Les consommateurs s'arrachent les cuisses confites de Canards du lac Brome. Tellement que l'entreprise du secteur Knowlton ne fournit pas à la demande.

Pascal Faucher LA VOIX DE L'EST

«On vend 100% de notre production et on ne peut pas en faire plus», indique le vice-président aux ventes et à la mise en marché, Bruno Giuliani. Canards du lac Brome élève chaque année deux millions de bêtes.

Le hic, c'est que les amateurs de canard n'en ont que pour leur produit vedette, les cuisses confites, dont les ventes doublent chaque année depuis son apparition en 2005. La cuisse crue est aussi très populaire dans les restaurants et les hôtels. Tout cela au détriment des autres morceaux de l'animal.

Conséquence: certains clients de Canards du lac Brome, comme Costco, doivent s'approvisionner en Europe pour garnir suffisamment leurs étagères. Les États-Unis fournissent aussi beaucoup moins de canards depuis le ralentissement économique.

L'entreprise de 185 employés pourrait produire plus de cuisses, mais elle ne pourrait écouler toutes les poitrines qui, malheureusement, viennent avec. «Ce ne serait pas rentable», dit M. Giuliani.

Car les poitrines sont moins populaires. «Pourtant, elles ne sont pas plus longues à cuire qu'un steak», assure le vice-président chez Canards du lac Brome. Mais les consommateurs les boudent, tout comme les restaurateurs qui n'en ont que pour les cuisses.

Opération marketing

Pour renverser la vapeur, Canards du lac Brome a lancé une opération marketing pour promouvoir la poitrine de canard. Elle fait plus de publicité auprès des distributeurs et du grand public et essaie de convaincre les restaurateurs d'en ajouter à leurs menus.

«Quand je pense qu'avant, on avait des cuisses de canard en surplus...», soupire M. Giuliani.

L'entreprise du chemin Centre, dont les ventes annuelles avoisinent les 25 millions de dollars, annoncera bientôt cinq nouveaux produits à venir cet automne. Elle écoule 88% de sa production au Canada et le reste aux États-Unis et en Asie.