C'est au début des années 80 que l'endive rouge a fait sa timide entrée sur le marché, résultat de travaux d'hybridation entre l'endive ordinaire et le radicchio. S'il s'agit à première vue d'un mariage contre nature, il n'en est rien.

Pierre Gingras LA PRESSE

Les endives, les diverses formes de radicchio ou encore le pissenlit italien sont tous des variétés d'une seule et même plante originaire du bassin de la Méditerranée : la chicorée sauvage, Cichorium intybus de son nom scientifique. La chicorée vendue comme laitue ou cultivée à des fins de fabrication de succédané de café est d'une espèce différente.

Introduite en Nouvelle-France, vraisemblablement avec les fourrages, la chicorée sauvage est largement répandue à l'état naturel chez nous. Elle produit de jolies fleurs bleues.

Le développement de l'endive a surtout été réalisé en Belgique et il en existe aujourd'hui plus d'une centaine d'hybrides. En France, elle a connu un succès très rapide. Au cours de l'hiver 1885, on écoulait jusqu'à 1500 kg d'endives par jour aux Halles de Paris, en grande majorité importées de Belgique. L'endive est souvent appelée witloof en Europe, terme flamand signifiant « blanche feuille».

Pour sa part, le radicchio est le résultat de la sélection réalisée par les maraîchers italiens. La forme rouge et arrondie nous est la plus familière, mais on trouve aussi des variétés allongées dites «Treviso» rouges ou vertes, semblables à l'endive. Tous les radicchios conservent une amertume typique assez prononcée.

Quant au pissenlit italien, il s'agit d'une traduction du terme anglais Italian dandelion. Cette chicorée cultivée présente des feuilles semblables à celle de notre pissenlit, mais il n'y a aucun lien de parenté entre les deux espèces.

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