: combien de temps faudra-t-il à McKiernan pour pousser la transformation de cette zone encore plutôt industrielle (même si l'immeuble où le restaurant est installé compte plusieurs entreprises de l'économie moderne)?

La nature du quartier et des loyers a ceci d'exceptionnel: l'espace qu'occupe cette nouvelle table de David McMillan, Fred Morin, Dammann et compagnie est immense: 7000 pi2 où on loge 175 personnes aisément. On peut y faire des mariages, des partys de bureau, des événements. C'est le lieu qu'ont choisi les restaurateurs pour répondre aux demandes événementielles de traiteurs. On dirait aussi qu'ils l'ont choisi pour servir de galerie aux immenses oeuvres de Peter Hoffer - artiste signature de tous les restos du groupe - et de Joe Lima: d'impressionnantes plaques de bois sculptées, qui imposent leur élégance en arrivant à l'étage du restaurant.

Les tables de ce qui ressemble à une grande et belle cafétéria d'entreprise version lumineuse-hipster-recherchée - il y a notamment, appuyé au mur, un immense bateau de bois comme on en faisait jadis à Peterborough - et de type brasserie allemande sont communales. Ça adonnait bien parce qu'au moment de ma visite, je suis tombée par hasard sur des amies. On a fini par toutes manger ensemble dans l'esprit de ce lieu convivial que je ne recommanderais pas pour un tête-à-tête langoureux, mais mille fois pour une réunion sans façon en bandes de gens qui ont envie de se parler et de déguster ensemble des plats faits pour ça: être partagés.

Le menu n'est pas immensément long, et on le devine presque en regardant les produits frais sur les plateaux qui partent vers la cuisine. Des tomates ancestrales, des courges delicata, des poivrons multicolores...

Le style de la cuisine? Produits d'ici, en saison, servis de façon savoureuse et soignée, mais sans facétie.

La salade McKiernan Deluxe: de la laitue, des tomates,... (Photo David Boily, La Presse) - image 2.0

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La salade McKiernan Deluxe: de la laitue, des tomates, des concombres, des pois, des choux de Bruxelles blanchis, des graines de tournesol, des grelots, beaucoup, de l'aneth. Le tout ponctué par du quinoa croquant.

Photo David Boily, La Presse

Si Vin Papillon est la version épurée de Joe Beef, alors McKiernan - le vrai nom de Joe Beef, ce tavernier et héros montréalais, était Charles McKiernan - est la version encore plus simplifiée de Vin Papillon, avec une touche de Maison publique pour les grosses salades, par exemple, ou le poulet grillé tout simple.

On m'a reconnue, certes. Reste que j'étais à table avec d'autres fines bouches, et on a aimé tout ce qu'on a essayé.

La salade McKiernan Deluxe, qui réunissait toutes sortes de légumes du moment: de la laitue, des tomates encore impeccablement de saison, savoureuses, juste assez molles, des concombres, des pois, des graines de tournesol, quelques grelots, beaucoup, beaucoup d'aneth. Le tout ponctué de quinoa croquant.

Ensuite, le chou-fleur à la stracciatella? Mon plat préféré, je crois. On combine un classique du Vin Papillon, le chou-fleur rôti, avec beaucoup de chapelure croquante grillée, de l'oignon, du persil en quantité, et on dépose le tout sur des lambeaux de mozzarella fraîche... On est dans le crémeux, le doux, le charnu, le croquant, avec la souplesse comme tendance générale.

Aussi très haut dans la liste des délices, on retrouve le jambon blanc en tranches toutes minces, diaphanes, à peine souligné par un peu de roquette, servi à la manière du «vitello tonnato» piémontais, donc déposé sur une sauce au thon extrêmement fine, qui fait deviner le goût du poisson plus qu'elle ne l'impose.

Le poulet? On l'apporte rôti avec des pommes de terre, mais comme personne n'était fan du tubercule à table, on a demandé s'il n'y avait pas une autre option. La volaille est donc arrivée juteuse, sa peau craquante, accompagnée de tranches de pommes acidulées et de courges delicata grillées, celles dont les tranches ressemblent à des fleurs, bien sucrées, qui s'abandonnaient joyeusement sous la dent. Un plat à la fois spectaculaire dans sa présentation et parfaitement saisonnier.

Au dessert, on a goûté un peu à tout. Un gâteau aux carottes sous forme de muffin, enseveli sous un glaçage soyeux au fromage à la crème. J'en aurais pris deux tellement il était à la fois léger et parfaitement mis en valeur par une généreuse dose d'épices. Une tarte à la courge, épicée, comme on en sert à la Thanksgiving américaine - bien dense, pas mon dessert préféré -, un chausson aux pommes et au cheddar doux enrobé dans le sucre, riche, mais acidulé par le fruit... Bref, des classiques réconfortants d'automne impeccablement bien faits avec une note d'originalité. Tout à fait dans l'esprit de ce nouveau lieu à la nouvelle frontière ouest du cool montréalais.

Le chou-fleur à la stracciatella... (Photo David Boily, La Presse) - image 3.0

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Le chou-fleur à la stracciatella

Photo David Boily, La Presse

À noter: le restaurant est ouvert du lundi au vendredi, de 8 h à 15 h.

McKiernan. 5524, rue Saint-Patrick, suite 200, Montréal, 514 759-6677. http://mckiernanmtl.com/

Notre verdict

Prix: Plats à partager entre 10 $ et 22 $.

Carte des vins: La bouteille la plus chère est à 95 $. La moins chère, à 35 $. Quelques choix au verre. Carte courte, mais efficace avec des vins de petits producteurs travaillant de façon artisanale. Surtout des crus espagnols, dont quelques pet' nat', et une bouteille du québécois Domaine des Pervenches.

Espace: La salle, qui est à l'étage, est très grande, aérée, lumineuse; on est loin du côté très douillet de Joe Beef, Vin Papillon ou Maison publique. La déco évoque les cafétérias d'une autre époque, façon rustique hipster. Il y a une terrasse sur le toit.

Service: Sympathique et efficace. On peut aller directement au comptoir pour attraper des viennoiseries et du café au petit-déjeuner.

Plus: L'espace et la lumière, la qualité de la nourriture

Moins: Peu de transports en commun pour s'y rendre

On y retourne? Oui




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