Est-ce la mort annoncée des doubles cheeseburgers et autres poids lourds de l'alimentation rapide? L'expérience new-yorkaise montre que l'affichage de l'apport calorique dans les restaurants, désormais obligatoire aux Etats-Unis, pousse les clients à manger moins lourd, mais ne serait pas forcément le principal incitant pour les restaurants à proposer des menus plus légers.

Michael Hill ASSOCIATED PRESS

L'affichage obligatoire des calories, qui s'appliquera aux fast-foods, aux chaînes de restaurants possédant au moins vingt établissements et aux distributeurs automatiques, est prévu dans la réforme de santé adoptée en mars par le Congrès américain sous l'impulsion du président Barack Obama.La Food and Drug Administration (FDA), l'autorité sanitaire américaine, doit rédiger avant la fin de l'année les dispositions de cette nouvelle réglementation, qui prévaudra sur les mesures locales déjà en place à New York, Philadelphie et en Californie.

Les pourfendeurs de l'obésité espèrent que cette mesure incitera les quelque 200 000 restaurants concernés à proposer des repas plus sains à leurs clients.

Des études ont montré qu'à New York, ville pionnière où l'affichage des calories est obligatoire depuis 2008, les consommateurs ont légèrement modifié leur comportement alimentaire. Mais rien ne prouve que ce soit cette mesure qui ait directement poussé certains restaurants à proposer des menus plus sains.

De nombreuses chaînes invoquent d'autres raisons pour justifier l'introduction de repas plus légers sur leur carte ces dernières années, principalement la volonté de satisfaire des clients de plus en plus soucieux de leur santé.

«Nous espérions que l'affichage des calories pousseraient les chaînes de restaurants à repenser et modifier légèrement leur offre. Et c'est effectivement ce que nous constatons», se réjouit cependant Cathy Nonas, directrice des programmes d'activité physique et de nutrition au département de la santé de la ville de New York. Elle reconnaît toutefois ignorer s'il existe effectivement un lien direct de cause à effet entre la réglementation municipale et l'offre de menus plus sains.

Depuis 2007, le fast-food KFC a commencé à vendre du poulet grillé, les cafés Starbucks ont opté pour le lait écrémé dans leurs boissons à base de café et McDonald's a réduit le poids de ses paquets de frites.

La chaîne belge de boulangerie et de restauration «Le Pain Quotidien», qui possède une douzaine d'établissements à New York, affirme quant à elle avoir modifié sa carte sous l'effet de la réglementation sur les calories, en réduisant notamment la taille de certaines pâtisseries. Cette mesure «nous a forcés à innover car certaines de nos pâtisseries, très populaires avant, ne l'auraient plus été en raison de leur haute teneur en calories», explique un commercial, Olivier Arizzi.

Plusieurs études se sont attachées à mesurer les effets de l'affichage obligatoire des calories à New York sur le comportement des consommateurs. Des chercheurs de la Stanford Graduate School of Business en Californie a montré que la mesure avait induit dans les Starbucks new-yorkais une diminution de 6% du nombre de calories par transaction.

Le choix d'un New-yorkais sur quatre a été influencé par l'affichage des calories, selon une autre étude, menée par Brian Elbel, de l'école de médecine de l'Université de New York. Brian Elbel souligne toutefois que les restaurants modifiaient leurs cartes continuellement, sans qu'il soit possible d'identifier clairement les raisons de ces changements.