Vous êtes un brin mégalo et cherchez un moyen particulièrement original de séduire une potentielle conquête, un client, des invités de marque? Dinner in the Sky, dont c'était la grande première québécoise mercredi, pourrait vous permettre d'arriver à vos fins. Avec un décor plus inspirant que le stationnement du Colossus de Laval et l'autoroute 15, puis quelques ajustements en cuisine, l'expérience serait totale.

Ève Dumas LA PRESSE

La première «envolée» québécoise de la plateforme Dinner in the Sky se faisait dans le cadre des Fêtes gourmandes de Laval. Propriété de l'agence événementielle - au nom prédestiné - Altitude Concepts, qui détient les droits de Dinner in the Sky pour tout le Canada, la table volante n'avait fait que deux sorties depuis 2008, au-dessus du centre-ville de Toronto et de la ville de Saskatoon. Dans les deux cas, il s'agissait d'événements corporatifs, payés respectivement par American Express et par les casinos de la Saskatchewan Indian Gaming Authority. Cette fois-ci, le public qui pouvait se le permettre avait l'occasion de s'offrir le luxe d'un repas entre ciel et terre, au coût de 265$ par personne. Neuf envolées par jour étaient prévues hier et vendredi.

C'est le Belge David Ghysels qui a eu l'idée complètement farfelue de Dinner in the Sky, en 2007, lorsque Pellegrino l'a mandaté pour créer un concept qui impressionnerait les 22 chefs les plus influents d'Europe, le temps d'un repas. La plateforme a été montée en Hollande dans un atelier qui fabrique des ailes d'avion, en suivant les plus hautes normes de sécurité. Les «repas dans le ciel» existent maintenant dans une quarantaine de pays.

Photo: David Boily, La Presse

«Ça fait 11 ans que j'organise des événements. En apprenant l'existence de Dinner in the Sky, j'ai été renversé, se rappelle Jean-François Grenier, président d'Altitude Concepts. Mon métier, c'est de donner du bonheur aux gens, et ça, c'est du pur bonheur.» Évidemment, ceux qui souffrent de vertige devraient peut-être passer leur tour.

Suspendue à une grue de 120 tonnes, la table qui pèse elle-même environ 7 tonnes peut accueillir 22 convives et 5 employés et monter jusqu'à 165 pieds. Mercredi, les vents ont limité l'ascension à 80 pieds, ce qui a fait l'affaire des moins aventureux.

Tous les sièges étaient occupés pour les deux montées médiatiques, à 12h30 et à 13h30. Au centre, les employés de Primavera Traiteur (chef compris) et d'Altitude Concepts s'affairaient pour tenter de nous offrir une expérience inoubliable, malgré le vent qui faisait sérieusement tanguer la plateforme et s'envoler les micro-pousses décorant l'entrée de pétoncles.

Photo: David Boily, La Presse

En moins d'une heure, on nous a offert trois services (le quatrième, le dessert, se prend sur la terre ferme), accompagnés de champagne, de vin blanc et de vin rouge à volonté. Il ne fallait pas être surpris si, à l'atterrissage, c'était le plancher des vaches qui tanguait!

Amateurs de sensations fortes, peut-être trouverez-vous que vos 265$ sont bien investis, malgré la brièveté de la chose et le décor peu inspirant (le Vieux-Port n'aurait-il pas été un choix plus pittoresque?). Mais si c'est une expérience gastronomique que vous cherchez, vos 265$ seront mieux dépensés au Toqué!

Les Fêtes gourmandes internationales se poursuivent jusqu'à demain, au Centropolis de Laval, à l'angle de l'autoroute 15 et du boulevard Saint-Martin Est (1799, avenue Pierre-Péladeau), fetesgourmandesinternationales.com

Photo: David Boily, La Presse